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Biographie de Bernard Valeur

Physicochimiste

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Sa biographie

Bernard Valeur est Professeur émérite au Conservatoire National des Arts et Métiers et chercheur de l'unité mixte de recherche CNRS/ENS-Cachan, Photophysique et Photochimie Supramoléculaires et Macromoléculaires.

- Diplômes

1968 Diplôme d’ingénieur de l'École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de Paris (ESPCI) (Major de promotion).
1970 Doctorat de 3ème cycle - Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris. 1975 Doctorat d’état ès-Sciences Physiques - Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris.

- Fonctions

• Fonctions principales

1969-70 Assistant du Professeur G. Champetier, à l'E.S.P.C.I.
1970-79 Maître-Assistant au Laboratoire de Physicochimie structurale et macromoléculaire de l'ESPCI (Pr. L. Monnerie)
1979-2008 Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), titulaire de la Chaire de chimie générale dans ses rapports avec l'industrie (promu à la classe exceptionnelle en 1997)
2008- Professeur émérite du CNAM

• Autres fonctions

1975-76 Chercheur associé, School of Chemical Sciences, University of Illinois, Department of Chemistry and Biochemistry, Urbana-Champaign, Illinois, U.S.A. (Pr. G. Weber)
1987-88 Président du Département de Chimie-Électrochimie-Biologie du CNAM
1989-94 Directeur de l'unité de recherche associée au CNRS Physico-chimie organique appliquée (URA 1103)
1990-93 Vice-Président de la Commission de la recherche scientifique du CNAM
1995-2000 Membre élu du Comité National de la Recherche Scientifique (section 17 : molécules: structures et interactions)
1994-2007 Administrateur de la Société Française de Photobiologie
1996-2008 Administrateur de l'ARCOM (Association pour la Recherche sur les Collections de Musées)
1999-2008 Consultant auprès de la société Horiba–Jobin-Yvon
2011- Administrateur du Centre Français de la Couleur

Participations à des instances internationales

• Membre du Permanent steering committee de l’International Conference on Methods and Applications of Fluorescence (MAF) qui a lieu tous les deux ans (1995-2008). Organisateur et chairman de la 6e conférence à Paris en 1999.
• Participation aux travaux de la sous-commission Photochemistry de l'IUPAC (International Union of Pure and Applied Chemistry) : contribution à la rédaction du Glossary of terms used in Photochemistry (2007).
• Participation au projet de l'IUPAC - Reference Methods, Standards and Applications of Photoluminescence (2005-2011).

Participation à des comités éditoriaux de revues scientifiques internationales

• Journal of Fluorescence (Plenum Publishing Co.) (1995-1998 et depuis 2002-2010).
• Journal of Photochemistry and Photobiology A: Chemistry (Elsevier) (depuis 2004-2013).
• ChemPhysChem. A European Journal of Chemical Physics and Physical Chemistry (Wiley-VCH) (depuis 2004).

Publication d’articles Nombre total : > 170 dont
• 138 articles dans des revues avec comité de lecture
• 12 articles dans des proceedings de colloques avec comité de lecture
• 12 chapitres de livres ou traités (sur invitation)

Publication de livres

• Auteur de :

- Molecular Fluorescence. Principles and Applications, Wiley-VCH, 2002 (2ème édition 2012)
- Invitation à la fluorescence moléculaire, De Boeck, 2004
- Lumière et luminescence. Ces phénomènes lumineux qui nous entourent, Belin, 2005
- Sons et lumière, Belin, 2008 (nominé au Prix Roberval 2010)
- La couleur dans tous ses éclats, Belin, 2011 (Prix « Le goût des sciences » 2011, prix Prisme 2012, prix Roberval 2013)

• Co-auteur de :

- Matière et matériaux. De quoi est fait le monde ?, Belin, 2010 (sous l’égide de l’Académie des Sciences) (avec E. Guyon (Dir.), A. Pedregosa, R. Poss, D. Rojat, B. Salviat, J.-C. Tolédano, T. Widemann)  (Prix Roberval 2011)
- La chimie et l’art. Le Génie au service de l’homme, EDP-sciences, 2010 (avec C. Amatore, A. Bocquillon, S. Descamps, R.A. Jacquesy, K. Janssens, J.C. Lehmann, M. Menu, M. Thébault, Ph. Walter)
- Lumière sur la couleur, Éditions de Monza, 2010 (avec C. Caumon, J. Le Rohellec, A. Mollard-Desfour, P. Saez-Lacaze, C. Vadon, A. Varichon)

• Éditeur (avec J.-C. Brochon) de :

- New Trends in Fluorescence Spectroscopy. Applications to Chemical and Life Sciences, Springer Verlag, 2001.

Appartenance à des sociétés scientifiques

• Société Chimique de France
• Société Française de Physique
• Groupe Français de Photochimie, Photophysique et Photosciences
• Centre Français de la Couleur (Administrateur)
• European Photochemistry Association
• International Union of Pure and Applied Chemistry (Fellow)

Distinctions

Distinctions
• Médaille d'argent de la Ville de Paris (1988)
• Médaille de vermeil de la Société d'Encouragement au Progrès (1990)
• Chevalier dans l’ordre des palmes académiques (2006)
• Fellow de l’International Union of Pure and Applied Chemistry (2011)
• Lauréat du Prix « Le goût des sciences » du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (2011)
• Co-lauréat du prix Roberval Grand Public (2011)
• Lauréat du prix « Gregorio Weber Award for Excellence in Fluorescence Theory and Applications » (USA) (2012)
• Lauréat du prix Prisme 2012 décerné par l’Académie de la Couleur
• Lauréat du prix Roberval 2013

Son métier au quotidien

Peut-on parler d’une journée type pour un enseignant-chercheur en général ? J’en doute, mais en tout cas, pas au Conservatoire des arts et métiers. Dans le cadre des trois missions que doit mener un professeur du CNAM – enseignement, recherche, diffusion de la culture scientifique et technique – les tâches à accomplir sont en effet d’une grande diversité, et leur importance relative varie considérablement selon les jours et les semaines. Il s’agit donc en fait de parler de son métier.

