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Macaque japonais

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Macaque japonais (Blyth 1875) - Macaca fuscata

  • Ordre : Primates
  • Famille : Cercopithecidae
  • Sous-famille : Cercopithecinae
  • Genre : Macaca
  • Taille : 0,80 à 0,95 m
  • Poids : 8 à 14 kg
  • Longévité : 20 ans

Statut de conservation UICN : LC Préoccupation mineure

Description du macaque japonais

Le macaque japonais a été appelé « singe des neiges ». C’est le plus robuste et le plus lourd des macaques. Il arbore un pelage dans les tons de brun et de gris sur la partie dorsale et la tête, et dans les teintes beige ou sable sur le ventre. La fourrure est épaisse et en hiver, sa densité augmente à mesure que les températures chutent. Les poils sont généralement plus longs sur les épaules, le dos et les bras, et moins fournis sur la poitrine et le ventre. La queue quasi inexistante est une adaptation physiologique au froid, pour éviter qu’elle ne gèle. La face est rosâtre ou rouge parfois chez les sujets plus âgés, ainsi que le fessier exempt de callosités, dont le cramoisi s’accentue chez la femelle, lors de la période de reproduction. Les yeux sont surmontés d’une arcade sourcilière proéminente particulièrement développée chez le mâle. Il possède une excellente vue en relief et est capable d’évaluer les distances. C’est un singe aux membres puissants, aussi agile au sol où il se déplace en position quadrupède, que dans les arbres. C’est également un excellent nageur.

Macaque japonais. © Ltshears, CC by-SA 3.0
Macaque japonais. © Ltshears, CC by-SA 3.0

Habitat du macaque japonais

Le macaque japonais est le singe le plus septentrional de la Planète. Il fréquente les forêts mixtes de feuillus et de conifères des montagnes du Japon à proximité des sources thermales indispensables à sa survie en hiver. On le trouve surtout sur les îles de Honshu, de Shikoku et Kyushu. Les populations les plus nordiques de la sous-espèce Macaca fuscata fuscata se sont installées sur la péninsule de Shimokita. D’autres vivent sur quelques autres petites îles, et la population du sud de l’île de Yakushima, Macaca fuscata yakuy, est une sous-espèce.

Macaques japonais au bain. © Yosemite, GNU FDL Version 1.2
Macaques japonais au bain. © Yosemite, GNU FDL Version 1.2

Comportement du macaque japonais

Le macaque japonais est un singe grégaire et social qui vit en bandes de plusieurs dizaines d’individus selon un régime matrilinéaire. Grâce à une adaptation spécifique unique dans le monde animal, il est capable de supporter des températures pouvant descendre jusqu’à -20° centigrades. Mais pour lutter encore plus efficacement contre le froid, il a choisi de vivre à proximité des sources thermales d’eau chaude dont la température est de 40 à 60°, dans lesquelles il se plonge avec délectation dès que la température extérieure chute en-dessous des 5°. Il peut passer en quelques secondes de l’eau brûlante à l’air glacial sans s’en ressentir. Il doit cette prouesse à son poil épais qui n’est humide qu’en surface et qui sèche très rapidement, ce qui permet au singe de ne pas perdre sa chaleur corporelle interne.

Toilettage de groupe. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2
Toilettage de groupe. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2

C’est un singe diurne qui passe le plus clair de son temps à chercher de la nourriture. La nuit, pour se réchauffer, il se regroupe avec quelques congénères dans un arbre ou derrière une souche, sous un creux de rocher et ils se serrent les uns contre les autres. Lorsqu’il est en mouvement ou lorsqu’il s’alimente, le primate émet des sortes de roucoulements qui sont destinés à maintenir la cohésion du groupe et à renforcer les liens sociaux de la même façon que le toilettage. La gamme de vocalisations est très étendue et leur sonorité varie selon le milieu dans lequel vit le singe, et selon le groupe auquel il appartient. Le macaque japonais règle les conflits mineurs par des cris et des mimiques. Ces comportements sont différents selon l’âge de l’animal, son sexe et sa position dans le groupe.

Accouplement de macaques japonais. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2
Accouplement de macaques japonais. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2

Reproduction du macaque japonais

La femelle du macaque japonais marque ses préférences, et ne se dirige pas toujours vers le mâle dominant pour s’accoupler. La période de reproduction a lieu en automne et les naissances s’étalent d’avril à juillet avec une pointe en mai, après une gestation de cinq à six mois. La femelle donne naissance à un jeune unique qui pèse moins de 500 grammes. Les premiers temps, le bébé reste collé à sa mère et tête presque en permanence. Sa mère le serre contre elle et l’emmène dans tous ses déplacements. Lorsqu’il grandit, il s’assied à califourchon sur son dos en s’agrippant à ses poils. En avançant en âge il s’enhardi et commence à s’éloigner progressivement de sa mère. Il n’est totalement sevré qu’au bout de deux ans, et reste dépendant de sa mère pendant encore quelques mois. Le père participe à l’éducation du petit, qui atteint sa maturité sexuelle au bout de trois ans et demi.  

