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Gorille

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Gorille (I. Geoffroy Saint Hilaire 1852 pour le genre) - Gorilla 

  • Ordre : Primates
  • Sous-ordre : Haplorrhini
  • Infraordre : Simiiformes
  • Superfamille : Hominoidae
  • Sous-famille : Homininae
  • Tribu : Gorillini
  • Genre : Gorilla
  • Taille : 1,70 m en moyenne (l’envergure des bras peut atteindre 2,75 m) 
  • Poids : 90 à 150 kg pour les femelles et jusqu’à 270 kg pour les mâles
  • Longévité : 25 à 30 ans en milieu naturel (jusqu’à 50 ans en captivité)

Le genre est réparti en deux espèces.

  • Le gorille de l’Ouest africain (Savage 1847), Gorilla gorilla, dont le statut de conservation UICN est CR (En danger critique d’extinction). Il comporte deux sous-espèces
    • gorille des plaines de l’ouest (Savage 1847) Gorilla gorilla gorilla ;
    • gorille de la rivière Cross (Matschie 1904) Gorilla gorilla diehli.
  • Le gorille de l’Est africain (Matschie 1903) Gorilla beringei, dont le statut de conservation UICN est EN (En danger). Il comporte deux sous-espèces :
    • gorille des montagnes (Matschie 1914) Gorilla beringei beringei ;
    • gorille des plaines de l’est (Matschie 1914) Gorilla beringei graueri.

Description du gorille

Le gorille est le plus grand et le plus lourd des primates anthropoïdes. Le pelage est brun foncé ou noir selon le sexe, l’âge et la distribution géographique. En vieillissant, certains mâles adultes présentent des poils gris argentés sur la partie dorsale, ce qui leur vaut le surnom de « dos argentés ». La poitrine est sombre et glabre. Le large crâne du mâle arbore une crête sagittale qui lui confère l’aspect d’un cimier. C'est à cette crête occipitale que sont fixés les muscles des mâchoires, elles-mêmes équipées de canines impressionnantes. Les narines sont larges et épatées, alors que les oreilles sont petites au contraire de celles du chimpanzé. Le gorille a le front bas et les arcades sourcilières saillantes. La poitrine est large et le cou court et musclé. Le tronc massif et trapu est prolongé de deux paires de membres à la longueur dissemblable. Les pattes postérieures permettant le déplacement, sont puissantes et paraissent courtes car elles sont fléchies en permanence, tandis que les pattes antérieures, ou bras, qui assurent la préhension, également musclés, sont plus longs.

Ils peuvent atteindre plus de 2 mètres d’envergure. Lorsqu’il se déplace, le gorille adopte une posture semi dressée en prenant appui sur le dos de ses mains. La démarche du gorille peut être quadrupède ou bipède. Les gros orteils et les pouces sont opposables aux autres doigts. Le primate est dépourvu de queue. 

Gorille des plaines de l'Ouest. © Ltshears, CC by-SA 3.0
Gorille des plaines de l'Ouest. © Ltshears, CC by-SA 3.0

Habitat du gorille

On trouve le gorille dans les forêts tropicales et subtropicales de l’Afrique de l’Ouest et centrale. Il vit à des altitudes différentes selon l’espèce, depuis les marécages et les jungles denses de plaines, aux forêts pluvieuses et brumeuses de montagne, jusqu’à 4.300 mètres d’altitude. Le gorille de plaine de l’ouest évolue en Angola, au Cameroun, en République démocratique du Congo, au Gabon et en Guinée équatoriale. Le gorille de la rivière Cross s’observe à la frontière du Nigéria et du Cameroun. Le gorille des montagnes et le gorille des plaines de l’est qui est une sous-espèce de la précédente, vit en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda dans la région des grands lacs africains.

Gorilles des montagnes dans leur habitat. © TKnoxB, CC by 2.0
Gorilles des montagnes dans leur habitat. © TKnoxB, CC by 2.0

Comportement du gorille

Le gorille est un animal impressionnant, mais sociable et pacifique. C’est un nomade qui se déplace en permanence à la recherche de nourriture. Il parcourt ainsi journellement, une distance de 500 à 2.000 mètres. Chaque soir il confectionne un nid sommaire dans les branches basses d’un arbre ou au sol, qui ne sert qu’une seule fois. Massif et lourd, il ne grimpe aux arbres que pour dormir ou se mettre à l’abri d’un danger éventuel. Il passe la majorité de son temps au sol. C’est un animal qui vit en groupes familiaux variant de cinq à vingt individus, à la tête desquels l’on trouve généralement un mâle âgé dont le dos est grisé. Le gorille n’aime pas l’eau au point qu’il fera un détour pour éviter de franchir un cours d’eau même peu profond, et ne boit jamais. Il trouve ce qu’il lui faut en élément liquide dans les plantes qu’il absorbe. Il fréquente les salines où il lui arrive de croiser les éléphants de forêt (Loxodonta cyclotis).

