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Le Brésil prévoit de cloner les animaux en voie de disparition

Comment préserver les animaux en voie de disparition ? En les clonant ! C’est ce que prévoient de faire des chercheurs brésiliens. Tout est prêt, il ne manque plus que l’accord du gouvernement…

Le projet brésilien Embrapa prévoit de cloner 8 espèces animales en voie de disparition au Brésil. Ils espèrent toutefois rapidement pouvoir cloner les girafes et éléphants d'Afrique qui font parties des espèces gravement en danger. © Frank Peter, Flickr CC by-nc-nd-2.0 Le projet brésilien Embrapa prévoit de cloner 8 espèces animales en voie de disparition au Brésil. Ils espèrent toutefois rapidement pouvoir cloner les girafes et éléphants d'Afrique qui font parties des espèces gravement en danger. © Frank Peter, Flickr CC by-nc-nd-2.0

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Dans le monde, plus de 4.000 espèces animales sont en voie d’extinction. L’an dernier, le couguar de l'est des États-Unis s’éteignait, cette année c’est Georges le solitaire qui a disparu, le dernier représentant de l’espèce de tortue géante Chelonoidis abingdonii. La déforestation, la chasse, le changement climatique, le mécanisme naturel de l’évolution ou tous ces paramètres additionnés font qu’actuellement sur Terre ce sont plus de 15.000 espèces animales qui sont vulnérables.

Pour prévenir l’extinction totale des animaux, des scientifiques brésiliens ont le projet de cloner 8 espèces en voie de disparition. L’idée de fond est de cloner et hybrider des espèces telles que le loup à crinière ou le jaguar pour atténuer la pression de ces animaux dans la nature. Beaucoup de scientifiques internationaux plébiscitent ce projet. « Alors que le clonage est un outil de dernier recours, il peut s'avérer utile pour certaines espèces », explique Ian Harrison, de l'Unité d'évaluation de la conservation internationale de la biodiversité (UICN) à Arlington, en Virginie. De même, Rhiannon Lloyd, de l'université de Portsmouth, au Royaume-Uni, soutient les Brésiliens : « La collecte de spécimens morts empêche les précieuses informations au sein de leurs cellules d'être perdues à jamais ».

Ces deux dernières années, les chercheurs de l’agence de recherche agroculturelle (Empraba) et du zoo de Brasilia, ont réuni des cellules somatiques et des spermatozoïdes de 8 espèces en voie de disparition. Parmi les heureux élus : le daguet gris, le bison, le coati, le singe lion-noir, le chien des buissons. Les scientifiques espèrent avoir l’autorisation du gouvernement rapidement, pour conduire des expériences sur les 420 échantillons déjà collectés, et commencer le clonage du loup à crinière d’ici un mois. 

Le couguar, le puma de l'est américain, s'est éteint l'année dernière. Le clonage pourrait-il le faire renaître ? © Ltshears - Trisha M Shears, Wikipédia, DP
Le couguar, le puma de l'est américain, s'est éteint l'année dernière. Le clonage pourrait-il le faire renaître ? © Ltshears - Trisha M Shears, Wikipédia, DP

Des animaux clonés pour la démonstration publique

Les animaux clonés, hybrides, ou élevés en captivité ont peu ou pas de valeur héréditaire, leur génome est pauvre. Ils pourraient donc affaiblir les espèces sauvages s’ils étaient mélangés. Les scientifiques stipulent que le but est l’élevage en captivité et la démonstration publique (en zoo) plutôt que le repeuplement des espèces sauvages« Le clonage est spécifique aux zoos. On ne souhaite pas que cela devienne une technique de conservation » explique Carlos Frederico Martins dans le Guardian. « L’idée est de tester la technologie du clonage pour que le zoo ait son propre répertoire d’animaux ce qui évitera d’en enlever de leurs milieux naturels. »

Le Brésil n’est pas le premier pays à tenter le clonage des animaux. Les scientifiques américains ont tenté de cloner le chat à pattes noires d’Afrique du Sud, des chercheurs indiens travaillent sur des buffles sauvages, les Chinois sur le panda géant et le Japon sur les baleines. Conçu pour fournir les zoos, ce projet est dénoncé par beaucoup : un marché noir d’animaux rares pourrait se développer et le projet se détournerait de son objectif premier, la conservation des espèces en voie de disparition. 


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