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La couleur et ses mystères

Nous vivons dans un monde en couleurs. La nature et le vivant nous émerveillent par la variété des effets colorés qu'ils offrent. L'art s'est inspiré de la couleur, tout comme la mode et le marketing. La couleur, si elle nous apparaît toujours comme naturelle, est devenue un enjeu économique.

Page 6 / 18 - Les colorants minéraux : azurite, lapis-lazuli, terre d'ombre… Sommaire
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Claire König Enseignante Sciences Naturelles

Parmi les colorants minéraux, figurent notamment l'azurite, le lapis-lazuli, la malachite et le réalgar. Les terres colorantes en font également partie comme les ocres, les terres d'ombre et le vert de Vérone.

Découvrez ci-dessous une liste de colorants minéraux.

- Azurite.

Azurite. © Albert Russ, Shutterstock
Azurite. © Albert Russ, Shutterstock

- Carbonate basique de cuivre bleu : le pigment est d'un bleu tirant un peu sur le vert. Connu des Égyptiens. Cette couleur tend à devenir verte dans le temps car l'azurite peut se transformer en un produit proche de la malachite à la longue. Ces deux pierres sont d’ailleurs extraites des mêmes mines.

Azurite Clinotyrolite. © Lou Perloff Webmineral.com
Azurite Clinotyrolite. © Lou Perloff Webmineral.com

- Blanc de titane TiO2 : c'est incontestablement le colorant le plus utilisé avec une production mondiale de plus de 2 millions de tonnes par an. Il représente sur le marché 60 % de tous les colorants. L’oxyde de titane finement divisé diffuse la lumière encore mieux que le brouillard !

Les cristaux sont transparents mais n’absorbent pratiquement rien de la lumière visible. Dans les peintures blanches, il est finement divisé à 0,2 ou 0,3 mm, son indice de réfraction est de 2.6 et le liant utilisé pour obtenir un effet « blanc » maximum a un indice de 1.4. Cette grande différence entre les indices de réfraction augmente l’effet par mélange de deux composés transparents d’indices très différents, d’où un blanc éclatant !

- Céruse ou blanc de plomb : très toxique.

Le lapis-lazuli, la malachite et le réalgar

- Chrysocolle : CuSiO3 * nH2O + Cu2CO3(OH)2 + CuCO3(OH)2. Mélange amorphe de silicate de cuivre et de silice hydratée contenant des impuretés comme l'alumine et divers autres oxydes. Du grec chrysos et Kolla qui signifient or et colle, car les anciens s'en servaient pour souder l'or. Tend vers le vert ou le bleu : pierre d'Arizona ou Inca de oro du Chili.

- Cinabre.

- Sulfure de mercure : toxique. Pigment rouge. Utilisé depuis le IVe siècle av. J.-C. par les Grecs. Les mines sont situées principalement en Chine, en Espagne et en Italie.

- Jaune de Naples : Pb(SbO3)2. Fabriqué à partir de plomb, d'oxyde d'antimoine et de sulfate de chaux. Très toxique. On le trouvait en Mésopotamie et en Egypte vers 2.500 avant notre ère, bien avant son exploitation napolitaine, vers le XVIe-XVIIe siècle.

- Lapis lazuli.

- Alumino-silicate de sodium. Connu depuis le IIIe millénaire av. J.-C. Le plus beau bleu et le plus cher aussi. Provient principalement d'Afghanistan et du Tadjikistan. Stable à la lumière.

Couleur des émaux. © DR
Couleur des émaux. © DR

Les émaux font partie des techniques du verre, nous y reviendrons probablement dans un futur dossier mais vous pouvez, en attendant, vous référer au dossier Au cœur de la silice.... du silex au wafer.

- Malachite : carbonate basique de cuivre vert de composition identique à celle de l'azurite. Le plus ancien des verts, très stable.

Malachite Devilline. © Lou Perloff Webmineral.com
Malachite Devilline. © Lou Perloff Webmineral.com

- Massicot : monoxyde de plomb comme l'ancien litharge ? On ne connaît pas l'histoire de ce pigment jaune d'or, toxique, dont les recettes se sont perdues. Le mot italien giallorino (de Fiandra) semble le plus ancien connu.

- Minium : C’est une céruse (carbonate de plomb) vivement brûlée (480°) afin de lui ôter son carbone. Très toxique. Rouge.

Minium. © John Betts Webmineral.com
Minium. © John Betts Webmineral.com

- Orpiment : Trisulfure d'arsenic, toxique donc ! couleur jaune. Utilisé depuis l'Antiquité.

- Oxydes de fer naturels ou de synthèse : ils représentent un marché de 500.000 tonnes par an. Les couleurs obtenues vont du jaune au noir (voir paragraphe sur les ocres).

- Réalgar.

- Bisulfure d'arsenic : très toxique et de couleur rouge-orangé.

Realgar Duranusite. © Webmineral.com
Realgar Duranusite. © Webmineral.com

- Vert de gris : (CH2O-Cu). Hydrocabonate de cuivre vert, obtenu naturellement à l'air humide, ou en laissant tremper de la limaille de cuivre dans du vinaigre, additionné parfois d'huile. Très corrosif, on peut le tempérer avec de la résine de pin et de bitume.

Couleurs de la Préhistoire. © DR
Couleurs de la Préhistoire. © DR

Les terres colorantes : ocre, terre d'ombre et vert de Vérone

Les terres colorantes proviennent de très nombreux sites de par le monde. Découvrez ci-dessous une liste.

- Les ocres : pour la France il s’agit du Roussillon et de la Puysaie. Mélange d'oxyde de fer, d'argile et de sable de quartz. L'oxyde contenu dans l'ocre est naturellement jaune (goethite) ou rouge (hématite). (Voir notre dossier Le fer tombe le masque). Si on chauffe de l'ocre jaune, elle devient rouge. Utilisées depuis la Préhistoire par les peintres du monde entier. La gamme des teintes : du brun au jaune clair, du pourpre, du rouge et de l'orangé. Matière très résistante à la lumière et très stable. (Voir la page 8 de ce dossier consacré à l’ocre et notre dossier Région PACA : les ocres).

- Les terres d'ombre : de même composition que les ocres mais elles contiennent, en plus, de l'oxyde de manganèse. On les calcine pour avoir un brun plus sombre : la terre d'ombre brûlée.

Terre d’ombre brûlée. © DR
Terre d’ombre brûlée. © DR

- La terre de Sienne : de même composition et de mêmes teintes – en gros – que les ocres. Elle provient de Toscane. Très utilisée en peinture a tempera. Comme la détrempe, dont elle est à peu près synonyme, la tempera désigne toute peinture dont le diluant est l'eau – le liant peut être une gomme, une colle, du jaune d'œuf, de la caséine, etc. –, mais plus spécialement les peintures anciennes, notoirement la détrempe à l'œuf.

Les terres de Sienne posent un problème en peinture à l'huile : testées et comparées à d'autres pigments, les Sienne battent tous les records d'absorption. Les belles maisons de Toscane sont couvertes d’un enduit magnifique contenant de la terre de Sienne.

Vert de Vérone. © DR
Vert de Vérone. © DR

- Vert de Vérone ou terre verte : c'est une argile peu couvrante contenant du protoxyde de fer, comme la glauconite, la céladonite ou la chlorite et souvent associées à différents métaux oxydés : le fer, le magnésium (magnésie), le manganèse, etc. Aucun problème dans les mélanges. Elle était surtout utilisée pour les carnations, mélangée avec de l'eau, de la gomme ou de la caséine. La terre verte était prisée des Romains.

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