Commençons par l’enseignement. La formation supérieure professionnelle, tout au long de la vie, est l’objectif de l’enseignement dispensé par le CNAM dans plus de 150 villes en France et à l’étranger. « Omnes docet ubique », telle est la devise de ce grand établissement, qui signifie « enseigner à tous et partout ». Devant les élèves engagés pour la plupart dans la vie professionnelle, il faut dispenser un enseignement concret où la compréhension des phénomènes passe avant les développements théoriques émaillés d’équations. J’ai donc toujours apporté un grand soin à la préparation de mes cours de physicochimie en les illustrant au maximum d’exemples concrets, souvent pris dans les procédés industriels, les sciences de la vie et même la vie quotidienne.

La liberté de pouvoir créer au CNAM de nouveaux cours pour répondre aux besoins spécifiques de filières professionnelles (comme je l’ai fait par exemple avec Physicochimie des phénomènes interfaciaux et Physicochimie appliquée aux processus biologiques) est une grande chance et une source de satisfaction. Créer un nouveau cours, c’est aussi l’occasion de compléter ses propres connaissances en appliquant à soi-même le principe de la formation tout au long de la vie.

Quant à mon activité de recherche, elle relève de l’étude des interactions entre la lumière et les molécules (photophysique et photochimie). Conjuguant les études fondamentales à la mise au point de dispositifs photoactifs, c’est-à-dire possédant des propriétés spécifiques utiles, induites par la lumière, j’ai privilégié des systèmes capables d’émettre de la fluorescence. A titre d’exemple, je citerai la mise au point de senseurs fluorescents pour la détection sélective d’ions d’intérêt biologique (sodium, calcium, potassium) ou d’ions toxiques dans l’environnement (plomb, mercure, cadmium), le relargage d’ions déclenché par la lumière en vue d’étudier la réponse de systèmes biologiques à un saut de concentration de calcium, les navettes moléculaires entièrement pilotées par la lumière pour le stockage de données et le calcul logique binaire à l’échelle nanométrique.

Pas de journée type pour mener cette activité de recherche. Les discussions sur les travaux en cours, la bibliographie, la rédaction d’articles, etc. interviennent selon les besoins du moment. Je dois ajouter que mes sujets de recherche en cours sont une préoccupation constante : ils m’habitent en permanence et mûrissent parfois de façon inconsciente... même pendant mon sommeil ! Kékulé n’a-t-il pas conçu la structure cyclique du benzène en rêvant d’un serpent qui se mordait la queue... !

Le plaisir de la recherche, c’est aussi communiquer avec les collaborateurs bien sûr (avec une attention particulière aux plus jeunes car assurer leur formation est un devoir du chercheur), mais aussi les collègues français et étrangers à l’occasion notamment de séminaires et de colloques.

« Petite » ombre au tableau : le travail administratif dévoreur de temps et d’énergie. Que de rapports à rédiger (rapports d’activités, rapports de fin de contrat, réponse à des appels d’offres des organismes de recherche, rapports sur des candidatures, rapports de thèse, évaluation d’articles envoyés par des éditeurs, évaluation de projets de recherche à la demande d’organismes, etc.) ! Et il faut ajouter la gestion financière et la gestion du personnel.

L’activité de diffusion de la culture scientifique et technique passe malheureusement après, faute de temps. Le manque de considération de cette activité par l’instance d’évaluation des enseignants-chercheurs (le Conseil national des universités) est regrettable. J’y attache néanmoins une grande importance tout en avouant ne m’y être réellement consacré qu’après avoir passé le relais de mes fonctions de directeur de laboratoire. La rédaction d’ouvrages de vulgarisation, les conférences grand public, la participation à des fêtes de la science et autres bars des sciences... sont autant de tâches qui exigent beaucoup de temps. Mais en retour, quelle satisfaction d’avoir pu aider le grand public, et les jeunes en particulier, à comprendre le monde qui nous entoure et les avancées de la science pour une prise de conscience objective et raisonnée des grands enjeux de notre société !

Ainsi les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Aucune monotonie donc dans ce métier passionnant ! Parfois un sentiment de frustration de n’avoir pas pu mener aussi loin que je l’aurais voulu mes trois missions, mais mes semaines de travail n’ont que ... 60 heures ! pendant lesquelles c’est une joie permanente de découvrir des choses nouvelles, de découvrir les autres... et de se découvrir soi-même !

Sa dédicace

La science n’est pas seulement savoir comme l’indique son étymologie, c’est surtout comprendre. Ceux qui la pratiquent se doivent d’expliquer ses avancées au citoyen pour lui offrir une vision la plus objective possible et lui permettre ainsi de se forger sa propre opinion, par exemple sur des sujets sensibles tels que l’énergie nucléaire, les nanotechnologies, les OGM, etc.

En outre, donner le goût des sciences aux jeunes et susciter ainsi des vocations est essentiel car l’avenir de notre pays repose pour une bonne part sur sa capacité à former des scientifiques pour relever les défis de l’avenir.

Le site Futura-sciences contribue efficacement à ces objectifs en donnant de façon conviviale accès à la culture scientifique et technique au plus grand nombre et en facilitant les échanges.

Ses dossiers

  • La luminescence dans tous ses états
  • Sons et couleurs : de la science à l'art
  • La couleur dans tous ses éclats