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Les bébés n'apprécient pas les menteurs !

Les nourrissons n’aiment pas qu’on les mène en bateau. Une étude canadienne révèle que les bébés, pourtant bien enclins à mimer les gestes de leurs interlocuteurs, sont beaucoup plus hésitants à imiter celui qui vient de leur mentir. 

« On m'aurait menti ? » Les bébés ne font pas confiance à ceux qui les induisent en erreur. © _FuRFuR_, Flickr, cc by-nc-nd 2.0 « On m'aurait menti ? » Les bébés ne font pas confiance à ceux qui les induisent en erreur. © _FuRFuR_, Flickr, cc by-nc-nd 2.0

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  • Idées reçues et vérités sur les bébés, dans notre dossier  

Chez l’Homme comme chez d’autres espèces animales, l’apprentissage lors de la petite enfance passe beaucoup par l’imitation et la reproduction des gestes observés chez les congénères. C'est ainsi que les bébés acquièrent petit à petit la dextérité pour se les approprier. La parole en est une parfaite illustration, du babillage jusqu’à l’acquisition complète du langage.

Pourtant, il ne faudrait pas réduire cette manie à une imitation systématique de tous les comportements observés. Les bébés savent faire le tri entre les personnes fiables qu’il est possible d’imiter et les menteurs en qui on ne peut avoir confiance. C’est du moins ce que montrent les travaux effectués par Diane Poulin-Dubois et ses consœurs de l’université Concordia à Montréal (Canada) dans un article publié dans Infant Behaviour and Development.

Deux bébés sur trois n’imitent pas celui qui leur a menti

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont séparé en deux groupes 60 nourrissons âgés entre 13 et 16 mois. L’expérience se déroulait en deux étapes. Dans la première partie, le bébé se retrouvait en face d’un partenaire adulte qui regardait alors dans une boîte et s’émerveillait en découvrant le contenu. Cela peut paraître évident mais il semble bon de rappeler que les enfants savent très vite interpréter les expressions faciales et le langage du corps et ainsi comprendre les émotions de leur interlocuteur.

Ils s'attendaient donc tous à trouver une belle surprise. Pour l’un des groupes de nourrissons, la boîte en question ne contenait rien, tandis que dans l’autre un jouet avait été déposé. Le bébé découvrait à son tour ce qu’il y avait de caché et comprenait tout de suite si son partenaire lui avait menti ou révélé l’existence d’un vrai trésor.

Lors de l'expérience, si les nourrissons ne trouvaient pas un jouet caché sous la boîte, ils devenaient méfiants vis-à-vis de l'expérimentateur qui semblait leur promettre une belle découverte. © RobertFrancis, Flickr, cc by-nc-sa 2.0
Lors de l'expérience, si les nourrissons ne trouvaient pas un jouet caché sous la boîte, ils devenaient méfiants vis-à-vis de l'expérimentateur qui semblait leur promettre une belle découverte. © RobertFrancis, Flickr, cc by-nc-sa 2.0

Juste après cette expérience, le même adulte devait allumer un interrupteur à l’aide de son front. La possibilité était ensuite donnée à l’enfant d’essayer d’en faire autant. Comme les scientifiques s’y attendaient, les bébés dupés lors de la première phase se sont montrés beaucoup plus dubitatifs et ont souvent préféré utiliser leurs mains plutôt que leur tête. Seuls 34 % ont tenté de reproduire le geste qu’ils venaient d’observer. Pour les autres, qui avaient eu affaire à un adulte honnête lors de la première phase, l’imitation de ce comportement farfelu a été notée chez 61 % des nourrissons.

« Comme les enfants, les bébés enregistrent ce qu’on leur montre et font la différence entre le vrai et le faux, précise Diane Poulin-Dubois, première auteure de l’étude. Ils utilisent ensuite ces informations pour orienter leur apprentissage. » En ayant la capacité de discriminer l’interlocuteur fiable de celui qui ne l’est pas, les tout petits se préservent du risque d’imiter un comportement irrationnel et donc potentiellement dangereux. 


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