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Les éponges carnivores

On connaissait déjà les éponges, étonnants animaux aquatiques, mais les meilleurs zoologistes ont été surpris par la découverte d'éponges carnivores !

Page 3 / 9 - Éponges : classification, anatomie et fonctionnement Sommaire
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Il nous faut d’abord examiner comment fonctionnent les éponges « normales », non carnivores. Avec environ 7.000 espèces décrites, les éponges constituent un phylum important du règne animal. Ces animaux aquatiques, principalement marins, ont un plan d’organisation simple, mais très original.

L'éponge, cet animal mystérieux... © plongeur.com
L'éponge, cet animal mystérieux... © plongeur.com

Anatomie de l'éponge

L’ensemble du corps est organisé pour la filtration de l’eau, sans qu’il y ait d’organes ni même de tissus bien définis. L'eau pénètre dans le corps par une multitude de petits orifices inhalants (les « pores »), puis circule dans un réseau de canaux de plus en plus fins, jusqu’à des micropompes assurant à la fois la mise en mouvement de l’eau et sa filtration, les « chambres choanocytaires ».

Ces sphères creuses, généralement de 30 à 50 µm de diamètre, sont tapissées de cellules particulières, les « choanocytes », qui ressemblent beaucoup à des organismes unicellulaires, les Choanoflagellés. Elles ont une collerette, formée de microvillosités entourant un flagelle. L’eau mise en mouvement par le flagelle est filtrée par la collerette, qui retient les particules en suspension. L’eau est ensuite rejetée par un réseau exhalant aboutissant à une grande ouverture, l’oscule. Ces deux réseaux de canaux, l’un distributeur et l’autre collecteur, forment le « système aquifère ». L’éponge se nourrit des minuscules particules retenues par le système de filtration, surtout des bactéries, qui sont phagocytées par les cellules.

L'organisation des éponges. © D’après Manuel et al., Pour la Science, 2003
L'organisation des éponges. © D’après Manuel et al., Pour la Science, 2003

L’ensemble des tissus vivants et du système aquifère est soutenu par un squelette, comprenant des éléments de deux types, des corpuscules de silice ou de calcaire, les « spicules », et des fibres d’un collagène (spongine). Parfois, chez les éponges commerciales, le squelette est constitué uniquement d’un réseau dense de fibres de spongine, que l’Homme utilise pour des usages domestiques.

Ircinia Fluo Bahamas - Une éponge « normale », filtrant de grandes quantités d’eau. L’activité de filtration est matérialisée par un colorant, la fluorescéine. © Jean Vacelet - Tous droits réservés
Ircinia Fluo Bahamas - Une éponge « normale », filtrant de grandes quantités d’eau. L’activité de filtration est matérialisée par un colorant, la fluorescéine. © Jean Vacelet - Tous droits réservés

Classification de l'éponge

La classification des éponges se fonde principalement sur la nature du squelette. Chez les démosponges, grand groupe auquel appartiennent les éponges carnivores, le squelette est formé de spicules siliceux à un ou quatre axes. Les spicules plus grands (plus de 100 µm), les mégasclères, constituent la charpente de maintien des tissus, tandis que des plus petits, les microsclères, sont apparemment dépourvus de fonction – sauf chez les carnivores, comme nous allons voir.

Les éponges sont passionnantes dans l’évolution animale, car ce sont apparemment les plus simples des animaux pluricellulaires. Des naturalistes de la fin du XIXe siècle les ont considérées comme des colonies de « protozoaires » (animaux unicellulaires), plus précisément des Choanoflagellés qui ressemblent tellement aux choanocytes des éponges, juste au début de la spécialisation des éléments de la colonie. Ces vues étaient un peu simplistes, mais on admet toujours que les éponges représentent un point clé de l’évolution de la vie animale, le passage de l’état unicellulaire à l’état pluricellulaire, avec des cellules encore peu spécialisées et relativement autonomes.

Les éponges carnivores - 3 Photos

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