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Biographie de Yves Sacquin

Physicien expérimentateur

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Sa biographie

Y. Sacquin est physicien expérimentateur dans le Service de physique des particules de l’Irfu (Institut de recherches sur les lois fondamentales de l’Univers), au CEA-Saclay.

Ancien élève de l’Ecole polytechnique, il a soutenu sa thèse de doctorat en 1979 sur les interactions de neutrinos dans la grande chambre à bulles du Cern. Il a ensuite travaillé sur la détermination des fonctions de structure du proton et du neutron avec le faisceau de muons de haute énergie du Cern  (1979-1985), puis dans l’expérience Delphi au LEP (collisionneur électrons-positons du Cern), plus particulièrement sur le très grand détecteur gazeux  TPC (Time projection chamber) de cette expérience, de 1985 à 1999. De 1992 à 2004 il a travaillé sur le projet Antarès de détection des neutrinos cosmiques, installé au fond de la Méditerranée par 3000 m de fond au large de Toulon.

Il travaille actuellement dans le projet GBAR qui vise à fabriquer, au Cern, des atomes d’antihydrogène ultra-froids pour mesurer l’effet de la gravitation terrestre sur l’antimatière. Parallèlement à son travail scientifique, il s’est investi dans de nombreuses opérations de popularisation de la science, par des conférences, des écrits ou des interviews à la radio. Il a été Conseiller scientifique du directeur du Palais de la découverte en 2002-2003, et responsable de la communication de l’Irfu jusqu’en 2007. Il a participé au lancement des bars des sciences de la Société française de physique en 1997, et continue d’animer l’association ‘Bar des sciences Paris’, qui organise un rendez-vous mensuel. Il participe à l’organisation des rencontres « Physique et interrogations fondamentales » de la SFP et en a édité les actes. Il a également traduit deux livres de vulgarisation scientifique de Frank Close: Asymétrie : le cadeau du diable (EDP-sciences 2002), et Le Vide (EDP-sciences 2011). Il est également coauteur du site web de vulgarisation « La radioactivité ».

Son métier au quotidien

Le travail du chercheur est partout le même : lire des papiers de temps en temps, lancer des calculs assez souvent, tester, vérifier et imaginer comment l’appareillage fonctionne le plus souvent possible. Mais à cela s’ajoute, depuis quelques années, la rédaction fastidieuse de dossiers de demandes de financement, à l’ANR en France, mais aussi auprès des instances européennes, ou régionales voire départementales quand des appels à projets sont ouverts. Et cela tend à prendre de plus en plus de temps.

L’appareillage que notre équipe est en train de tester est une ligne de faisceau de positons, créés à l’aide d’un petit accélérateur, et que l’on guide jusqu’à un piège pour les stocker. Il y a bien sûr beaucoup d’électronique à assembler et tester, des détecteurs pour mesurer les particules, des bobines magnétiques pour les guider, autour d’un tube avec un vide poussé pour les conserver. Cela fait appel à de nombreux savoir-faire qu’il faut acquérir, souvent sur le tas, auprès de spécialistes.
Le travail sur cette source de positons s’insère dans le cadre plus global d’une expérience qui aura lieu au Cern, à Genève. Il a fallu rassembler des collaborateurs en Europe et dans le reste du monde (Japon, Pologne, Russie), au fil des rencontres dans les conférences ou au Cern. Cela implique de voyager plusieurs fois par ans, et des échanges parfois quotidiens avec des correspondants très lointains. Mais le but que l’on partage nous réunit et cette passion fait accepter les désagréments qui arrivent parfois. Il faut souvent présenter, devant les collaborateurs ou en conférence, l’avancement des travaux ou des résultats, et s’attendre à des questions dont on ne connait pas la réponse. Surtout, dire quand on ne sait pas ! C’est la base même de l’attitude scientifique, et cela permet d’engager la réflexion à laquelle tous les collègues se joignent alors.

Internet joue un grand rôle dans notre travail, et ce n’est pas par hasard si ce sont des physiciens du Cern qui ont inventé le Web. Le matin il faut trier les mails arrivés depuis la veille, et beaucoup de la documentation, articles se trouve sur Internet, que l’on alimente aussi régulièrement. Mais ce n’est qu’un outil, qui est disponible où que l’on soit, ce qui me permettait par exemple de suivre les tests techniques sur notre accélérateur, installé à Saclay, depuis le Japon, où je travaillais alors avec notre étudiant, en me connectant directement sur le superviseur de l’installation.

Il est tentant de dire que le chercheur ne passe jamais deux journées identiques. Mais la variété peut être lassante, par exemple quand on ne trouve pas ce qui cloche dans un appareillage. Passer des journées à faire des tests de toute nature sans trouver l’explication d’un dysfonctionnement n’a rien d’excitant, sauf quand on a trouvé. Mais on n’est jamais seul, on a toujours la ressource d’en discuter entre collègues, et ce travail d’équipe n’apparait pas quand on fait des rapports ou des articles. Pour moi c’est un aspect très important de la recherche expérimentale : même si les procédures sont connues, le travail bien identifié, les contacts dans l’équipe permettent toujours d’avancer un peu plus vite, car chacun à sa vision des choses et cela se complète. Et tous ont le même objectif : connaitre un peu mieux la Nature et ses secrets.

Sa dédicace

Bravo à Futura-Sciences pour cette approche de la science à la fois sérieuse et attrayante. La physique quantique est parfois aride, et les sources de vulgarisation difficiles à valider. Il est important qu’à côté des livres et revues de vulgarisation il y ait des sites Web fiables pour les relayer. Futura-sciences est de ceux-là.

Ses dossiers

  • Qu'est-ce que le vide ?

    L’existence du vide, admise par la physique classique, est remise en cause par la physique moderne. Alors, le vide existe-t-il ?