Gorille « dos argenté » et une femelle. © Mantis 21, CC0 1.0 PDD
Gorille « dos argenté » et une femelle. © Mantis 21, CC0 1.0 PDD

Les groupes peuvent parfois se croiser sur les mêmes zones de nourrissage, mais ces rencontres ne dégénèrent pas car les familles conservent leurs distances les unes par rapport aux autres. Le gorille maîtrise toute une série de vocalisations telles que cris, éructations ou grognements, ainsi que des mimiques qu’il utilise pour communiquer avec les siens ou pour intimider un rival. Le martèlement de la poitrine ne servirait pas à impressionner un ennemi, mais à signaler sa position ou comme rituel de bienvenue. Le singe adopte parfois des postures d’intimidation et mène des charges factices, destinées à « bluffer » l’adversaire. Les véritables attaques ne sont généralement pas mortelles. Elles se concluent par une morsure au bras ou à la jambe.   

Jeune gorille des plaines de l'Est. © Justin Norton, CC by 2.0
Jeune gorille des plaines de l'Est. © Justin Norton, CC by 2.0

Reproduction du gorille

Le gorille vit en harem généralement constitué d’un mâle dominant, de plusieurs femelles et de leurs petits qui peuvent avoir 3 ans ou plus. Seul le patriarche a le droit de se reproduire, mais il est tellement indolent, que la femelle est contrainte de l’aguicher en cherchant son regard et en effectuant des moues spécifiques avec sa bouche. Cette dernière est sexuellement mature entre 10 et 12 ans, tandis que le mâle l’est entre 11 et 13 ans. La période de gestation s’étend sur huit mois et demi, au terme de laquelle la mère donne naissance à un bébé unique dont le poids oscille entre 1 et 2 kilos. Le mâle ne s’occupe pas de l’éducation du jeune qui reste la plupart du temps avec sa mère. Celle-ci l’allaite et prend soin de lui pendant quatre ans avant d’être en mesure de se reproduire à nouveau. Le bébé n’est pas en mesure de marcher avant cinq mois, et se déplace en s’accrochant à la fourrure de la femelle. Il commence à rompre le contact avec sa mère à ce moment là, fait connaissance avec son corps et ose s’en éloigner progressivement de quelques mètres.

 
Femelle gorille et son petit en Ouganda. © Fiver Löcker, CC by SA 2.0

Au bout de dix-huit à vingt-et-un mois, la distance et la durée d’éloignement augmentent, et vers 30 mois, le juvénile ne passe plus que la moitié de son temps avec sa mère. Il devient indépendant vers 4 ans. Lorsqu’il est en âge de se reproduire, le jeune gorille quitte le groupe et erre seul pendant des mois, voire des années, avant de partir à la recherche de femelles pour fonder son propre groupe et imposer son domaine vital. Il constitue alors une grave menace pour les patriarches contre lesquels il se bat pour asseoir son autorité. Dans le cas de victoire, il se livre à des infanticides pour féconder au plus vite les femelles qu’il a conquis. Il élimine les bébés des mères qui allaitent qui, par réaction hormonale ou choc affectif, entrent en œstrus.

Femelle et son jeune au zoo de SF, États-Unis. © Mila Zinkova, CC by S1 3.0
Femelle et son jeune au zoo de SF, États-Unis. © Mila Zinkova, CC by S1 3.0

Régime alimentaire du gorille

Le gorille de montagne dont l’essentiel des populations vit dans le parc des Volcans situé à cheval sur la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Rwanda, se nourrit de bambous, de lobélies géantes, de céleris sauvage, d’orties qu’il épluche avec une grande dextérité, et de plus d’une centaine d’autres plantes encore. La digestion de ces végétaux étant délicate, celle-ci nécessite de longues périodes de repos. Les feuilles urticantes qu’il ingère sans les mâcher, servirait à éliminer les parasites contenus dans les intestins. Le gorille de plaine quant à lui, se nourrit plus essentiellement de fruits, mais également de termites et d’autres insectes. Il lui arrive fréquemment de manger de la terre des salines riche en sodium et en autres minéraux que ne lui procurent pas les plantes. C’est un animal qui ne digère que la partie charnue des fruits, et qui élimine les graines dans ses fèces, contribuant à leur dissémination.

Jeune gorille du groupe Nshongi en Ouganda. © Justin Norton, CC by 2.0
Jeune gorille du groupe Nshongi en Ouganda. © Justin Norton, CC by 2.0

Menaces sur le gorille

Les menaces pesant sur le gorille sont de plusieurs ordres dont sa faible natalité, mais la situation du gorille des montagnes est particulièrement alarmante car il n’en reste plus qu’environ 700 individus. Les effectifs de la rivière Cross au Cameroun ne sont plus que 300 et les populations de la République démocratique du Congo sont tombés de 17.000 il y a dix ans, à 5.000. La guerre, le braconnage pour les trophées ou pour satisfaire aux croyances, l'extraction minière du coltan et la déforestation sont parmi les causes principales de ce déclin. Mais à ces fléaux, il faut également rajouter le trafic des jeunes en tant qu’animaux de compagnie, la chasse pour pourvoir les citadins en viande de brousse, le virus Ebola et les exodes des populations fuyant les militaires ou les rebelles. En 1994, 750.000 réfugiés rwandais se sont cachés pendant des mois dans le parc national des Volcans au Rwanda et celui du Virunga au Zaïre. Une telle pression sur l’écosystème est de loin supérieure à celle que peut induire l’écotourisme, qui semble être la seule façon de sauver les grands singes de l’extinction. Au Rwanda et en Ouganda, cette manne surpasse les productions de café et de thé.

