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Isolation écologique, les bons critères

Les particuliers sont de plus en plus soucieux des matériaux qui sont posés dans leur habitat. De nombreuses questions les préoccupent : l’isolant doit avoir un faible impact environnemental, une innocuité parfaite à la pose, ne pas dégrader la qualité de l’air tout en gardant toutes les qualités de performance, de résistance au feu, à l’humidité et aux parasites.

Page 2 / 6 - Les sept critères de l’isolation écologique Sommaire
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Qu'est-ce que l'isolation écologique ? Pour la définir, il n'est pas uniquement question de matériaux ou de normes mais aussi de comportements.

Trois experts ont été interrogés sur leur définition de l’isolation écologique :

  • Olivier Sidler du cabinet Enertech, spécialisé dans l’énergétique appliquée au bâtiment ;
  • Laurent Chanussot, de l’agence Rhônalpénergie-Environnement, qui conseille les collectivités territoriales et les entreprises du tertiaire public en matière d'économie d'énergie, de promotion des énergies renouvelables, de protection de l'environnement et mise en pratique du développement durable ;
  • Philippe Osset, directeur général chez Ecobilan devenu Pwc, co-auteur de L'Analyse du Cycle de Vie d'un produit ou d'un service - applications et mise en pratique.

L'isolation écologique est une question de matériaux mais pas seulement... © Nagy-Bagoly Arpad, Shutterstock
L'isolation écologique est une question de matériaux mais pas seulement... © Nagy-Bagoly Arpad, Shutterstock

Il est intéressant de constater que tous placent la question de l’isolation par rapport au bâtiment global, expliquant la différence entre une maison classique et une maison « basse consommation » (aussi appelée maison BBC). En effet, l’isolation écologique soulève le problème plus général de la maison écologique.

Isolation écologique et comportements

Sur ce point, quelle que soit la qualité environnementale du bâtiment, ce sont surtout les comportements qui doivent changer ! Ainsi :

  • Phillipe Osset explique qu’il n’est pas raisonnable de vouloir « se balader en T-shirt dans un appartement en hiver » car cela entraîne une surconsommation quel que soit le bâtiment ;
  • Olivier Sidler rappelle qu’une maison basse consommation ne présente aucune garantie, c’est à l’utilisateur d’en tirer le meilleur profit ;
  • Laurent Chanussot dénonce l’explosion du poste de « consommation des appareils électriques » ou encore de l’impact du transport entre la maison et le travail.

Beaucoup d'isolants peuvent être utilisés dans la réalisation d'une maison BBC. © DR
Beaucoup d'isolants peuvent être utilisés dans la réalisation d'une maison BBC. © DR

Matériaux isolants : bilan environnemental et toxicité

Sur la question des matériaux eux-mêmes, « beaucoup d’isolants peuvent être utilisés dans la réalisation d’une maison BBC. On leur demande d’avoir une bonne résistance thermique mais il n’y a aucun matériau d’isolation parfaitement écologique ».

C’est donc à chacun de définir ce qu’il attend d’un matériau écologique et le critère dominant qui motivera sa décision. Laurent Chanussot et Olivier Sidler ont listé sept points « qui permettent de définir ce que pourrait être une isolation écologique, chaque matériau devant tendre vers ces différents critères » :

  1. Issu de ressources naturelles qui sont renouvelables ou inépuisables ;
  2. Utilisant pour sa fabrication une faible quantité d’énergie ;
  3. Permettant la constitution d’un stock de carbone ;
  4. Présentant une toxicité nulle (émission de composés organiques volatils (COV), émission de formaldéhyde…) ;
  5. Favorisant le développement local (« entre du liège qui vient de loin et de la paille collectée à quelques kilomètres, cela peut être une motivation de faire vivre l’économie locale ») ;
  6. Recyclable ;
  7. Durable.

Philippe Osset explique qu’il existe un moyen de comparer les isolants sur une partie de ces critères : le bilan environnemental des isolants. « L’analyse de cycle de vie avec ses études le long du cycle de vie amène à voir l’ensemble des impacts environnementaux de la production, de la mise en œuvre, de l’utilisation (transports associés) et de fin de vie ».

Pour lui, le bénéfice environnemental est largement positif si finalement, dès la première saison de chauffage, l'équivalent de la quantité d’énergie utilisée pour fabriquer le produit a déjà été économisé. Reste la question de la toxicité qui fait débat quel que soit le matériau : qu'il s'agisse des isolants minéraux ou des isolants naturels, le consommateur s'interroge quant à la composition des matériaux et notamment la nature des liants ou des traitements pouvant être ajoutés.

Pour en savoir plus sur la maison basse consommation (BBC) :

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