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Immersia, la plus grande plateforme de réalité virtuelle, à Rennes

Fruit d’un partenariat entre l’Inria de Rennes et le laboratoire Irisa, la plateforme de réalité virtuelle Immersia servira à des projets de recherche nationaux et européens, à la fois scientifiques et industriels. Elle sera inaugurée le 20 juin prochain. Futura-Sciences a interrogé Georges Dumont, responsable scientifique de la plateforme Immersia.

Georges Dumont est le responsable scientifique de la plateforme Immersia. Il est maître de conférence, directeur de recherche, responsable de l'équipe VR4i - ENS Cachan - Irisa – Inria et responsable scientifique du Département MID de l'Irisa-UMR6074. © Thierry Duval

Georges Dumont est le responsable scientifique de la plateforme Immersia. Il est maître de conférence, directeur de recherche, responsable de l'équipe VR4i - ENS Cachan - Irisa – Inria et responsable scientifique du Département MID de l'Irisa-UMR6074. © Thierry Duval

Immersia, la plus grande plateforme de réalité virtuelle, à Rennes - 2 Photos

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La France sera bientôt dotée de l’une des plus grandes salles de réalité virtuelle au monde. Baptisée Immersia, elle a été voulue par l’Inria de Rennes et le laboratoire de l’Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires (Irisa). Elle sera inaugurée le 20 juin prochain à l’université de Rennes 1.

Il s’agit d’un outil de travail destiné aux projets de recherche scientifiques ou industriels à l’échelle régionale, nationale ou européenne. « De tels systèmes immersifs trouvent naturellement leurs applications en visualisation et analyse de calculs scientifiques, en prototypage d’aménagement d’espaces industriels, en travail collaboratif, en formation à des gestes techniques, en études d’assemblage, en analyse ergonomique de postes de travail... » explique l’Inria de Rennes.

Immersia est une salle en forme de « L » de 9,60 mètres de longueur, 3,10 mètres de hauteur et 2,95 mètres de profondeur qui est équipée de 11 projecteurs Barco (8 Barco Galaxy NW12 et 3 Barco Galaxy 7+), d’un écran de verre qui couvre toute la longueur de la salle sur lequel les images stéréoscopiques sont projetées, d’un système de localisation qui permet d’insérer des objets physiques et d’un système de son traité par un processeur Yamaha. Les effets sonores sont restitués au choix sur un système d’enceintes 10.2 (10 haut-parleurs + 2 caissons de graves) ou transmis à un casque audio qui gère un son 5.1 réparti en fonction de la position de l’utilisateur. La plateforme Immersia représente un coût total de 940.000 euros, financé dans le cadre du Contrat de projet État-Région (CPER) 2007-2013 par l’Inria et l’État à hauteur de 650.000 euros, le Conseil régional de Bretagne (110.000 euros), le Conseil général d’Ille-et-Vilaine (90.000 euros) et Rennes Métropole (90.000 euros).

On voit ici un chercheur examiner la représentation virtuelle, résultat de propagation d'une onde sismique dans le cadre d'un calcul complexe de séisme. La salle Immersia permettra des expériences de réalité virtuelle. © Thierry Duval
On voit ici un chercheur examiner la représentation virtuelle, résultat de propagation d'une onde sismique dans le cadre d'un calcul complexe de séisme. La salle Immersia permettra des expériences de réalité virtuelle. © Thierry Duval

Pour aller plus loin, Futura-Sciences a pu interroger Georges Dumont, responsable scientifique de la plateforme de réalité virtuelle Immersia, qui lève le voile sur l’installation et les applications concrètes qu’elle permet.

Futura-Sciences : Immersia est la plus grande salle de réalité virtuelle au monde. En quoi la taille a-t-elle une importance dans ce domaine ?

Georges Dumont : La taille est importante car elle permet de changer les modes de navigation en environnement virtuel. Un environnement plus classique (environ 3 x 3 x 3 mètres) permet peu de déplacements physiques dans l’environnement. Le mode où le monde se déplace est souvent privilégié. Ici, en utilisant les concepts proposés dans l’équipe de Cabine virtuelle d’immersion, nous pourrons accéder en plus à un déplacement physique dans l’environnement que nous aurons figé. Cela change clairement les problématiques d’interaction. Cette taille permet également de séparer l’espace en deux sous-espaces distincts (deux coins) qui nous offriront des capacités de collaboration distante tout en étant sur un même lieu. Pour finir, dans de nombreuses applications, la notion d’échelle d’affichage (échelle 1 pour des matériels ou environnements de grande taille) est très importante.

Sur quel type d’installation informatique s’appuie Immersia ?

Georges Dumont : Sur trois installations type. La première est constituée d’une seule machine à deux cartes graphiques à six sorties chacune. Cette solution est privilégiée pour la simplicité du portage des applications, les cartes graphiques se chargeant de distribuer les portions d’images sur les 11 projecteurs.

La deuxième est constituée de deux machines qui pilotent trois quadroplex (l’une pour les 3 projecteurs du sol, les deux autres pour deux groupes de 4 projecteurs pour l’écran principal).

La troisième est basée sur une grappe de machines (7 actuellement) équipées chacune de cartes graphiques performantes. Cette solution est la plus performante car elle privilégie le parallélisme, elle nécessite en général une adaptation plus importante des applications initiales.

Combien de personnes peuvent travailler en même temps dans la salle ?

Georges Dumont : Le système permet de rendre le point de vue stéréoscopique pour une personne dont les mouvements de la tête sont capturés par un système de caméra infrarouge. Les autres peuvent bénéficier d’une vue stéréoscopique mais non directement adaptée à leur point de vue dans la scène. Un mode double coin, prévu mais pas encore installé, permettra à deux utilisateurs de collaborer dans deux sous-espaces physiquement séparés.

Pouvez-vous citer quelques exemples concrets de projets de recherche scientifiques et industriels qui seront menés grâce à Immersia ?

Georges Dumont : Immersia est utilisée dans le cadre du projet ANR Collaviz pour des applications collaboratives de visualisation et analyse de calculs scientifiques. Elle est employée dans le cadre du projet ANR Corvette qui vise à définir des environnements collaboratifs pour des applications de formation technique.

Cette salle est également une des salles du réseau des plateformes du projet européen Visionair. Elle servira, et nous l’avons déjà fait en collaboration avec l’University College of London, à poursuivre nos recherches sur le travail collaboratif où plusieurs utilisateurs partagent, souvent à distance, un même environnement virtuel de travail. Dans le cadre du projet Visionair, Immersia va nous permettre d’accueillir des collègues du laboratoire Sensori Motor Interaction de l’université d’Aalborg [Danemark, NDLR] qui effectueront avec nous des comparaisons entre des tâches effectuées en environnements réels et virtuels dans un but d’analyse ergonomique de poste de travail.

Immersia servira également de plateforme d’accueil pour certains projets de l’IRT B-Com, dont Imdata qui propose d’utiliser l’immersion pour faciliter l’interaction avec de grandes masses de données hétérogènes.


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