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Découvrez la grenouille transparente, le micro gecko et la vipère géante

Une petite montagne d’Equateur, à quelques kilomètres de la plage, renferme une étonnante diversité dans sa forêt des nuages. Une trentaine d’espèces nouvelles d’amphibiens, un des plus petits geckos et la plus grande vipère du monde s’y cachent. Mais ils y disparaîtront peut-être aussi avant même que la science ne les nomme.

Ce magnifique iguane nain mâle (Enyalioides oshaughnessyi) vit dans une forêt des nuages équatorienne rare et menacée par le changement climatique. © Paul S. Hamilton / RAEI.org Ce magnifique iguane nain mâle (Enyalioides oshaughnessyi) vit dans une forêt des nuages équatorienne rare et menacée par le changement climatique. © Paul S. Hamilton / RAEI.org

Découvrez la grenouille transparente, le micro gecko et la vipère géante - 3 Photos

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Dans cet écosystème du littoral équatorien rare et en régression, une étonnante biodiversité reptilienne et amphibienne vient d’être révélée.

Parmi les nouveaux entrants au catalogue des espèces figure une trentaine d’espèces de grenouille du genre Pristimantis, au cycle de vie particulier. Comme la jungle où elles vivent est très humide, ces espèces peuvent pondrent leurs œufs dans les arbres et non dans l’eau. Leurs œufs donnent ensuite naissance directement à de petites grenouilles, sans passer par l’étape larvaire (le têtard), classique chez les amphibiens.

L’une de ces grenouilles est plus singulière encore car elle est... transparente. On lui voit tous les organes ! Dans la série des insolites, cette grenouille de verre est accompagnée de trois espèces de salamandre sans poumon du genre Bolitoglossa. Ces salamandres respirent exclusivement à travers leur épiderme humide.

Cliquez pour agrandir l'image ou retrouvez-la dans notre galerie de photos. Une grenouille de verre de l’ouest de l’Equateur montre son cœur battant à travers son abdomen transparent. © Paul S. Hamilton / RAEI.org
Cliquez pour agrandir l'image ou retrouvez-la dans notre galerie de photos. Une grenouille de verre de l’ouest de l’Equateur montre son cœur battant à travers son abdomen transparent. © Paul S. Hamilton / RAEI.org

Côté reptile, la montagne Cerro Pata de Pájaro et sa forêt tropicale de montagne, appelée aussi forêt des nuages, n’est pas en reste. Une ou peut-être deux nouvelles espèces de serpent spécialisées dans la prédation des gastéropodes (escargots, limaces) ont ainsi été observées.

Des mini-reptiles et des maxi-reptiles

Autres découverte étonnante, un gecko (Lepidoblepharis buschwaldii) si minuscule qu’il tient sur la gomme d’un crayon ! C’est l’un des plus petits reptiles du monde. Le recored est toujours détenu par un autre gecko, Sphaerodactylus ariasae, avec ses 16 millimètres et 0,2 gramme.

Cliquez pour agrandir l'image ou retrouvez-la dans notre galerie de photos. Le minuscule gecko (Lepidoblepharis buschwaldii) ne pourra jamais devenir beaucoup plus grand que ce représentant perché sur une gomme de crayon. © Paul S. Hamilton / RAEI.org
Cliquez pour agrandir l'image ou retrouvez-la dans notre galerie de photos. Le minuscule gecko (Lepidoblepharis buschwaldii) ne pourra jamais devenir beaucoup plus grand que ce représentant perché sur une gomme de crayon. © Paul S. Hamilton / RAEI.org

L’accompagne un « maître de la brousse » (en anglais bushmaster) Lachesis acrochorda, la plus longue vipère du monde. Ce serpent est rarement observé dans son habitat naturel car l'espèce a été chassée presque jusqu’à l’extinction dans une grande partie de son aire de répartition.

Les quelques kilomètres carrés de forêt de la montagne Cerro Pata de Pájaro abritent 14 des 30 nouvelles espèces qui ne sont connues nulle part ailleurs dans le monde.

Des découvertes en sursis ?

Pourtant, cette forêt est menacée par l’exploitation forestière, la déforestation pour le pâturage du bétail, la chasse et le changement climatique qui, selon les modèles, devraient faire disparaître les forêts des nuages.

« Il y a clairement une grande inquiétude que ces espèces disparaissent dès qu’elles seront formellement décrites scientifiquement, ou même avant » déclare Paul Hamilton, le directeur de l’expédition de Reptile & Amphibian Ecology International.

Auparavant, l’équipe avait déjà découvert une formidable biodiversité en ces lieux avec plus de 140 espèces de reptiles et d’amphibiens, et même quatre espèces d’insectes juste en photographiant ces espèces. « Il y a un nombre considérable de trous dans notre connaissance du statut et de la distribution des animaux tropicaux, explique Paul Hamilton. Cette étude ne fait que gratter la surface de ce que nous savons de cette seule région, et nous révèle encore moins de chose sur les schémas globaux d’extinction des espèces. »

« La bonne nouvelle c’est que ces animaux sont toujours là et vivants, conclut Kerry Kriger, directeur exécutif de l’ONG Save the Frogs. Il y a donc encore du temps pour les sauver de l’extinction, mais nous devons agir maintenant pour que cela arrive. »

Retrouvez tous ces animaux étonnants sur le site de Reptile & Amphibian Ecology International et découvrez notre galerie photo « 2010, Année de la Biodiversité ».


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