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En bref : jouer du jazz influence le cerveau

Quelles zones du cerveau travaillent-elles chez les jazzmans ? En analysant l’activité cérébrale de pianistes joueurs de jazz, des chercheurs états-uniens ont mis le doigt sur un circuit cérébral commun à la musique et au langage.

Lorsqu’ils improvisent, les musiciens de jazz voient s’activer certaines régions cérébrales impliquées dans le langage. © pavelsimana, Flickr, cc by nc 2.0 Lorsqu’ils improvisent, les musiciens de jazz voient s’activer certaines régions cérébrales impliquées dans le langage. © pavelsimana, Flickr, cc by nc 2.0

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Le jazz est une musique à part. Beaucoup le comparent à une conversation dans laquelle les musiciens se retrouvent et improvisent chacun à leur tour sur un standard. C’est une sorte de langage subtil où les instruments apportent l’un après l’autre leur note personnelle. Que se passe-t-il dans la tête des trompettistes, pianistes et autres guitaristes qui travaillent avec ardeur pour répondre aux mélodies de la plus belle des manières ? C’est à cette question insolite qu’a voulu répondre une équipe de l’université John Hopkins à Baltimore (États-Unis). Ses résultats, publiés dans la revue Plos One, lèvent le voile sur la structure tout à fait originale du cerveau des jazzmans.

Pour cette étude, les chercheurs ont recruté onze joueurs de piano jazz âgés de 25 à 56 ans. Au cours d’une session musicale, ils ont mesuré l’activité cérébrale de chacun des musiciens à l’aide d’un instrument particulier permettant de réaliser des images par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pendant leurs improvisations. Les résultats montrent que certaines régions du cerveau impliquées dans le langage, le gyrus frontal inférieur ainsi que les gyrus temporaux inférieurs et supérieurs, sont extrêmement actives chez les musiciens. Ces zones cérébrales ne seraient donc pas limitées au langage mais participeraient à la communication en général, que ce soit par la parole ou par la musique. « Jusqu’ici les chercheurs s’étaient focalisés sur la communication orale, explique Charles Limb, le principal auteur de l’étude, et également joueur de jazz. En étudiant le jazz, nous avons pu observer un lien fort dans le cerveau entre le langage et la musique. »

Les scientifiques ont cependant noté des différences importantes dans la façon dont le cerveau traite la musique et les mots. En particulier, ils ont montré que la musique activait les zones de la syntaxe et non de la sémantique. En d’autres termes, le jazz touche à l’ordre des mots plutôt qu’à leur sens. En effet, les régions impliquées dans la sémantique, les gyrus angulaire et supramarginal, sont moins actives chez les musiciens. « Quand deux jazzmans semblent perdus dans leurs pensées, ils n’attendent pas uniquement que ce soit leur tour de jouer, conclut le chercheur. Ils utilisent les aires de la syntaxe pour analyser ce qu’ils sont en train d’écouter et fabriquer une nouvelle phrase musicale mélodieuse. »


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