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Biographie de Fritz Haber

(1868-12-09 - 1934-01-29)

Chimiste

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Principales découvertes

Il réalise la synthèse de l'ammoniac à partir de l'azote atmosphérique, premier jalon dans la fabrication des engrais azotés et donc dans la solution du problème de la fertilisation des sols.

Sa biographie

Fritz Haber naît le 9 décembre 1868 à Breslau dans une famille juive à Breslau (aujourd'hui Wroclaw), ville qui appartenait alors à la Prusse Après un doctorat de chimie organique en 1891, il embrasse la carrière académique. En 1892, il devient luthérien pour pouvoir postuler aux emplois réservés aux chrétiens dans la fonction publique. A cette période, il débute une activité féconde en chimie : il élucide la réduction du nitrobenzène dans une cellule électrochimique, explique l'équilibre quinone-hydroquinone, invente avec Max Cremer l'électrode de verre pour mesurer le pH et publie plusieurs travaux révolutionnaires pour la recherche et l'enseignement de la thermodynamique.

Dessin de Fritz Haber, réalisé en 1911 par W. Luntz. © Chemical Heritage Foundation Collections.
Dessin de Fritz Haber, réalisé en 1911 par W. Luntz. © Chemical Heritage Foundation Collections.

En 1904, il réalise la synthèse de l'ammoniac à partir de l'azote atmosphérique, premier jalon dans la fabrication des engrais azotés et donc dans la solution du problème de la fertilisation des sols. Son procédé qui permet actuellement de nourrir au moins deux milliards d'individus dans le monde a été amélioré par Carl Bosch (1874-1940, prix Nobel de chimie 1931) et se dénomme « procédé Haber-Bosch ».

En 1911, Fritz Haber devient directeur le l'Institut Kaiser Wilhelm de Physico-chimie et d'Électrochimie. Pendant la première guerre mondiale, il coordonne la première opération de gazage à Langermarck (en avril 1915) et centralise la recherche et la production allemande d'armes chimiques. A la fin du conflit, il va être recherché comme criminel de guerre en raison de son implication personnelle dans les gazages. Comble de l'ironie, il est alors en train de se faire distinguer par le Prix Nobel de chimie relatif à l'année 1918. Cependant, les Alliés cessent rapidement les poursuites et il peut donc reprendre ses activités : Haber va alors diriger le plus important centre de recherches en chimie de l'Allemagne (et probablement du monde). En prétextant de combattre les nuisibles des silos (rats et insectes), il continue a produire clandestinement des gaz vénéneux pour éviter que l'Allemagne ne soit devancée sur ce terrain par les autres puissances. C'est alors que son équipe met au point le funeste Zyklon B, employé bien après sa mort dans les camps d'extermination nazi de la Deuxième guerre mondiale.

En 1933, dans le but d'« arianiser » l'administration, Hitler exige la démission des Juifs. Dans un premier temps, Haber est épargné par la mesure, mais doit renvoyer ses subordonnés juifs, qu'ils soient baptisés ou pas. Haber refuse et démissionne de ses fonctions. Il décèdera quelques mois après, le 29 janvier 1934 .