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Bill Gates finance un futur contraceptif à télécommande

MicroChips, une start-up issue d’un projet de recherche du MIT, a mis au point un implant sous-cutané sans fil activable à distance pour délivrer des traitements médicaux. Avec une durée de vie de seize ans, il pourrait révolutionner les méthodes contraceptives. Ce projet bénéficie du soutien financier de la Fondation Bill & Melinda Gates.

L’implant sous-cutané développé par la société MicroChips incorpore des microréservoirs dans lesquels sont stockés l’hormone contraceptive, une batterie et un système de communication sans fil. Une télécommande libère ou maintient enfermée l'hormone. L’implant a une durée de vie de seize ans, plus du triple des implants actuels. © MicroChips L’implant sous-cutané développé par la société MicroChips incorpore des microréservoirs dans lesquels sont stockés l’hormone contraceptive, une batterie et un système de communication sans fil. Une télécommande libère ou maintient enfermée l'hormone. L’implant a une durée de vie de seize ans, plus du triple des implants actuels. © MicroChips

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En matière de contraception, l’implant sous-cutané représente la solution la plus pérenne et la moins contraignante pour les utilisatrices. Il faut néanmoins en passer par une petite intervention chirurgicale pour la pose et le retrait au bout de cinq ans maximum ou plus tôt si l’on souhaite pouvoir procréer à nouveau. Mais il y aura bientôt peut-être mieux, beaucoup mieux… Un implant qui peut être activé ou désactivé à distance avec une simple télécommande pour libérer une dose contraceptive quotidienne. Une fois implanté, il pourrait fonctionner pendant seize ans sans la moindre intervention. Une telle durée d’utilisation couvrirait presque la moitié de la période reproductive d’une femme.

Munie de la télécommande, une utilisatrice n’aura qu’à activer l’implant qui fonctionnera ensuite de manière autonome. Si elle souhaite interrompre sa contraception, elle appuiera simplement sur le bouton off... Cet implant révolutionnaire a été développé par MicroChips, une jeune pousse née d’un projet de recherche du Massachusetts Institute of Technology (MIT). L’entreprise bénéficie d’un financement de la Fondation Bill & Melinda Gates depuis 2012. L’implant a déjà été testé pour diffuser un traitement contre l'ostéoporose à des patientes. L’année prochaine, des essais cliniques seront menés aux États-Unis sur la version contraceptive et MicroChips espère commercialiser ce produit dès 2018.

Principe de l’implant contraceptif. La puce de 20 x 20 x 7 mm contient des microréservoirs emplis avec le produit actif, en l’occurrence du lévonorgestrel. Les ouvertures sont scellées par une membrane faite de titane et de platine qui réagit à une stimulation électrique pour libérer la substance selon le rythme préprogrammé. Le contrôle se fait par une liaison sans fil à l’aide d’une télécommande pour activer ou désactiver l’implant. © MicroChips
Principe de l’implant contraceptif. La puce de 20 x 20 x 7 mm contient des microréservoirs emplis avec le produit actif, en l’occurrence du lévonorgestrel. Les ouvertures sont scellées par une membrane faite de titane et de platine qui réagit à une stimulation électrique pour libérer la substance selon le rythme préprogrammé. Le contrôle se fait par une liaison sans fil à l’aide d’une télécommande pour activer ou désactiver l’implant. © MicroChips

Une membrane platine-titane stimulée électriquement

L'implant sous-cutané, de quelques centimètres, peut être inséré sous la peau des fesses, des bras ou de l'abdomen. Il diffuse une dose quotidienne de 30 microgrammes de lévonorgestrel, une hormone employée dans plusieurs contraceptifs existants. Des microréservoirs peuvent contenir des doses suffisantes pour les 16 ans de durée de vie de l’implant. MicroChips a mis au point un système de diffusion constitué d'une membrane faite d’un mélange de titane et de platine qui obstrue le réservoir. Lorsqu’un courant électrique est appliqué sur la membrane, elle devient temporairement poreuse pour laisser passer la substance.

MicroChips ne livre pas d’autres détails sur cette technologie qui fut mise au point au MIT dans les années 1990. Si la contraception est la première application envisagée, le procédé peut fonctionner avec d’autres traitements médicaux récurrents. Cette avancée est sans conteste un progrès important, mais elle soulève des questions de sécurité. Quid de la protection prévue pour empêcher que l’implant ne soit piraté ? Comment garantir le fonctionnement pendant seize ans sans retour d’expérience sur une durée aussi longue ? Les réponses à ces interrogations devront être trouvées rapidement avant 2018...


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