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Biographie de Jöel Savarino

Chimiste atmosphère - cryosphère

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Sa biographie

1 - Parcours

Aussi loin que ma mémoire me le permet, je crois avoir toujours été attiré par les phénomènes naturels passant aisément de l’observation d’un mécanisme ou d’organisme dans ma plus petite enfance à l’analyse des phènomènes naturelles durant ma formation scolaire et professionnelle. Lorsque je regarde en arrière, deux mots s’imposent à moi naturellement: curiosité et persévérense. Ces mots étant au final tellement liés à la démarche scientifique que soumis à ma première expérience de recherche en DEA j’ai immédiatement su que je ferai de la recherche mon métier. Plusieurs expériences professionnels dans le secteur industriel ont fini de me convincre défintivement. Cette sensibilité à l’observation de la nature et à son anlalyse m’a conduit à m’intéresser au système Terre. A la fois je pouvais satisfaire mes besoins de connaissance et y ajouter une dimension universaliste. Oui, je voulais faire de la science mais aussi donner un sens humaniste à mon activité et ainsi faire honneur à François Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Après avoir acquis les bases scientifiques de la physique-chimie, je me suis orienté vers la géophysique-géochimie.  Doctorat en poche, femme et enfant sous le bras, je suis parti aux Etats-Unis en contrat avec l’Université de Californie de San Diego pendant 6 ans où, de nouveau, un champ complet de connaissances et d’inconnus s’étendait devant moi. Sous la direction de mon mentor, Mark Thiemens, j’ai embrassé la chimie des isotopes stables avec devotion. Cette période, d’une richesse intense, faite de découvertes et de stimulations permanentes, de rencontres exceptionnelles sur un domaine en plein ébulition et dans un environnement scientifique unique au monde reste un moment d’exception. Si l’envie d’œuvrer pour mon pays d’origine et de lui rendre un peu de ce qu’il m’avait donnée, moi enfant d’ouvriers émigrés italiens, fruit de l’école républicaine, ne s’était manisfestée, je serais très probablement encore aux Etats-Unis aujourd’hui. Et pourtant il m’arrive de me demander si j’ai fait le bon choix …

2 - Domaine de compétences

Chimie des isotopes stables, chimie atmosphérique, climat, milieux polaires, spectrométrie de masse

3 - Formation

- Doctorat en Géophysique et Géochimie, Université de Grenoble I (1992-1996)
Direction:  M. LEGRAND
- Sujet: Chemistry study of the Greenland Eurocore ice core: Variations of biogenic emissions during the last millennium
Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (CNRS)

DEA  en Chimie environnementale (1991-1992)
Direction: C. Boutron
Projet: Seasonal variations of heavy metals content in a Greenland snow core.
Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (CNRS)

Licence-Maîtrise en Géophysique et Géochimie, Université de Strasbourg 1 (1990-1991)

Activité salariée, Hewlett-Packard (1989-1990)

IUT mesures physiques, Université de Grenoble 1 (1988-1989)

4 -  Expériences professionnelles

Chargé de recherche (2002-present) Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (CNRS, Grenoble).

Recruté en 2002 au CNRS, j’ai pour tâche de développer en France un nouvel outil d’analyse isotopique : les fractionnements isotopiques indépendants de la masse. A terme, ce nouvel outil nous apportera des informations de première importance sur la relation entre l’état chimique de l’atmosphère et les évolutions du climat. A ce jour, nous ne disposons d’aucun élément d’analyse capable de sonder cette relation. Ces études sur les fractionnements indépendants de la masse se situent donc à la pointe de la recherche sur le climat et la chimie isotopique. Ces études ouvrent désormais un champ d’applications particulièrement vaste, et sur des thèmes d’importance, qui vont de l’étude de la capacité oxydante de l’atmosphère à l’historique de l’ozone stratosphérique, en passant par les schémas de branchement préférentiel dans les voies d’oxydation des espèces soufrées dans l’atmosphère, ou encore le rôle respectif du transport et de la chimie dans le bilan stratosphérique de l’ozone. Ces études portent à la fois sur les cycles biogéochimiques de certaines espèces et sur leur chimie atmosphérique.

Chercheur associé (1998-2002)
Department of Chemistry and Biochemistry, University of California, San Diego
Supervision: Pr. M. H. Thiemens
Développement des recherches sur les fractionnements isotopiques indépendants de la masse. Encadrement d’étudiants. Différents projets NSF financés

Recherches post doctorales (1996-1998)
Department of Chemistry and Biochemistry, University of California, San Diego
Supervision: Pr M. H. Thiemens.
Etudes menées sur la chimie des isotopes stables et leurs applications, incluant les mesures isotopiques des constituants traces de l’atmosphère H2O2, N2O, O3, CO, CO2, pSO4, et HNO3 et sur des météorites martiennes (SNC).

