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En image : 126 espèces découvertes dans le Mékong en 2011 !

Le Mékong traverse six pays dans le sud de l'Asie, et fascine par la richesse de sa biodiversité. Le WWF vient de publier la 5e édition de son rapport annuel sur les nouvelles espèces découvertes. La récolte 2011 apporte 126 nouvelles espèces parmi lesquelles les plantes et reptiles sont à l’honneur. Plongée en images dans l’étonnante biodiversité de la région. 

La rainette Quang a été découverte dans les forêts de haute altitude dans le nord du Vietnam, dans la région de Pu Hoat, où une réserve naturelle est envisagée. © Jodi L. J. Rowley / Australian Museum La rainette Quang a été découverte dans les forêts de haute altitude dans le nord du Vietnam, dans la région de Pu Hoat, où une réserve naturelle est envisagée. © Jodi L. J. Rowley / Australian Museum

En image : 126 espèces découvertes dans le Mékong en 2011 ! - 5 Photos

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Le Mékong parcours 4.350 km et traverse la Chine, le Laos, le Myanmar (ou Birmanie), la Thaïlande, le Camboge puis se prolonge jusqu’au Vietnam où il est traditionnellement appelé « fleuve des neuf dragons ». S’il n’est que le 4e fleuve d’Asie pour le débit, les régions du Mékong fascinent par les mystères qu’elles ont su conserver et l’étonnante biodiversité qu’elles hébergent. Pour la cinquième année consécutive, le WWF a édité son rapport annuel, titré Extra Terrestrial, présentant les nouvelles espèces décrites en 2011 dans cette partie du monde.

La grenouille 'yin-yang' (Leptobrachium leucops) est une des cinq nouvelles espèces d'amphibiens découvertes dans la région en 2011. © Jodi L. J. Rowley / Australian Museum
La grenouille "yin-yang" (Leptobrachium leucops) est une des cinq nouvelles espèces d'amphibiens découvertes dans la région en 2011. © Jodi L. J. Rowley / Australian Museum

Depuis 1997, 1.710 espèces végétales et animales ont été découvertes dans le bassin de ce fleuve. Pour l’année 2010, le WWF comptait 208 nouvelles espèces dans les régions du Mékong. Cette année, dans la région du grand Mékong, qui inclut le Cambodge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande, le Vietnam et la province du Yunnan en Chine, le rapport fait état de 126 nouvelles espèces.

Cette année, les plantes sont à l’honneur, avec 82 nouvelles espèces. Les palmiers, magnolias, bananiers, caféiers et le gingembre acceuillent tous de nouveaux membres. Les orchidées ont également une nouvelle espèce, Coelogyne pachystachya, qui s'était fait connaître quelques années plus tôt. Cette orchidée découverte par hasard en Thaïlande sur des photographies publiées en 2006 et 2007 par des touristes obtint son nom en 2011 lorsque des botanistes de l'université de Leyde, en Hollande, ont confirmé qu'elle n'avait jamais été décrite.

La Coelogyne pachystachya, une superbe orchidée de Thaïlande, fait partie des 82 nouvelles espèces de plantes découvertes en 2011 dans le bassin du Mékong. © John Varigos
La Coelogyne pachystachya, une superbe orchidée de Thaïlande, fait partie des 82 nouvelles espèces de plantes découvertes en 2011 dans le bassin du Mékong. © John Varigos

Du côté de la faune, 13 nouvelles espèces de poissons, 5 de mammifères, 5 d’amphibiens et 21 de reptiles ont été référencées. Parmis toutes ces nouvelles espèces, le nouveau Belzébuth (Murina beelzebub) marquera les esprits !

Cette chauve-souris découverte uniquement au Vietnam impressionne par son nez en forme de tube. C’est une espèce tropicale, découverte avec deux autres espèces de chauve-souris par des biologistes hongrois. 

L'une des 3 espèces de chauves-souris (Murina), découverte à la réserve naturelle de Bac Huong Hoa dans la province de Quang Tri, au Vietnam. Murina beelzebub, c'est son nom, est dépendante de la forêt tropicale, laquelle est grignotée par les activités humaines. © Gabor Csorba/Hungarian Natural History Museum
L'une des 3 espèces de chauves-souris (Murina), découverte à la réserve naturelle de Bac Huong Hoa dans la province de Quang Tri, au Vietnam. Murina beelzebub, c'est son nom, est dépendante de la forêt tropicale, laquelle est grignotée par les activités humaines. © Gabor Csorba/Hungarian Natural History Museum

126 espèces nouvelles, mais déjà en danger

Si le Vietnam abrite d’étranges vampires, il loge également de stupéfiantes vipères. Avec ses yeux d'un rouge vif, le serpent a été baptisé vipère verte aux yeux rubis (Trimeresurus rubeus). Il fut découvert dans les forêts proches d’Hô-Chi-Minh-Ville. Les scientifiques connaissent très peu l’espèce. On sait que ces serpents sont arboricoles, mais chassent également sur le sol, où ils peuvent capturer des grenouilles.

La région du Yunnan est celle qui compte le plus de découvertes : 46 nouvelles espèces ont été trouvées. On en compte 36 au Vietnam, 28 en Thaïlande, 9 au Cambodge, 8 au Myanmar et 5 au Laos. Chaque année, le nombre de nouvelles espèces découvertes autour du Mékong impressionne. Toutefois, à peine découvertes, elle paraissent déjà menacées.

Une nouvelle espèce de serpent, la vipere verte aux yeux rubis (Trimeresurus rubeus) a été découverte dans les forêts près de Hô-Chi-Minh-Ville. © Peter Paul van Dijk / Darwin Initiative
Une nouvelle espèce de serpent, la vipere verte aux yeux rubis (Trimeresurus rubeus) a été découverte dans les forêts près de Hô-Chi-Minh-Ville. © Peter Paul van Dijk / Darwin Initiative

Des campagnes anti-braconnage sont mises en place

Le fleuve abrite plus de 850 espèces différentes, mais, entouré par plus de 60 millions d’habitants, il est victime de la surpêche. En outre, au Laos, la construction d’un barrage, le Xayaburi, est une grave menace pour l’écosystème aquatique. « Le barrage de Xayaburi deviendrait une barrière infranchissable pour de nombreuses espèces de poissons, ce qui signerait ainsi la disparition de nombreuses espèces connues et encore inconnues » explique Nick Cox, directeur des programmes Espèces au WWF Mékong.

De nombreuses espèces sont tropicales et par conséquent très sensibles à la déforestation. Or, ces 40 dernières années, 30 % des forêts de la région du Grand Mékong ont disparu. L’impact de l’Homme est d’autant plus fort qu’il chasse dans la région. Même si des campagnes contre le braconnage sont actuellement en place, le marché est tellement lucratif qu’il n’est pas près de s’arrêter. Les serpents sont les espèces les plus en danger car leur viande et leur peau sont très demandées.


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