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L'ADN révèle le contenu des amphores grecques

Des fragments d’ADN retrouvés dans des amphores grecques âgées d’environ 2.400 ans confirmeraient que ces céramiques ne servaient pas qu’au transport du vin et des olives en Méditerranée. Elles pouvaient contenir aussi, par exemple, du gingembre et de la menthe.

Une amphore grecque montrant la déesse Athéna. © Ricardo André Frantz-wikipédia Une amphore grecque montrant la déesse Athéna. © Ricardo André Frantz-wikipédia

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Depuis plusieurs années, Brendan Foley, de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) s’est adjoint les services de la généticienne Maria Hansson de l’université de Lund (Suède) pour tenter de faire parler l’ADN pouvant être contenu dans des amphores grecques. Les méthodes d’amplifications des fragments d’ADN permettent aujourd’hui de rendre bavards aussi bien des os que des objets archéologiques. On en a vu un exemple récemment avec l’ADN de l’Homme de Néandertal

Avec des collègues, les deux chercheurs publient aujourd’hui un article portant sur l’analyse de fragments d’ADN retrouvés dans 9 amphores grecques découvertes sur les lieux de naufrages de bateaux en Méditerranée vers le Ve et le IIIe siècle.

Déjà en 2008, Theotokis Theodhoulou, Dimitris Kourkoumelis, Maria Hansson et Brendan Foley avaient entrepris de tenter de retrouver des brins d'ADN dans des amphores trouvées au fond de la mer pour tenter de préciser leurs contenus. © Woods Hole Oceanographic Institution
Déjà en 2008, Theotokis Theodhoulou, Dimitris Kourkoumelis, Maria Hansson et Brendan Foley avaient entrepris de tenter de retrouver des brins d'ADN dans des amphores trouvées au fond de la mer pour tenter de préciser leurs contenus. © Woods Hole Oceanographic Institution

L'ADN a parlé

On soupçonnait déjà depuis des années que les amphores ne servaient pas qu’au transport du vin et des olives sur les marchés du pourtour de la Méditerranée. Des textes laissaient clairement entendre qu’elles pouvaient contenir aussi du miel, des poissons, des fruits ou même de la résine.

Restait à en avoir la preuve…

Effectivement, de l’ADN de raisin a bel et bien été trouvé dans 5 des amphores examinées. Mieux, dans 6 d’entre elles, on a aussi trouvé des fragments d’ADN provenant de légumes, de thym, d’origan, de menthe, de gingembre et même de genévrier. Surtout, des traces de ces différents produits ont été retrouvées dans une même amphore. Il faut donc en conclure que les Grecs de l’époque n’hésitaient pas à réutiliser les amphores plusieurs fois. 

Les chercheurs vont continuer leur recherche afin d’avoir une image plus précise dans le temps et dans l’espace des échanges économiques au moyen des amphores grecques.


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