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Cachalot

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Grand cachalot (Linnaeus 1758) - Physeter macrocephalus

  • Ordre : Cetacea
  • Sous-ordre : Odontoceti
  • Super-famille : Physeteroidae
  • Famille : Physeteridae
  • Genre : Physeter
  • Taille : 18 à 20 mètres
  • Poids : 51 à 55 tonnes
  • Longévité : 70 ans

Statut de conservation UICN : VU vulnérable

Description du cachalot

Le grand cachalot est une sorte de grande baleine à dents dont la taille en fait le plus grand carnivore du monde. Son corps est grisâtre et sa tête dont la forme est parallélépipédique, représente un tiers de la masse corporelle. Elle peut peser jusqu'à 16 tonnes. L'évent est placé très près de l'extrémité de la tête et légèrement sur la gauche, ce qui donne au souffle de l'animal un angle de pulvérisation caractéristique et unique chez les cétacés. Le grand cachalot ne possède pas de nageoire dorsale mais une série de crêtes le long du tiers postérieur du dos. La plus grande d'entre elle ressemblant à une bosse triangulaire peut être confondue avec un aileron. Les nageoires pectorales sont minuscules au regard de la taille de l'animal, tandis que sa queue, épaisse et puissante qui peut développer quatre mètres d'envergure, est triangulaire et fendue. Contrairement aux autres cétacés, la peau n'est pas lisse mais rugueuse et ridée comme celle d'un pruneau. Les dents sont coniques et peuvent atteindre 20 centimètres pour un poids d'un kilogramme.

Grand cachalot en plongée. © Richard Giddins from London, UK, CC paternité 2.0 générique
Grand cachalot en plongée. © Richard Giddins from London, UK, CC paternité 2.0 générique

Habitat du cachalot

On trouve le grand cachalot dans toutes les mers et océans du globe, même en Méditerranée, mais il a une prédilection pour les eaux libres de plus de 1.000 mètres de profondeur. Il évolue plus volontiers dans les eaux équatoriales ou tropicales. Les femelles et les jeunes ne remontent jamais au-delà des 50e parallèles Nord et Sud, pour rester dans des eaux chaudes, tandis que les mâles remontent dans les mers polaires arctiques ou descendent vers l'Antarctique jusqu'au 75e parallèle. Un mâle évoluant d'un côté ou de l'autre de l'équateur, ne franchira jamais cette ligne pour changer d'hémisphère. Les grandes migrations ne semblent concerner que les mâles qui quittent les zones polaires pour rejoindre les femelles à la saison de reproduction.

 
Cachalot en train de sonder. © Michelle Reback, GNU FDL Version 1.2

Comportement du cachalot

Le grand cachalot possède une gamme étendue de vocalisations dont celle en cliquetis, qui est le son le plus puissant émis par un animal. Bien qu'il chasse généralement entre 300 et 1.000 mètres de profondeur, certaines de ses plongées peuvent atteindre 3.000 à 3.500 mètres, lors desquelles le cétacé peut rester en apnée pendant 90 minutes. Sa vitesse moyenne est de 8 km/h mais il peut pousser des pointes de vitesse atteignant 30 km/h. Lorsqu'il plonge à la recherche de nourriture, on dit qu'il « sonde ». L'animal présente de nombreuses adaptations lui permettant de faire face à la pression lors des plongées à grande profondeur. Entre deux plongées, il remonte à la surface environ 8 minutes pour respirer. Le jet alors projeté par l'évent est capable d'atteindre 15 mètres de hauteur et fuse vers l'avant et la gauche, à un angle d'environ 45°.

 Cachalot. © Stahlkocher, GNU FDL Version 1.2
Cachalot. © Stahlkocher, GNU FDL Version 1.2

Le cachalot est grégaire et forme des « pods », ou groupes de tailles différentes en fonction du sexe. Les femelles sont philopatriques et vivent en groupes avec leurs petits et de jeunes mâles, pouvant compter entre vingt et quarante individus. Les jeunes mâles ayant dépassé 4 ans, quittent généralement ces « pods » pour rejoindre des groupes de cachalots de leur âge. Les jeunes et les femelles sont particulièrement vulnérables aux attaques des prédateurs que sont principalement les orques. Ces derniers tentent généralement d'isoler un jeune, mais les mâles du groupe leur font obstacle en adoptant une défense en marguerite, plaçant la victime potentielle au centre. Ils agissent de même pour protéger un des leurs lorsqu'il est blessé, ce qui a facilité la vie des baleiniers. En effet, il leur suffisait de blesser un grand cachalot pour que toute la troupe survienne pour tenter de lui porter assistance. Et le massacre pouvait commencer...