Femelle macaque et son petit. © Tony Hisgett, CC by 2.0
Femelle macaque et son petit. © Tony Hisgett, CC by 2.0

Régime alimentaire du macaque japonais

Le macaque japonais est omnivore, et même s’il mange également des insectes, des œufs et des champignons, il se nourrit surtout de fruits, de feuilles, de bourgeons, de graines, de fleurs, d’écorce et de racines. Mais de plus en plus, son habitat étant grignoté par les activités humaines, il se risque dans les champs ou les jardins des particuliers.

Macaques se nourrissant. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2
Macaques se nourrissant. © Noneotuho, GNU FDL Version 1.2

Menaces sur le macaque japonais

Bien que nourries par les gardes des parcs nationaux en hiver, les diverses populations de macaques japonais sont menacées principalement par la perte de leur habitat et la famine. L’abattage des arbres leur procurant la nourriture et leur remplacement par des essences destinées au bois d’œuvre, ne leur permet plus de trouver leur subsistance en suffisance dans leur milieu naturel. De même que les ours, ils commencent à investir les campagnes et les villes pour trouver de quoi survivre. Certains ont même été retrouvés en train de se réchauffer dans des spas… Les efforts de maintien des primates dans leur environnement à proximité des sources chaudes, par le nourrissage, ont provoqué une augmentation artificielle des populations dans ces secteurs, qui commence à poser problème. La sous-espèce de l’île de Yakushima est considérée comme étant en danger.

Un peu d’éthologie

Des chercheurs japonais viennent de mettre en évidence que les singes possèdent des registres de cris différents selon l’endroit où ils vivent. Les différences de vocalisations seraient comparables à celles des dialectes des êtres humains. L’équipe de scientifiques a analysé les timbres de deux groupes de primates appartenant à la même sous-espèce ; le macaque de Yakushima (Macaca fuscata yakui). Le premier groupe était originaire de l’île de Yakushima dans le sud du Japon, tandis que le second avait migré sur le mont Ohira dans le centre du pays. Les résultats de l’étude mettent en évidence que les macaques de l’île de Yakushima ont un niveau de fréquence de cris supérieur de 110 hertz à celui de l’autre groupe. Selon les éthologues, cette différence s’expliquerait par le fait que les grands arbres qui croissent sur l’île atténueraient les sons, obligeant les singes à hausser le ton. Les primates du mont Ohira vivent dans une zone où les arbres sont plus petits, et n’auraient pas le même effort vocal à fournir. Il résulte de cette observation qui a duré une dizaine d’années (1990 – 2000), que les groupes adoptent des tonalités de cris différentes en fonction de l’environnement.

Un peu de douceur... © Fg2, domaine public
Un peu de douceur... © Fg2, domaine public

Bien qu’appartenant à la même espèce, chaque groupe acquiert sa propre culture au gré des découvertes qui sont enseignées par apprentissage, et en fonction de l’environnement dans lequel les troupes évoluent. Un singe de l’île de Koshima a appris à laver les patates douces dont les scientifiques le nourrissaient, pour les débarrasser du sable qui les souillait, et a transmis son invention à ses congénères (observation effectué par le biologiste Masao Kawai en 1953).

Le saviez-vous ?

Le singe tient une place importante dans la mythologie japonaise et est souvent mis en scène dans des représentations théâtrales et dans certaines célébrations, dont la fête religieuse O-Bon (festival bouddhiste japonais honorant les esprits des ancêtres) ou les masques tengu (dieux mineurs du folklore japonais) dont l’un représente la face rouge du macaque, jouent un rôle essentiel. Les Fils du Soleil levant qui vénèrent leur symbole, le nomment « nihon saru », ce qui signifie tout simplement « singe japonais ». 

Le macaque japonais a été choisi pour représenter les singes de la sagesse. Ces derniers sont un symbole représenté par trois primates, dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains : le premier se couvre les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles. À eux trois ils forment une maxime picturale : « Ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal ». À celui qui suit cette maxime il n’arrivera que du bien. Ces trois macaques sont nommés Mizaru (l’aveugle), Iwazaru (le muet) et Kikazaru (le sourd). L’une des plus anciennes représentations connues de ces trois singes, se trouve au Nikko Tosho Gu, l’un des temples de Nikko, qui est devenu l’un des principaux parcs nationaux du Japon. 

Les trois singes de Tosho-gu Shrine au sanctuaire de Nikko. © MichaelMaggs, CC by-SA 2.5
Les trois singes de Tosho-gu Shrine au sanctuaire de Nikko. © MichaelMaggs, CC by-SA 2.5

Ci-dessous, quelques parcs nationaux ou réserves où l’on peut observer des macaques japonais.

  • Parc national de Nikko (Honshu)
  • Site de Shirakami-Sanchi (Honshu) 
  • Parc de Jigokudani (Honshu)
  • Parc (quasi) national de Shimokita Hanto (Honshu)
  • Parc national de Kirishima-Yaku (île de Yakushima – Kyushu)
  • Parc national d’Unzen-Amakusa (Kyushu)

Photo d'un macaque japonais. © Fg2, domaine public Photo d'un macaque japonais. © Fg2, domaine public

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