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En Chine, 80 % des récifs coralliens ont été détruits en 30 ans !

Ces 30 dernières années, la Chine est entrée dans une incroyable course à la production. Si elle présente de solides résultats économiques, c’est bien au détriment de l’environnement. Une étude récente révèle que 80 % des récifs coralliens des côtes ont disparu sur cette période. Sans récifs, c’est toute la faune océanique qui est modifiée. Le géant du charbon tend-il vers un désert océanique ?

Un rapport de la Banque mondiale établissait qu'en 2007, il y avait plus 750.000 décès prématurés par an en Chine en raison de la pollution. Si les qualités de l'air et de l'eau douce sont souvent déplorées, il n'en reste pas moins que la mer de Chine est également très polluée. © DR Un rapport de la Banque mondiale établissait qu'en 2007, il y avait plus 750.000 décès prématurés par an en Chine en raison de la pollution. Si les qualités de l'air et de l'eau douce sont souvent déplorées, il n'en reste pas moins que la mer de Chine est également très polluée. © DR

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Vendredi dernier, le géant pétrolier China National Offshore Oil Company (CNOOC) annonçait que l’exploitation de deux de ses champs pétrolifères en mer de Chine méridionale allait démarrer. Cette région océanique est stratégiquement essentielle. Elle abrite quelques-unes des voies maritimes les plus importantes au monde. La frénésie de production a propulsé la Chine au deuxième rang économique mondial. Mais si le pays pense passer au rang de première puissance économique mondiale dans quelques années, il risque bien d’être rapidement ralenti en raison de gros problèmes environnementaux.

La pollution atmosphérique, notamment à Pékin, est souvent mise en exergue, et ce n’est pourtant qu’un détail en termes de problèmes environnementaux. Récemment, une équipe de scientifiques de l’Australian Research council center of Excellence for Coral Reef Studies et du South China Sea Institute of Oceanology a révélé que 80 % du récif corallien a disparu ces 30 dernières années. Les zones sinistrées sont d’une part toute la côte chinoise et d’autre part la mer de Chine méridionale.

En Chine, en moyenne, une centrale à charbon ouvre presque chaque semaine. Ci-dessus, une centrale sur la rivière Huangpu de Shanghai. En 2011, la Chine était responsable de 46,2 % de la consommation mondiale de charbon. © le ninier, Flickr, cc by nc 2.0
En Chine, en moyenne, une centrale à charbon ouvre presque chaque semaine. Ci-dessus, une centrale sur la rivière Huangpu de Shanghai. En 2011, la Chine était responsable de 46,2 % de la consommation mondiale de charbon. © le ninier, Flickr, cc by nc 2.0

Les résultats publiés dans le journal Conservation Biology sont alarmants. Les récifs frangeants le long de la côte chinoise et de l’île de Hainan sont les zones les plus endommagées. Mais les atolls et archipels de la mer de Chine méridionale ne se portent guère mieux. L’étendue du récif couvrait en moyenne 60 % de la région voilà une quinzaine d’années. Elle ne couvre plus que 20 % à présent. Jusqu’alors, jamais un déclin aussi rapide et important d’une zone de couverture corallienne aussi grande n’avait été enregistré.

Les Trente pas si glorieuses pour la Chine

L’évolution de l’environnement en Chine se démarque bien de celle des autres pays. La dégradation de la vie sous-marine est directement liée au développement côtier, à la pollution (des centrales à charbon notamment) et à la surpêche. Plus de 30 ans de croissance économique effrénée sans réelle considération de l’environnement ont entraîné la Chine dans un état de pollution grave. L'expansion économique actuelle de la Chine a donc exacerbé de nombreux problèmes environnementaux, comme la perte généralisée de l'habitat marin en raison de l'aménagement du littoral, des niveaux ahurissants de surpêche et de pollution.

Le récif corallien de la mer de Chine méridionale s’étend sur plus de 30.000 km2. Des parcs marins ont été créés pour conserver la faune, mais si l’on en croit les auteurs, ils sont trop petits et trop éloignés pour enrayer le déclin de la couverture corallienne. Avec une telle dégradation, les chances de redonner vie aux récifs sont très minces. Pour protéger le récif, il faudrait renforcer la sensibilisation du public au sujet des écosystèmes en déclin, et améliorer le suivi de la dynamique des récifs coralliens et de la situation pour mieux éclairer les politiques de développement.

Dans le contexte actuel d’un après-Doha fort décevant, où ni la Chine ni les États-Unis n’ont ratifié le protocole de Kyoto II, cette publication est tristement bienvenue. Elle rappelle qu’il y a urgence dans certaines régions du monde et qu’il convient donc d’agir rapidement. Le gouvernement chinois aurait établi une feuille de route pour transformer le mode de développement de la Chine pour le rendre plus écologique et moins dépendant de la croissance économique. Qui vivra verra !


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