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Poussière intelligente : des espions invisibles à l'œil nu

Les poussières intelligentes (smart dust en anglais) font frissonner, depuis des années, les prospectivistes de tout poil. L’idée : couvrir un territoire de micro-capteurs invisibles servant à surveiller les déplacements des gens ou des objets.

Le logiciel de vidéo-surveillance proposé par Nox Defense. Le logiciel de vidéo-surveillance proposé par Nox Defense.

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Si l’on peut facilement imaginer les avantages que de tels systèmes pourraient apporter à l’étude et à la protection de l’environnement, on conçoit aussi aisément que d’aucuns craignent le déploiement de telles myriades de puces espionnes, invisibles ou furtives.

Jusqu’ici, ces poussières intelligentes n’existaient qu’à l’état de fantasme. Annoncé en novembre dernier, le très discret système de vidéosurveillance RFiD de Nox Defense est probablement le premier à concrétiser – et commercialiser – une telle menace.

Ce périmètre invisible de défense technologique combine vidéosurveillance (de très haute résolution) et puces RFiD, afin de suivre à la trace les objets, mais aussi, et à leur insu, ceux qui les auraient dérobés, quand bien même ils les auraient cachés  « dans une mallette, sous leur veste ou dans leur chaussette ».

Les puces sont en effet discrètement placées sur les objets à protéger, voire sur les badges des employés, et les capteurs secrètement répartis dans les murs, plafonds et planchers des bâtiments à surveiller (entrepôts, bureaux, hôpitaux, prisons, et même « lieux de crimes possibles »).

Mieux, le système propose également de saupoudrer à même le sol des poussières d’identification (ID-Dust) afin qu’elles se collent aux semelles des « voleurs et intrus (qui) ne voient rien : seul les employés de la sécurité connaissent l’existence du système et le personnel est surveillé sans son consentement ».

Ces poussières sont en fait des fibres optiques microporeuses invisibles à l’œil nu, mais qui luisent lorsqu’elles sont exposées au faisceau laser associé aux caméras de vidéosurveillance. Contrairement aux systèmes de vidéosurveillance traditionnels, dont le fonctionnement nécessite la présence d’êtres humains devant les écrans au cas où il se passerait quelque chose, le système de Nox Defense ne s’active, lui, que lorsqu’une puce entre ou sort du périmètre sécurisé, puis déclencher les caméras de vidéosurveillance.

Les services de sécurité reçoivent alors une alerte sur leurs téléphones mobiles, afin de leur permettre de suivre, en direct et sur leur iPhone (comme le raconte IndustryWizards) le vol en train d'être commis, et d’en reconstituer un historique sur une cartographie du périmètre surveillé.

En sus de l’image de la scène qui a déclenché l’alerte, les surveillants disposent également, sur leur écran, des références de l’endroit et de l’heure de la prise de vue, ainsi que des identifiants associés aux objets et individus dotés de puces RFiD.

Les employés, une population suspecte

Dans son communiqué de presse, Simply RFiD avance que son système est d’ores et déjà utilisé par des services de renseignement dans le monde entier, mais que « le marché commercial est tout aussi sérieux en terme de sécurité ». L’objectif affiché est en effet de lutter contre les vols effectués par les employés.

Nox Défense préconise ainsi d’installer (de préférence de nuit, pour ne pas alerter les employés) leurs puces espionnes dans les escaliers, entrepôts, mais aussi dans les toilettes, qui seraient les lieux les plus utilisés par les employés indélicats pour cacher leurs méfaits. Consciente des risques d’atteintes à la vie privée, la société précise qu’elle n’installe que les puces dans les toilettes, les caméras restant à l’extérieur, placées en face de leurs portes.

Interrogé par la revue ComputerWorld, Carl Brown, le président de Simply RFiD, propose également de s’en servir dans les aéroports afin d’identifier, lors du passage à la douane, les puces qui auraient été discrètement placées dans les bagages de personnes que l’on chercherait à surveiller, ou saupoudrées dans des endroits placés sous surveillance. L’avantage serait double : les puces RFiD ne coûtent que 20 cents (de dollar) l’unité, et, passives, elles ne sont pas détectables par les dispositifs de contre-surveillance électronique.

Simply RFiD, la société mère de Nox Defense compterait déjà comme clients près de la moitié des 5.000 fournisseurs de l’armée US amenés à utiliser la RFiD. Le déploiement de son système coûterait entre 50 et 500.000 $.

Reste à savoir qui inventera l’aspirateur qui nettoiera tout sauf les puces RFiD saupoudrées au sol, ou qui sera précisément conçu pour trier de telles poussières d’identification pour les redisperser une fois le ménage effectué. Sans bien évidemment oublier les risques d’erreurs, de dispersions involontaires, d’usurpation d’identité, d’atteintes à la vie privée et autres dommages collatéraux...


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