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Cancer du sein : mieux connaître son ennemi pour mieux le combattre

Identifier le génome des métastases lors d’un cancer du sein permet de mettre en place une thérapie plus ciblée et plus efficace. La méthode a été appliquée avec succès par des chercheurs français puisque certaines de leurs patientes ont vu leur tumeur régresser. Une voie à poursuivre et améliorer encore.

Le cancer du sein est le plus fréquent et le plus mortel chez la femme. Il a touché 53.000 femmes en 2011 et en a tué 11.500. La médecine personnalisée, à travers l'identification du génome des métastases, constitue une piste supplémentaire pour abaisser encore la mortalité. © sagabardon, Flickr, cc by nc 2.0 Le cancer du sein est le plus fréquent et le plus mortel chez la femme. Il a touché 53.000 femmes en 2011 et en a tué 11.500. La médecine personnalisée, à travers l'identification du génome des métastases, constitue une piste supplémentaire pour abaisser encore la mortalité. © sagabardon, Flickr, cc by nc 2.0

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Une étude menée en France sur des femmes souffrant de cancers au stade de métastases a montré « l'intérêt » d'analyser le génome des tissus métastatiques pour parvenir à des traitements plus personnalisés, a annoncé lundi Unicancer.

L'objectif de cette « étude prospective de médecine personnalisée » est d'identifier une anomalie du génome de la métastase, pour laquelle il existe un médicament ciblé disponible ou en développement.

L'essai a montré « que les profils génomiques peuvent être réalisés dans la pratique clinique quotidienne à large échelle et qu'il est pertinent de les réaliser sur le génome tumoral entier », a expliqué Fabrice André, de l'Institut Gustave Roussy (IGR), qui a coordonné le projet.

Des médicaments efficaces contre certaines métastases

Baptisée Safir 01, l'étude, conduite dans les 18 centres privés de lutte contre le cancer du groupement hospitalier Unicancer, a porté sur un total de 423 patientes atteintes de cancer du sein métastatique, entre mai 2011 et août 2012. Des biopsies des métastases ont pu être réalisées dans 393 cas et un « profil génomique exploitable » a pu être tiré de ces biopsies pour 251 patientes. Dans ce dernier groupe, « une anomalie génomique d'intérêt, pour laquelle il existe un médicament ciblé », a été détectée dans 172 cas, soit 68,5 % des 251 patientes.

Les cellules cancéreuses du sein (à l'image) vont parfois coloniser d'autres organes, dont les poumons, et former des métastases. Une nouvelle tumeur naît et se développe, aggravant la maladie. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
Les cellules cancéreuses du sein (à l'image) vont parfois coloniser d'autres organes, dont les poumons, et former des métastases. Une nouvelle tumeur naît et se développe, aggravant la maladie. © Annie Cavanagh, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Sur ces 172 femmes qui sont aujourd'hui en cours de traitement par chimiothérapie ou hormonothérapie, 26 ont déjà pu profiter d'un « médicament ciblant spécifiquement l'anomalie trouvée ».

Les autres patientes « pourront bénéficier ultérieurement de thérapies ciblées ». Au total, « les auteurs espèrent pouvoir délivrer des médicaments ciblés pour 80 à 100 patientes », selon le communiqué diffusé par Unicancer.

Les thérapies ciblées, l’avenir du cancer du sein

Chez les 26 femmes traitées par thérapies ciblées, des résultats préliminaires montrent pour 8 d'entre elles « des signes d'efficacité avec soit une régression de la tumeur, soit une stabilisation d'au moins 4 mois ».

Cette étude, présentée lors du congrès européen sur le cancer Esmo (European Society for Medical Oncology, du 28 septembre au 2 octobre à Vienne), constitue « une étape importante dans la mise en œuvre de la médecine personnalisée », a commenté Fabrice André.

L'IGR avait présenté en juin le lancement pour 2013 d'un essai comparable, mais international (Winther), portant sur 200 patients atteints de différents types de cancers métastatiques.

Ce nouvel essai se propose de comparer « la survie sans progression de la maladie » avec les traitements personnalisés guidés par l'analyse génomique, à la survie avec des traitements standards.


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