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Le palmier à huile, candidat au stockage du carbone

Les décomptes actuels de puits de carbone placent les forêts en tête de liste. Mais qu'en est-il des plantations non forestières ? Quel est leur impact dans le stockage du carbone ? Parmi celles-ci, les plantations de palmiers à huile, qui couvrent plus de douze millions d'hectares sur les continents africain, asiatique et américain pourraient être d'un intérêt certain.

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Parmi les dispositions proposées par le protocole de Kyoto, le mécanisme pour un développement propre (Mdp) prévoit la mise en place de puits de carbone, au travers de boisements ou de reboisements. La forêt tropicale couvre environ 12 % de la surface terrestre (1,75 milliards de km²). Elle stocke en moyenne 150 tonnes de carbone par hectare dans sa biomasse aérienne et entre 35 et 50 tonnes par hectare dans sa biomasse souterraine, soit un stockage global de 336 Gt C. C'est l'assimilation du CO2 par les feuilles, qui permet, par photosynthèse, l'élaboration de la matière végétale quand les conditions de rayonnement et les conditions hydriques sont favorables. Le processus permet donc de stocker ce gaz à effet de serre.

Avec plus de 12 millions d'hectares de plantations au total sur les trois continents, africain, asiatique et américain, le palmier à huile (Elaeis guineensis, Jacq.) apparaît comme un candidat au stockage du carbone dans les pays tropicaux concernés par cette culture pérenne. Il est en outre éligible par le Mdp. Sa productivité annuelle de biomasse atteint 50 tonnes de matière sèche par hectare et par an, ceci durant une bonne partie d'une rotation qui est d'environ 25 ans. En comparaison, le cocotier produit 28 tonnes de matière sèche par hectare et par an, soit environ la moitié du palmier à huile.

Ce potentiel présente cependant, à l'heure actuelle, des limites. Le palmier a souvent été installé sur des zones forestières, sur sols riches. Il est donc souvent perçu comme responsable de la déforestation en Asie du Sud-Est. Les huileries sont par ailleurs considérées comme très polluantes et très consommatrice d'eau. En outre, cet écosystème planté ne présente pas la même biodiversité que la forêt d'origine. Enfin l'application massive d'engrais, de pesticides et de fongicides, les pratiques de brûlis régulières - à l'origine de l'extension de fumées épaisses sur plusieurs pays - nécessitent un effort particulier de la gestion des plantations vers la durabilité de ce système. Ces différents problèmes écologiques liés à l'implantation et la gestion de cette culture ont été soulevés par des Ong comme le WWF et freinent ces nouvelles perspectives.

Actuellement la capacité de stockage annuel d'une plantation de palmier à l'âge adulte est très élevée : sans récolte des régimes, celui-ci est potentiellement de 1340 g C m-2 an-1 dans des conditions écologiques optimales. La récolte et l'exportation continuelle des régimes fait baisser ce niveau de stockage (250 g C m-2 an-1). Le stockage global du carbone par le palmier à huile peut donc être estimé à 74 Mt C an-1 pour 12 millions d'hectares.

Ce bilan est approximatif et mérite d'être validé par des études mettant en place des méthodologies appropriées dans différents sites et sur une gamme d'âges représentative de l'évolution « naturelle » d'une plantation. Des études comparatives de l'évolution du bilan de carbone d'un écosystème de plantation installé sur un site de déforestation récente ou ayant subi de nombreuses rotations de palmier à huile sont nécessaires. Elles permettront de quantifier l'évolution du stock du carbone du sol, qui est un des composants les plus importants dans le processus de stockage du carbone par un écosystème.


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