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Humidité de la maison : lutter contre les remontées capillaires

L'humidité dans la maison peut rendre insalubre l'habitation. Il est important de connaître les causes des remontées capillaires et les moyens de lutter contre cette humidité ascensionnelle.

Page 8 / 10 - Le drainage périphérique de la maison pour évacuer les eaux souterraines Sommaire
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Le drainage a pour fonction de recueillir les eaux souterraines et de les évacuer avant qu’elles n’atteignent les fondations. Sa mise en œuvre obéit à des règles précises.

Dans le résidentiel, on utilise des drains en terre cuite, en béton poreux ou en PVC rigide perforé. À distinguer du drain agricole en PVC souple, inadapté au drainage des bâtiments. Le diamètre du tuyau se détermine en fonction de la quantité d’eau à évacuer. En maison individuelle, il est au minimum de 100 mm. Le drainage doit respecter une pente d’écoulement de 3 à 10 mm par mètre, du point le plus haut au point le plus bas du parcours. Les eaux collectées sont ensuite dirigées vers un exutoire : collecteur d’égout, puisard ou épandage souterrain.

 
Drainage périphérique : le DTU 20.1 recommande l’installation d’un regard de visite à chaque changement important de direction du drain. © Point P

Installation du drainage de la maison 

L’emplacement du drainage dépend de la configuration de la maison et de ses abords, ainsi que de la nature du sous-sol. Dans les conditions courantes, le drain s’installe le long des fondations : sur la semelle ou à côté. Les règles de construction interdisent de le situer plus bas. Faire courir le drain sur le rebord de la semelle évite les risques d’affouillement. S’il ne peut être placé qu’à côté de la semelle, il doit reposer sur un lit de béton maigre établi suivant la pente d’écoulement. Des dispositions particulières sont prévues, notamment, lorsqu’un ouvrage maçonné (terrasse, trottoir…) borde la maison. Le drain est alors éloigné des murs, à une distance de 2 m environ. Cette solution présente l’avantage de protéger les fondations contre d’éventuels mouvements du terrain. Elle peut être utilisée en l’absence de bordure maçonnée quand la maison est édifiée sur un sol perméable, soumis essentiellement aux eaux de ruissellement. Le terrain, qui gonfle et se rétracte de façon périodique, déstabilise les fondations jusqu’à entraîner des tassements. Il appartient au maître d’œuvre de décider de l’emplacement du drainage et de la marche à suivre.

 
Principe du drainage pour évacuer les eaux souterraines. © Agence Qualité Construction

La technique du drainage

La technique traditionnelle consiste à recouvrir le drain de plusieurs couches de granulats de finesse croissante, du bas vers le haut. D’abord un enrobage de cailloux de granulométrie 20/40 ou 30/60, suivi d’une couche de gravier 10/20 et d’une autre de gravillons 5/15. Le tout est recouvert par une épaisseur de sable 0/3 et de la terre de remblai perméable. Certains intervenants placent la terre avant le sable, solution défendue par l’Agence Qualité Construction, d’autres font l’inverse sans pour autant affecter la qualité du drainage. En terrain à grains fins (argileux, limoneux, sablonneux), le drain doit être protégé du colmatage par un géotextile. Cet intissé laisse passer l’eau mais intercepte les particules susceptibles d’obturer le tuyau. Pour une protection efficace, il est conseillé d’envelopper ensemble le drain et son enrobage de cailloux.

Dans les conditions d’usage validées par avis technique, les nappes de renfort présentent un double avantage. D’une part, en dirigeant les eaux vers le bas, elles favorisent leur récupération par le drain. D’autre part, la poussée des remblais est mieux répartie qu’avec les membranes auto-adhésives ou thermofusibles, ce qui permet de reboucher la tranchée avec les produits de l’excavation. Au préalable, le drain est enrobé de cailloux et les déblais débarrassés des déchets végétaux ou autres qu’ils contiennent.

 
En terrain humide exerçant une forte poussée, la nappe filtrante permet d’augmenter la capacité de drainage. Elle se compose d’une nappe alvéolaire aux performances améliorées, recouverte d’une membrane géotextile. © Delta-MS Drain, doerken.fr

Le drain doit reposer sur une couche de granulat de 5 à 10 cm d’épaisseur et en être recouvert de 20 cm au moins. Il faut vérifier la pente d’écoulement tout au long du parcours et, si besoin, la rectifier en ajoutant ou retirant du gravier sous le tuyau. Deux nouveaux types de drains proposent de supprimer ces contraintes d’enrobage. L’un (ClipsenÒ), validé par avis technique du CSTB, se compose de blocs en polystyrène expansé, perforés et traversés par un collecteur. Un géotextile entoure les modules, qui s’emboîtent grâce à des manchons en PVC. L’autre système (Bâti Fibre CR4) est constitué d’un tube perforé, gainé de fibres recyclées. Les fibres protègent le tube du colmatage en assurant une filtration de l’ordre de 400 à 500 microns. Les deux procédés permettent de combler directement la tranchée avec la terre de déblais. Il semblerait toutefois que le second ait été mis sur le marché sans avis technique. Sa conformité aux exigences réglementaires est donc sujette à caution… 

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