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Quand les oisillons tombent parfois du nid

La reproduction des oiseaux commence au printemps. Après quelques jours ou semaines, les jeunes oiseaux se retrouvent vite à l’étroit et peuvent s’aventurer au sol, à la merci des dangers. Mais attention, un jeune oiseau au sol est très rarement abandonné ! La LPO et l’Union française des centres de sauvegarde (UFCS) expliquent quelles démarches entreprendre, lorsque cela est nécessaire, pour tenter de sauver cet oisillon.

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Trouver un oisillon au sol, au printemps, fait partie des expériences que chacun peut avoir l’occasion de vivre un jour ou l’autre. Et, enfants ou adultes, nous sommes souvent démunis devant le désarroi de cet être fragile. Bien sûr, tomber du nid fait partie des aléas de la vie d’oiseau, et certains oisillons trop téméraires peuvent rapidement s’aventurer hors du nid au péril de leur vie. Les jeunes de plusieurs espèces, telles les chouettes, les grives ou les merles, quittent régulièrement le nid sans savoir voler, en essayant de suivre leurs parents qui cherchent des aliments. Ces oisillons poussent de petits cris plaintifs. On peut croire alors qu’ils ont été abandonnés, mais la plupart du temps, les parents se trouvent aux alentours, partis à la recherche de nourriture ou attendant que vous soyez éloigné. Cependant, si le jeune oiseau est réellement abandonné et s’il est possible de le sauver, pourquoi s’en priver ? D’autant que certains de ces oisillons appartiennent à des espèces menacées, qu’il faut impérativement protéger.

Attention cependant, la plupart des oisillons sauvages sont intégralement protégés par la loi et leur détention est rigoureusement interdite. Dans tous les cas, contactez, pour tout animal en détresse, le centre de sauvegarde le plus proche.

La LPO, faisant suite à des appels de plus en plus nombreux de correspondants désarmés devant un oiseau en détresse, a par ailleurs édité une brochure « Pour secourir un oiseau…le premier espoir C’EST VOUS ! ». Cette petite initiation au secourisme animalier permettra, nous l’espérons, de sensibiliser un large public, toujours plus conscient des enjeux environnementaux. Cette plaquette est disponible auprès du service conseils de la LPO, La Corderie Royale, BP 90263, 17300 Rochefort Cedex, au 05 46 82 12 34 ou dans nos centres de sauvegarde.

Allain Bougrain Dubourg - Président de la LPO

Gérard Grolleau - Président de l’UFCS

Quelques conseils pratiques en cas de découverte d’un oisillon

- Ne recueillez un jeune oiseau que s'il est manifestement blessé (aile pendante, trace de saignement, impossibilité de se tenir sur ses pattes).

- Si l'oisillon ne semble pas pouvoir s'envoler mais sautille de branche en branche ou volète au dessus du sol, ne faites rien. Il ne lui faudra que peu de temps avant de pouvoir atteindre les hautes branches tout seul. Si vous l'avez déjà recueilli, remettez-le vite où vous l'avez trouvé. S'il se trouve en un lieu particulièrement exposé, essayez de le mettre dans une haie, un buisson…

- S'il s'agit d'un petit passereau (excepté merles et grives) : ils volent très mal à leur sortie du nid et essaient de suivre leurs parents qui cherchent des aliments. Le plus sage est, si possible, de les replacer dans leur nid. Les oiseaux ont un odorat très peu développé et même si vous avez touché l’oisillon, les parents ne l’abandonneront pas !

- S'il s'agit d'un rapace nocturne (chouette, hibou) : pour la plupart, les jeunes chouettes et hiboux quittent le nid très tôt. Mettez des gants pour vous protéger des serres et du bec et placez l'oiseau en hauteur sur une branche, un muret : ses cris durant la nuit permettront aux parents de le localiser et de lui apporter sa nourriture.

- Dans le cas des martinets et hirondelles, il est rarement possible de replacer l'oiseau dans son nid, recueillez l'oisillon et installez-le dans l'obscurité et au chaud, dans un carton préalablement percé de trous, le fond tapissé de journaux, et contactez le centre de sauvegarde le plus proche.

- Dans tous les cas :

  • Manipulez l’oisillon le moins possible (risque d’abîmer son plumage de façon durable).
  • Ne lui donnez ni lait ni pain (le lait est indigeste : les oiseaux ne possèdent pas les enzymes permettant de digérer les protéines de lait, il est donc toxique pour les oiseaux. Quant au pain et autres biscottes, la farine qui sert à les fabriquer n’est pas un élément nutritif pour l’oiseau. Le pain gonfle dans l’intestin et provoque des occlusions intestinales, et le sel qu’il contient est toxique pour les oiseaux).
  • Ne le forcez pas à boire (risque de lui introduire de l’eau dans les poumons).
  • Ne placez jamais l’oiseau dans une cage (il s’y agiterait et s’y blesserait) mais dans une boîte pourvue d’un couvercle et percée de nombreux trous pour qu’il puisse respirer.
  • En attendant de le transférer, laissez-le dans un lieu calme à l’ombre et sans courant d’air et avisez le centre de soins le plus proche !

Pour plus de renseignements contactez la LPO au 05 46 82 12 34 ou l’UFCS au 03 86 97 86 05.


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