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Science décalée : le pessimisme, l'arme pour vivre plus longtemps

En contradiction avec les études précédentes, une recherche allemande révèle que les personnes âgées les plus pessimistes quant à leur avenir sont pourtant celles qui vivent le plus longtemps. Donc pour vivre vieux, vivons inquiet !

Chez les personnes âgées, l'optimisme serait dangereux alors que le pessimisme permettrait de vivre plus longtemps. Or, un autre aspect de l'étude montre que les personnes les plus riches et en bonne santé sont les plus pessimistes. Probablement parce qu'elles ont un faible potentiel d'amélioration. © Simonkr, StockFreeImages.com Chez les personnes âgées, l'optimisme serait dangereux alors que le pessimisme permettrait de vivre plus longtemps. Or, un autre aspect de l'étude montre que les personnes les plus riches et en bonne santé sont les plus pessimistes. Probablement parce qu'elles ont un faible potentiel d'amélioration. © Simonkr, StockFreeImages.com

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La science n’est jamais à une contradiction près. Jusque-là, les recherches qui s’attelaient à révéler en quoi notre comportement ou notre état d’esprit influence notre espérance de vie semblaient unanimes : l’optimisme, la joie de vivre, l’activité ou encore la colère participent à nous faire vivre plus vieux.

C’était avant que Frieder Lang et ses collègues de l’Institut allemand pour les recherches économiques ne publient leurs résultats dans la revue Psychology and Aging. Car s’ils ne remettent pas tout en cause, leur étude menée sur un échantillon d’environ 40.000 personnes sur une période de 10 ans montre que le pessimisme préserve. Les personnes âgées les plus inquiètes quant à leur avenir sont en fait celles qui vivent plus longtemps.

L’optimisme décroît avec l’âge

Les sujets de l’étude ont été recrutés entre 1993 et 2003 alors qu’ils ont accepté de faire partie du panel socio-économique allemand, ensemble de gens amenés à être régulièrement interrogés pour des études statistiques. Classés en trois groupes d’âge (18-39 ans, 40-64 ans et 65 ans et plus), les participants devaient estimer à quoi ressemblerait leur vie dans 5 ans avec une échelle de satisfaction allant de 0 à 10.

Les seniors les plus optimistes ont 9,5 % de risques en plus de connaître des problèmes de santé handicapants que les plus pessimistes. © Creativestock, StockFreeImages.com
Les seniors les plus optimistes ont 9,5 % de risques en plus de connaître des problèmes de santé handicapants que les plus pessimistes. © Creativestock, StockFreeImages.com

Plusieurs résultats sont à noter. D’abord, l’optimisme décroît avec le temps. Les plus jeunes se montrent plein d’espoir mais surestiment malheureusement la réalité. Au milieu de la vie, les prédictions sont les plus réalistes. En revanche, au-delà de 65 ans, on se montre un peu plus anxieux quant au futur.

Dans ce dernier lot, 43 % des sondés se sont montrés trop pessimistes quand, à l’inverse, 32 % se sont vus plus beaux qu’ils ne l’étaient. Le quart restant avait su prévoir leur avenir avec justesse.

Le pessimisme, arme antivieillissement ?

De façon surprenante, le suivi entre 1999 et 2010 met en évidence que les personnes âgées les moins optimistes vivaient plus longtemps et surtout, en meilleure santé. Selon les statistiques, le groupe le plus confiant a 10 % de risques de décès en plus et 9,5 % de probabilité supplémentaire de voir son état physique se dégrader.

Pas vraiment spécialisés dans la question, les auteurs émettent l’hypothèse que le manque de sérénité pousse les seniors anxieux à consulter plus facilement pour des problèmes de santé et qu’une meilleure prise en charge leur assure une vie plus longue.

Des résultats intrigants, y compris pour les chercheurs allemands qui ont avoué ne pas s’attendre à trouver cela. Mais les chiffres sont les chiffres. Au vu des dernières études qui aboutissaient à des résultats contradictoires, la seule chose que l’on semble pouvoir affirmer est que les perspectives d’avenir ont un effet sur l’espérance de vie. Mais dans quel sens ? L’enquête est relancée…

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Pourquoi une rubrique Science décalée ? Cette chronique hebdomadaire a pour ambition de montrer que la science peut aussi être drôle et inattendue, et surtout qu’elle brasse vraiment tous les domaines possibles et imaginables. Ainsi, on peut faire du sérieux avec du farfelu, et de l’humour avec des sujets à priori peu risibles. Chaque semaine donc, nous sélectionnons l’info la plus étrange ou surprenante pour vous la faire partager le dimanche, entre le fromage et le dessert.


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