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Baleine bleue

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Rorqual bleu (Linnaeus 1758) - Balaenoptera musculus

  • Ordre : Cetacea
  • Sous-ordre : Mysticeti
  • Famille : Balaenopteridae
  • Genre : Balaenoptera
  • Taille : 30 mètres et plus
  • Poids : 120 à 170 tonnes
  • Longévité : 70 à 80 ans

Statut de conservation UICN : EN en danger

Description du rorqual bleu

Le corps du rorqual bleu que l’on appelle également baleine bleue est long et effilé comme une navette de métier à tisser. Sa tête qui représente un quart de la longueur de l’animal est en forme de U et plate. Sa bouche est équipée d’environ 300 fanons de couleur noire d’environ un mètre de long qui pendent de la mâchoire supérieure. Entre 60 et 90 plis ventraux situés au niveau de la gorge facilitent l’évacuation de l’eau de la bouche du cétacé après l’écrémage de la nourriture. La tête abrite deux évents doubles cachés par des replis graisseux et actionnés par des muscles puissants. Les jets d’eau peuvent être projetés jusqu’à 12 mètres de hauteur. Le rorqual bleu possède un petit aileron dorsal situé au 3/4 du corps de l’animal à partir de la bouche. Cette nageoire peut être atrophiée chez certains individus alors que chez d’autres, elle se présente en forme de faux. L’épiderme est généralement gris ardoise ou bleuté, parfois tacheté de motifs plus clairs. Les nageoires pectorales sont triangulaires et longues d’environ 4 mètres, tandis que la queue épaisse se prolonge par une nageoire caudale dont la largeur oscille entre 6 et 7,5 mètres.

Queue d'une baleine bleue en plongée. © Schulman, domaine public
Queue d'une baleine bleue en plongée. © Schulman, domaine public

Habitat du rorqual bleu

Autrefois, le rorqual bleu fréquentait toutes les mers et océans du globe. La plus importante concentration de ses effectifs se trouvait dans l’Atlantique. Mais ses effectifs ont tellement été décimés par la chasse que les groupes restant sont principalement situés dans le nord-est du Pacifique, dans l’Atlantique Nord au large du Groenland et de Terre-Neuve, au large de la Nouvelle-Écosse, dans le golfe du Saint-Laurent, en Islande, au Svalbard. Une sous-espèce fréquente le Pacifique depuis l’Alaska jusqu’au Costa Rica, deux autres sous-espèces de baleines bleues de l’Antarctique évoluent au sud de Madagascar et dans le nord de l’océan Indien, et quelques populations ont été vues au sud du Chili, au large du Pérou et à l’ouest de l’Australie. Elles évoluent à une profondeur supérieure à 100 mètres en journée.

Comportement du rorqual bleu

La baleine bleue est généralement solitaire et les regroupements ne se produisent que dans les zones de forte densité de nourriture. C’est une migratrice qui peut parcourir des milliers de kilomètres entre les quartiers d’été qui se situent dans les hautes latitudes riches en krill, et ceux d’hiver localisés dans les eaux plus chaudes où elle se reproduit et met bas. Elle ne s’alimente quasiment pas lors de ses longues transhumances et mobilise ses réserves de graisse qui représentent près de 70 % de sa masse corporelle. Sa vitesse de croisière est de 20 km/h et elle peut pousser des pointes à 50 km/h. Par contre, lorsqu’elle se nourrit, son allure se réduit à 5 km/h. Sa large bouche est alors capable de filtrer 90 tonnes d’eau et de nourriture. Les plongées durent en moyenne de 5 à 15 minutes. Le rorqual bleu utilise des vocalisations dont le rôle est encore mal connu mais qui pourraient permettre de maintenir une distance entre individus, d’identifier l’individu et l’espèce à laquelle il appartient, de transmettre des informations, d’organiser la vie sociale lors des regroupements : parades nuptiales, accouplements, de conserver le lien avec le baleineau et informer des ressources en nourriture. Ces sonorités que l’on nomme chants, se situent dans les fréquences basses et sont formées de cliquetis mêlés à des sortes de mugissements ou de vagissements.

Baleine bleue aux Açores. © Frank Wirth, GNU FDL Version 1.2
Baleine bleue aux Açores. © Frank Wirth, GNU FDL Version 1.2

Reproduction du rorqual bleu

Quel que soit l’hémisphère, la période de reproduction s’étend de la fin de l’automne à la fin de l’hiver. Après une gestation de dix à douze mois, la femelle donne naissance à un seul baleineau tous les deux ou trois ans. Le « petit » mesure déjà 7 mètres de long pour un poids de 2 tonnes ou plus. Lors de tétées, il ingurgite entre 380 et 570 litres de lait par jour, et grossit de 90 kg dans le même laps de temps. Le baleineau est sevré au bout de sept à neuf mois et a doublé sa longueur initiale. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle entre 5 et 15 ans, et leur taille varie légèrement selon qu’ils évoluent dans l’hémisphère nord ou sud. Ceux du sud sont plus grands.

Baleine bleue et son petit. © Andreas Tille, GNU FDL Version 1.2
Baleine bleue et son petit. © Andreas Tille, GNU FDL Version 1.2

Régime alimentaire du rorqual bleu

L’alimentation principale du rorqual bleu est le krill. Le cétacé se nourrit dans les secteurs où la concentration de krill est importante et est capable de consommer entre 3 et 4 tonnes de krill dans la journée. Il plonge à plus de 100 mètres en journée et se nourrit en surface la nuit. Il peut également avaler des crustacés, des poissons et des céphalopodes de petites tailles. Il se précipite sur le banc de krill, engloutit une grande quantité d’eau contenant le krill que trient les fanons, et expulse l’eau par les plis ventraux. Sa gorge est trop étroite pour avaler de grosses proies. La taille de ces dernières doit être inférieure à celle d’un ballon de basket.

Menaces sur le rorqual bleu

La chasse à outrance dont la baleine bleue a été victime a failli mener l’espèce à l’extinction, jusqu’à ce que la Commission baleinière internationale décide de la protéger dans les années 1960. Mais l’URSS poursuivit la chasse illégale jusqu’en 1970. Compte tenu de sa taille, le rorqual bleu n’a à priori pas de prédateurs mais des attaques d’orques ont déjà été constatées. Les autres menaces, comme pour tous les autres cétacés, sont le trafic maritime accru et les collisions avec des navires géants, les prises dans les filets dérivants et les modifications climatiques qui peuvent influer sur la localisation des bancs de krills et de son abondance. Un afflux d’eau douce suite à la fonte des glaces, modifierait durablement la circulation thermohaline et aurait également une influence sur les parcours migratoires des baleines.

« Elle souffle ! » criait la vigie d'un navire baleinier lorsqu'il apercevait un cétacé. © NOAA, domaine public
« Elle souffle ! » criait la vigie d'un navire baleinier lorsqu'il apercevait un cétacé. © NOAA, domaine public

Le saviez-vous ?

Les Thuléens qui sont les premiers habitants de l’Arctique et les ancêtres des Inuits actuels, utilisaient parfois des ossements de baleine en guise d’armature de leurs abris saisonniers, qu’ils recouvraient ensuite de peaux de caribou, de phoque ou de bœuf musqué. 

Baleine bleue. © Seabass London, Flickr CC Baleine bleue. © Seabass London, Flickr CC

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