Gorille en train de fourrager. © Pierre Fidenci, CC by SA 2.5
Gorille en train de fourrager. © Pierre Fidenci, CC by SA 2.5

Mais les menaces ne planent pas que sur les singes. Les scientifiques, des femmes principalement, ont payé un lourd tribut à la sauvegarde des gorilles : Dian Fossey assassinée en 1985 au Rwanda, Ymke Warren au Cameroun en 2010 (qui étudiait les populations de gorilles de la rivière Cross).

Le saviez-vous ?

Sur les conseils du paléoprimatologue Louis Leakey, la primatologue Dian Fossey consacra sa vie à étudier la physiologie et le comportement des gorilles des montagnes du Rwanda. Cet engagement lui coûta la vie car elle fut assassinée par des braconniers dans la nuit du 25 au 26 décembre 1985. Elle fit connaître ces grands singes au public lors de la parution de son best-seller Gorilles dans la brume qui a été adapté en film. Dian Fossey y était incarnée par Sigourney Weaver. Son travail de recherche a été repris par la biologiste Katie Fawcett qui est aujourd’hui secondée par plus d’une centaine de personnes.

Gorille « dos argenté ». © Pierre Fidenci, CC by SA 2.5
Gorille « dos argenté ». © Pierre Fidenci, CC by SA 2.5

De nombreux épisodes de fièvre hémorragique dus au virus Ebola affectent régulièrement les populations humaines et les grands singes en République démocratique du Congo. Entre 2001 et 2005, les gorilles du sanctuaire de Lossi ont subi de lourdes pertes car 5.500 singes sont morts de cette maladie virale. Les scientifiques estiment que la fièvre a tué environ 25 % de la population mondiale de gorilles ces quinze dernières années. Le risque de transmission du singe à l’homme est très élevé dans ce secteur de l’Afrique, car le gorille est chassé pour alimenter le marché parallèle de viande de brousse.

L’ethnologue Penny Patterson a éduqué Koko, un gorille femelle né le 04 juillet 1971 au zoo de San Francisco, à communiquer en langue des signes. Son acculturation semble lui avoir conféré des comportements inconnus chez les gorilles. Le singe adorait s’occuper d’animaux de compagnie, et s’était pris d’affection pour un chat.   

Capturé en Guinée équatoriale en 1966, Flocon de neige fut le seul gorille albinos connu. Ce fut le primatologue Jordi Sabater Pi qui le découvrit captif chez un chasseur de la tribu Fang. Il le ramena au zoo de Barcelone où il décéda d’un cancer de la peau en novembre 2003 à l’âge vénérable de 40 ans. Il eut 21 descendants avec trois femelles mais seuls cinq d’entre eux ont survécu.

Exposition sur le gorille appelé Flocon de neige, à Barcelone. © Year of the dragon, GNU FDL Version 1.2
Exposition sur le gorille appelé Flocon de neige, à Barcelone. © Year of the dragon, GNU FDL Version 1.2

Les principaux parcs nationaux ou réserves où l’on peut observer les diverses sous-espèces de gorilles.

Rwanda :

  • parc national des Volcans.

Ouganda :

  • parc Mgahinga ;
  • parc National de Bwindi.

République démocratique du Congo :

  • parc national des Virunga ;
  • parc national de Nouabalé Ndoki ;
  • parc national de Kahuzi-Biega ;
  • parc national d’Odzala ;
  • parc national de la Maiko.

République Centrafricaine :

  • réserve spéciale de Dzanga-Sangha. 

République de Guinée équatoriale :

  • parc national de Monte Alen.

Gabon :

  • parc national de Birougou ; 
  • parc national de l’Ivindo ;
  • parc national de Loango ;
  • parc national de Mayumba ;
  • parc national de la Lopé ;
  • parc national de Minkébé ;
  • parc national des Monts de Cristal ;
  • parc national de Moukalaba-Doudou ;
  • parc national de Mwagna ;
  • parc national des Plateaux Batéké ;
  • parc national de Pongara ;
  • parc national de la Waka.

Cameroun :

  • parc national de Lobeke ;
  • parc national de Waza ;
  • parc national de Boubandjida ;
  • Réserve du Dja ;
  • parc national de Campo Ma’an ;
  • parc national de Korup ;
  • parc national de Cross.

Nigéria :

  • Parc National de Gashaka Gumti.

Angola :

  • Zone protégée de Cabinda (forêt de Maiombe).

Photo d'un gorille. © arenddehaas, CC by SA 3.0 Photo d'un gorille. © arenddehaas, CC by SA 3.0

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