Bien que possédant une vaste gamme de vocalisations, le grand cachalot ne peut pas rivaliser avec les chants mélodieux des baleines à fanons. Il émet des cliquetis organisés en séquences ou codas, qui portent à plusieurs kilomètres. Chaque groupe de grands cachalots possède ses sonorités propres pour échanger des informations ou pour localiser des proies. Le grand cachalot possède deux grands sacs à spermaceti placés au-dessus de la mâchoire supérieure et protégés sur leur partie supérieure par une épaisse couche de graisse. Il est probable qu'en dehors de l'aspect sexuel permettant aux mâles de se disputer les femelles, ces organes servent à assurer sa flottabilité, et ses aptitudes à la plongée en grande profondeur. Ces deux grands sacs à spermaceti forment une sorte de melon pouvant faciliter l'écholocation, et servirait de bélier pour combattre un rival, ou... couler un navire.

 
Cachalot sur le point de plonger. © David Csepp, NOAA, domaine public

Le grand cachalot se situe au sommet de la chaîne alimentaire dans les mers et océans du globe, et joue un rôle majeur dans l'équilibre du milieu marin, en limitant les populations de calmars et de pieuvres qui n'ont que peu de prédateurs.

Reproduction du cachalot

Entre les mois de janvier à juin, les mâles se livrent à de violents combats pour conquérir les femelles. Au terme d'une gestation variant entre quatorze et seize mois, la femelle met au monde un unique jeune qui mesure déjà 4 mètres pour un poids d'une tonne. La période de lactation s'étend de dix-neuf à quarante-deux mois mais les jeunes peuvent téter pendant une douzaine d'années, parfois chez d'autres femelles que leur mère naturelle. Il peut de dérouler un intervalle de temps de trois à six ans, avant que la femelle ne puisse se reproduire. Le lait maternel est quinze fois plus gras que le lait de vache, et les jeunes mettent de sept à huit ans pour doubler de longueur. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 7 et 13 ans, alors que les mâles doivent patienter dix-huit ans. Les mâles ne peuvent s'accoupler qu'à partir du moment où ils ont atteint leur taille adulte. C'est-à-dire vers 50 ans.

Jeune cachalot. © NOAA, domaine public
Jeune cachalot. © NOAA, domaine public

Régime alimentaire du cachalot

Le grand cachalot utilise la plus grande partie de son temps à la recherche de nourriture, qu'il trouve habituellement entre 300 et 800 mètres, bien qu'il puisse aller la récupérer à plus de 2.000 mètres dans certains cas. Le cétacé se nourrit de céphalopodes dont les calmars géants et les pieuvres, ainsi que des poissons vivant sur le fond tels que les raies, ou des pinnipèdes. Il lui arrive également de manger des poissons benthiques, voire des requins. Il n'est pas rare de voir des grands cachalots dont l'épiderme porte les stigmates (marque énormes de ventouses) de titanesques combats qu'il aurait livrés à des calmars géants, dont la taille défie l'imagination. Les deux plus grandes espèces de calmars sont Architheutis dux (calmar géant) et Mesonychotheutis hamiltoni (calmar colossal) dont les tailles sont estimées aux alentours de 18 à 25 mètres pour le premier, et plus de 25 pour le second. La plus grosse cicatrice circulaire trouvée sur la peau d'un grand cachalot atteignait 45 centimètres de diamètre, ce qui supposerait que l'assaillant devait mesurer plus de 60 mètres...

Combat entre un cachalot et un calmar géant, vue d'artiste. © etee, CCA-SA 2.0 Generic license
Combat entre un cachalot et un calmar géant, vue d'artiste. © etee, CCA-SA 2.0 Generic license

Menaces sur le cachalot 

Les chasses commerciales qui ont débuté au XVIIIe siècle ont largement contribué au déclin des populations. En effet, le spermaceti et l'huile extraite de la graisse de cachalot alimentaient des marchés florissants : bougies, savons, cosmétiques, huile de moteur ou à lampe, crayons, imperméabilisant pour le cuir, parfumerie, et même la production de nitroglycérine... Bien que la Commission baleinière internationale proclamât sa pleine protection en 1985, les chasses traditionnelles se poursuivent au large des Açores et du Japon.

Cachalot échoué. © Julian Ilcheff Borissoff, CCA-SA 3.0 Unported license
Cachalot échoué. © Julian Ilcheff Borissoff, CCA-SA 3.0 Unported license

Les populations de grands cachalots ne sont pas évaluées avec précision compte tenu de la difficulté des comptages. Du fait de leurs longues apnées, les cachalots parcourent de longues distances avant d'émerger à nouveau. Il est donc difficile de les suivre. Les scientifiques estiment que les grands cachalots ont perdu environ 67 % de leurs effectifs initiaux, et qu'en 1996, il n'en restait que 360.000. On ne sait rien des populations actuelles, mais la chute des effectifs l'a fait classer comme vulnérable. L'animal est protégé par presque tous les pays et la chasse commerciale a pratiquement cessé. Mais le Japon trouve encore et toujours le moyen de contourner le moratoire en prélevant dix grands cachalots par an.

Cachalots. © DR Cachalots. © DR

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