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Des calmars super-réactifs aux sons de l'océan

Les calmars entendent des sons et y réagissent très rapidement. En 10 ms, ils prennent la fuite, changent de couleur ou libèrent de l'encre. Une communication sonore malheureusement perturbée par les bruits d'origine humaine.

Les calmars sont rassemblés dans l'ordre des teuthidés. © Tom Kleindinst

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On dit souvent que le fond des océans est calme. Il l’est sans doute bien davantage que les milieux terrestres. Néanmoins, de nombreux animaux sont capables d’émettre des sons ou de les entendre. C’est le cas des calmars et plus particulièrement de l’espèce Loligo pealeii, le calmar totam qui réagit de diverses manières à ces stimuli.

Aran Mooney, chercheur à la Woods Hole Oceanographis Institution (WHOI), a montré comment ces céphalopodes réagissaient à certains stimuli sonores. Il a présenté ses résultats la semaine dernière à l’Ocean Sciences Meeting qui s’est tenu à Salt Lake City.

Réactions comportementales aux stimuli sonores

Le calmar totam adopte divers comportements en réponse à des sons de différentes fréquences : il peut changer de couleur, décider de fuir (grâce à un jet propulseur) ou encore se défendre en libérant de l’encre. Ces réactions dépendent de la fréquence du stimulus sonore. Le calmar est sensible à des fréquences allant de 20 à 500 Hz, mais les réactions comportementales comme la fuite ou le changement de couleur n’interviennent que pour des fréquences comprises entre 50 et 300 Hz, ainsi qu’à des niveaux acoustiques plus élevés (de 15 à 20 dB).

Le calmar totam entend les sons entre 20 et 500 Hz, un spectre assez étroit et cantonné aux sons graves. © NOAA
Le calmar totam entend les sons entre 20 et 500 Hz, un spectre assez étroit et cantonné aux sons graves. © NOAA

Ces fréquences sont similaires à celles émises par certaines nuisances sonores d’origines humaines. Un sonar, par exemple, émet des sons compris entre 50 et 200 Hz. Ces bruits ne perturbent donc pas uniquement les baleines, mais également les céphalopodes et probablement une quantité d’autres animaux marins dont les capacités auditives n’ont pas encore été étudiées. Les réactions du calmar aux stimuli sonores sont essentiellement défensives et servent probablement à répondre aux assauts d’un prédateur. Les perturbations anthropiques nuisent donc à ce système de défense.

Les calmars entendent grâce à leurs otolithes

Un autre paramètre a été mis en évidence par les études de Mooney et ses collègues. Le temps de réaction du calmar est très faible : de l’ordre de 10 ms. Ces réactions sont donc apparentées à des reflexes.

C’est grâce à des structures hautement spécialisées que le calmar peut entendre et sentir les changements de pression : les statocystes. Ces structures se composent d’une partie solide, appelée otolithe, et de cils sensoriels. Les ondes émises par les différentes sources sonores font bouger le céphalopode et l’otolithe vient donc cogner contre les cils, ce qui active une réaction nerveuse.

Il n’est pas encore certain que toutes les espèces de calmar réagissent de la même manière et les chercheurs ont aussi entamé des travaux sur la seiche pour en savoir davantage sur la communication sonore des céphalopodes et leur rôle dans la défense, la prédation et l’orientation.


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