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La couleur et ses mystères

Nous vivons dans un monde en couleurs : l'art, la mode, le marketing... La couleur, qui apparaît comme naturelle, est un enjeu économique (développement de matériaux et de produits) et s'accompagne de recherches importantes.

Page 5 / 16 - Les colorants de synthèse Sommaire
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Claire König Enseignante Sciences Naturelles

En guise d’introduction à un développement sur les colorants naturels, regardons ce qui se passe actuellement, très rapidement, ceci pourrait naturellement faire l’objet de plusieurs dossiers.

En 1856, William Perkin (futur Perkin Elmer !) fit une découverte : alors qu'il tentait de synthétiser la quinine, ce jeune chimiste anglais, assistant du professeur August Wilhelm von Hofmann (futur Hofmann la Roche !), obtint, en oxydant de l'aniline impure avec du bichromate, un colorant mauve, la mauvéine, soluble dans l'eau et l'alcool, avec lequel il fut possible de teindre la soie.

Formule de mauvéine
Formule de mauvéine

Ce premier succès encouragea les chercheurs, mais à l'époque, on ne connaissait pas la formule des produits, et les essais ne pouvaient être réalisés qu'au hasard. On vit ainsi apparaître d'autres colorants d'aniline, comme la fuschine, découverte en 1858 par François Emmanuel Vergues. Ces découvertes sont liées à des développements de la chimie des dérivés de la pyrogénation de la houille. De même, les travaux d'August Kekulé von Stradonitz sur la quadrivalence du carbone et sur le benzène.

Molécule de fuchsine
Molécule de fuchsine

Ces travaux vont révolutionner la chimie aromatique et permettre à la synthèse des colorants des progrès prodigieux. La tendance fut désormais de réaliser la synthèse de colorants dont la formule avait été déterminée par l'analyse.

Des résultats spectaculaires furent la synthèse de l'alizarine pour la garance (Graebe et Liebermann, 1868, voir paragraphe sur la garance, dans ce dossier) La production de l'alizarine, de 40 tonnes en 1870, passa à 9500 tonnes en 1879ce qui  conduisit à la disparition de la culture de la garance.

Et, plus tard, vint celle de l'indigotine (Heumann, 1890). Les recherches qui aboutirent à la synthèse de l'indigo furent à l'origine d'un grand nombre de découvertes : fabrication de l'anhydride sulfurique, de l'acide sulfurique, de formaldéhyde, de l'éthylène, de l'ammoniac, du chlore, etc. Par la suite, une multitude de nouveaux colorants est apparue comme les colorants au soufre (Vidal, 1893), des colorants anthraquinoniques (Bohn, 1901) et des phtalocyanines (1936).

Formule de phtalocyanine
Formule de phtalocyanine

Image de la synthèse « simple » d’une molécule « compliquée »  La phtalocyanine, typique de la démarche actuelle qui utilise la chimie organique un peu comme un mécano !

Le problème de la teinture des fibres hydrophobes fut résolu avec la découverte des colorants dispersés. La période qui suivit la guerre est caractérisée pas le développement des pigments et des colorants réactifs (en 1951 sur la laine et en 1956 sur le coton). Le cas des colorants réactifs est particulier, car la recherche ne s'est pas portée sur la synthèse d'une nouvelle molécule colorée, mais sur l’étude des mécanismes d'interaction entre le colorant et la fibre.

Document tiré du site : huseyin.kilic.free.fr

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