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La physique retrouvera-t-elle la fresque perdue de Léonard de Vinci ?

C’est peut-être le début de la fin pour l’énigme de la fresque perdue de Léonard de Vinci : La Bataille d’Anghiari. Laser, caméra infrarouge et faisceaux de neutrons vont être utilisés par Maurizio Seracini et ses collègues de l’Université de San Diego pour voir si elle ne se trouve pas en fait derrière un mur du Palazzo Vecchio, à Florence.

Un détail de la fresque de Vasari avec le fameux "cerce trova" indiquant peut-être la fresque perdue de Léonard

Un détail de la fresque de Vasari avec le fameux "cerce trova" indiquant peut-être la fresque perdue de Léonard

La physique retrouvera-t-elle la fresque perdue de Léonard de Vinci ? - 4 Photos

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La Bataille d’Anghiari est l’une des œuvres mythiques de Léonard de Vinci. Il s’agissait d’une célébration de la victoire de Florence contre Milan, en 1440, qui avait été commandée à Léonard en 1504 par Piero Soderini , haut dignitaire de la République de Florence, en même temps que celle de la Bataille de Cascina à Michel-Ange, au début du 16 ième siècle. Les deux artistes géniaux, qui se détestaient, étaient en compétition dans la Salle des 500, une des salles principales du Palazzo Vecchio où se réunissaient les notables de Florence. 

Une copie de La bataille d'Anghiari, Cliquez pour agrandir (Crédit : musée du Louvre).
Une copie de La bataille d'Anghiari, Cliquez pour agrandir (Crédit : musée du Louvre).

Selon la légende, en voulant tester une nouvelle technique pour la fresque murale, et en cherchant à accélérer son séchage, Léonard ne fit que délabrer l’œuvre qu’il avait débutée. Il quitta ensuite Florence en 1506, laissant son œuvre inachevée. Quelques années plus tard, Giorgio Vasari, un des grands admirateurs de Léonard et l’auteur d’un ouvrage célèbre sur l’histoire des artistes de la renaissance, fut appelé à son tour pour illustrer une bataille, celle de Marciano.

L’œuvre à la gloire des Médicis existe toujours mais, depuis quelques années, on se demande si Vasari, comme il l’a déjà fait pour d’autres peintres, n’aurait pas protégé ce qui restait de la fresque de Léonard par un mur de briques. On sait en effet que la fresque était considérée comme un très grand chef-d’œuvre de Léonard par ses contemporains, à l’égal de la Cène, et quelques copies, dont celle de Rubens, ont été réalisées. Or, à strictement parler, personne ne sait avec certitude, non seulement si la fresque a bien été abîmée par Léonard avec des poêles, ni même si elle a été détruite par Vasari pour permettre la réalisation de sa commande.

Une étrange inscription

L’intérêt pour cette question s’est ravivé lorsque Maurizio Seracini, un ingénieur italien bien connu pour l’application des techniques de la physique à l’analyse des œuvres d’arts, notamment des peintures, en examinant de près la fresque de Vasari a trouvé une curieuse inscription en italien : « Cerca, trova ». Ce qui veut peut vouloir dire « cherche et tu trouveras ».

Maurizio Seracini en pleine action sur une fresque (Crédit : Laila Pozzo).
Maurizio Seracini en pleine action sur une fresque (Crédit : Laila Pozzo).

Maurizio Seracini dans la Salle des 500 examine la fresque de Vasari (Crédit : Laila Pozzo).
Maurizio Seracini dans la Salle des 500 examine la fresque de Vasari (Crédit : Laila Pozzo).

Il s’en est suivi différentes études, dans les archives et au moyen de caméra infrarouge, de radar et de rayons X, conduisant à soupçonner la présence derrière le mur portant la fresque de Vasari d’une double paroi séparée de la première. Vasari, ne pouvant se réduire à détruire l’œuvre de celui qu’il admirait tant, aurait trompé les Médicis en conservant la fresque de Léonard pour la postérité.

Pour savoir si cette hypothèse est exacte, le moyen le plus simple serait bien sûr de déposer la fresque de Vasari. Cette décision ne peut bien évidemment pas être prise à la légère et l’on en était resté là.

Récemment, des restes des briques ayant conduit à la fabrication du mur de la Salle des 500 portant la fresque de Vasari ont été trouvés dans les réserves du Palazzo Vecchio. ils sont actuellement en cours d’analyse fine à San Diego.

Dans quelques mois, la fresque sera à nouveau scannée au laser, en infra-rouge et une meilleure connaissance de la composition du mur et des pigments de la fresque devrait permettre une reconstruction fine, en 3 dimensions, de l’ensemble. Si l’image d’une cavité devient plus nette, alors un faisceau de neutrons sera même employé pour répondre à la question cruciale : « Peut-on prendre le risque d’abîmer la fresque de Vasari pour partir à la recherche de la fresque perdue de Léonard ? »

Espérons qu’après trente ans de travail, Maurizio Seracini sera mondialement célèbre pour une autre raison que d’être explicitement mis en scène dans l’ouvrage de Dan Brown, le « Da Vinci code ».


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