DIRECTION DE LA RECHERCHE ET ACTVITES ASSOCIEES

- Encadrement de thèses et stagiaires

Direction de programmes de recherche nationaux et internationaux
Membre du comité d’évaluation des équipements mi-lourds INSU
Membre du bureau exécutif de la Société Française des Isotopes Stables
Membre de l’American Geophysical Union
Membre de l’European Geophysical Union

- Editeur associé

Critique pour différentes revues scientifiques
Membre de comités d’organisation de conférences internationales
Activités de vulgarisation (TV, radio, magazine, conférences grand public, fête de la science)
Auteur, co-auteur d’une trentaine d’articles scientifiques

Son métier au quotidien

Difficile de décrire une journée type tant la variété et la diversité des activités de recherche sont importantes. Malgré des difficultés grandissantes de financement de la recherche académique à but non lucratif et une gestion de plus en plus bureaucratique de celle-ci, il reste encore aux chercheurs des espaces de liberté et de créativité. Car c’est bien de cela que se nourrit la recherche. Une discussion avec un collègue à une conférence, la lecture d’une publication scientifique, une réflexion au cours du temps, la rencontre avec nos concitoyens et les étudiants, et hop un questionnement, une idée surgît que votre curiosité vous pousse à vouloir savoir, analyser, comprendre. Dès lors s’enclenche le processus de la démarche scientifique. On commence par parcourir les bases de données bibliographiques pour connaître l’état de l’art. Quelqu’un a-t-il déjà abordé cette question ? Comment l’a-t-il fait ? A-t-il abouti ? Pour quel résultats ? Si aucune de ces questions ne vous satisfait, vient alors le temps de la conception que se soit d’une expérience de laboratoire, d’un calcul, d’une expédition de terrain. L’activité dès lors se décuple, vous cherchez à cerner, à tordre, à confronter, opposer, concevoir, mesurer. Les données s’accumulent et vient le temps de la réflexion et de l’analyse. On interprète les données dans un contexte théorique que l’on n’hésite pas à bousculer si celui-ci est trop étroit voire à en créer un de toute pièce. Finalement, nos travaux sont soumis aux pairs qui décideront de la viabilité et de l’intérêt de nos recherches, les faisant vivre, se développer ou les reléguant définitivement aux rayons des constructions inutiles de l’esprit humain. C’est ce va-et-vient ininterrompu entre proposition, confrontation, réfutation, proposition qui est l’essence même de la démarche scientifique, rien de scientifique n’est immuable mais toujours en perpétuelle évolution, transformation. L’incertitude domine la science et ouvre un espace infini à l’imagination, la créativité et la réflexion. Elle éveille nos sens, permet de nous situer dans notre environnement et en retour donne du sens à nos actions, façonnant notre monde. Faire partager son savoir au plus grand nombre, participer à la vie et l’administration de la recherche complète ce métier passionnant qu’est la recherche. 

Bien sûr derrière ce tableau idyllique, le travail de chercheur cache aussi des facettes plus sombres comme la recherche permanente de crédits de recherche pour financer les salaires de nos étudiants, l’équipement et la maintenance de nos laboratoires, avec une tendance lourde de conséquence (voir aussi la description donnée par Stéphane Le Calvet sur ce même site). Aux contrats de recherche aux durées très limités (2 à 4 ans) viennent s’ajouter des moyens financiers souvent dérisoires et certainement pas à la hauteur des défis environnementaux qui se trouvent devant nous. Nous sommes ainsi soumis à une pression constante de recherche de crédits qui parfois me fait perdre le sens même du métier de chercheur et me donne l’impression de revêtir les habits d’un super VRP. L’espace de créativité se réduit alors considérablement au profit d’une bureaucratie aux règles comptables toujours plus bureaucratiques, s’auto alimentant comme seul moyen d’existence. La gestion de la recherche à 100% par contrats est une aberration contre nature. Appliquer les règles de l’économie de marché à l’activité de recherche est un non sens, amputant le chercheur de ces meilleurs armes : l’observation sur le long terme et la réflexion. Dans ses moments, il est alors grand temps de retourner à sa paillasse et de replonger dans l’univers des phénomènes naturels.

Sa dédicace

La variété des sujets abordés, l’ouverture vers des spécialistes sans être forcément des chercheurs, la présentation soignée, l’effort pédagogique de Futura-sciences m’ont convaincu d’y ajouter ma modeste contribution. Faire de la recherche un monde ouvert vers la société, à l’écoute de celle-ci reste un défi permanent. A l’heure où la désaffection des jeunes pour les sciences relève d’un paradoxe dans nos sociétés modernes, où les peurs voire les rejets de la science se font plus fort, il est important de maintenir un lien solide avec la société. La recherche n’a pas vocation à établir ce qui est bon ou mauvais. Elle met à disposition des sociétés son savoir, charge à ces dernières de les utiliser à bon escient. Il est donc absolument essentiel que les populations comprennent les enjeux, les causes et les conséquences des découvertes qui en découlent et qu’ils se forgent une opinion en connaissance de cause. Aucune connaissance n’est immuable, la Terre était ronde pendant la Grèce antique, elle était redevenue plate au moyen âge. Le savoir ne se conserve que s’il est partagé par le plus grand nombre, un petit groupe d’érudits ne pourra rien contre les forces toujours actives des obscurantistes de tout poil.

Ses dossiers

  • L’ozone au coeur de la chimie atmosphérique

    L'ozone est une molécule remarquable. Tout à la fois poison et protecteur de la de vie continentale,  cette molécule caractérise à elle seule toute la chimie atmosphérique. Fortement ...