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Coup de foudre… dans le cerveau

Le coup de foudre ne serait pas ressenti par notre cœur, mais par notre cerveau ! Les zones cérébrales sollicitées par amour ont pu être identifiées par IRM fonctionnelle et les mécanismes ressemblent à ceux provoqués par la cocaïne.

Le coup de foudre est un processus décidé par le cerveau. © Capt Kodak, Flickr, CC by-nc 2.0 Le coup de foudre est un processus décidé par le cerveau. © Capt Kodak, Flickr, CC by-nc 2.0

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Symboliquement, l’amour est associé à notre cœur puisque notre pouls a tendance à s’accélérer en présence de notre bien-aimé(e). Mais cet organe n’est qu’un muscle, dont l’action est directement dépendante de notre régie principale : le cerveau. L’amour devient tout à coup moins romantique, mais c’est bel et bien notre cerveau qui « décide » (presque à notre place puisque c’est inconscient) sur qui nous « flashons ». Mais comment ce processus se met-il en place et quelles zones cérébrales sont-elles impliquées ?

Pour mener l’enquête, plusieurs équipes de recherche ont travaillé très sérieusement à l’aide d’une machine qui a révolutionné l’imagerie cérébrale : l’IRM fonctionnelle. Basée sur l’observation de l’hémoglobine, elle permet d’observer l’afflux de sang vers une zone du cerveau particulière, synonyme d’une activité accrue. Il est alors possible d’identifier par ce biais les zones du cerveau impliquées dans différents processus. Une étude récente a d’ailleurs indiqué avoir pu identifier la zone du cerveau dédiée au courage, alors pourquoi ne pas repérer la ou les zones liées à l’amour ?

Au cours de six études, la modification de l'activité cérébrale avait été mesurée au total sur 120 personnes à qui l'objet de leur amour avait été présenté. Ces travaux déjà publiés dans la littérature scientifique ont été regroupés au sein d’une méta-analyse par des chercheurs de l’université de Syracuse. En analysant de nouveau tous ces documents, ils ont pu montrer que le coup de foudre est un processus très court puisqu’il se déroule en seulement un cinquième de seconde !

L'analyse combinée de l'étude de l'amour par IRM fonctionnelle sur 120 personnes montre 12 zones cérébrales préférentiellement activées. © Ortigue, The journal of sexual medicine
L'analyse combinée de l'étude de l'amour par IRM fonctionnelle sur 120 personnes montre 12 zones cérébrales préférentiellement activées. © Ortigue, The journal of sexual medicine

L'amour démystifié ...

Lorsqu’une personne tombe amoureuse, pas moins de 12 régions du cerveau s'activent (impliquées dans l'émotion, la motivation, la récompense, la cognition sociale...) pour libérer des molécules chimiques euphorisantes comme la dopamine, l’ocytocine, l’adrénaline et la vasopressine. Tomber amoureux peut donc engendrer les mêmes effets que ceux produits par la cocaïne. On comprend alors mieux pourquoi une certaine dépendance peut s’établir entre les deux individus d’un couple amoureux.

Les couples qui viennent de tomber amoureux se caractérisent également par des taux sanguins de NGF (nerve growth factor) plus élevés que la moyenne d’après une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Pavie. Cette protéine produite par de nombreux types cellulaires, dont les cellules nerveuses, est impliquée dans des processus inflammatoires et allergiques mais serait donc aussi liée à l'amour.

Toutefois, les différents types d’amours ne sollicitent pas les mêmes zones du cerveau. Ainsi, dans le cas d’amour inconditionnel comme celui d’une mère pour son enfant, la perception de l'être aimé n’active pas les mêmes zones (substance grise périaqueducale, régions corticales impliquées dans la cognition ou l’émotion de haut niveau) que lors d'un amour passionnel.

Les applications de cette étude sont très sérieuses selon Stephanie Ortigue, l’auteur principal de l’article paru dans la revue The Journal of Sexual Medicine. « En comprenant pourquoi les gens tombent amoureux et pourquoi ils ont à ce point le cœur brisé, ils peuvent utiliser de nouvelles thérapies » pour guérir les malades du cœur. Ainsi, de nouveaux traitements de la dépression pourraient être développés suite à ces découvertes.


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