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Bientôt plus besoin de machine à laver ?

Des chercheurs australiens ont élaboré un revêtement à base de nanoparticules d’argent ou de cuivre grâce auquel les textiles se nettoient lorsqu’ils sont exposés à la lumière naturelle ou artificielle. S’il va sans doute falloir attendre encore longtemps avant de mettre sa machine à laver au rebut, cette avancée ouvre des perspectives prometteuses.

La création de textiles « intelligents » susceptibles de s’auto-nettoyer progresse beaucoup grâce aux nanotechnologies. © Andrey_Popov, Shutterstock La création de textiles « intelligents » susceptibles de s’auto-nettoyer progresse beaucoup grâce aux nanotechnologies. © Andrey_Popov, Shutterstock

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La scène se déroule dans le film Retour vers le futur 2. Projeté en 2015, le héros Marty McFly se doit d’adopter la tenue vestimentaire de l’époque qui consiste notamment en une paire de baskets Nike à laçage automatique et une veste à la fois auto-séchante et qui s’ajuste instantanément aux mensurations. La réalité est en train de rejoindre cette fiction. Il y a quelques jours, la marque Nike a présenté le premier modèle commercial de baskets à laçage automatique, les HyperAdapt 1.0. En revanche, la veste auto-séchante et ajustable n’a pas encore été inventée. Mais nous pourrions bientôt voir arriver des vêtements susceptibles de s’auto-nettoyer au contact de la lumière. Pas mal non plus…

Une équipe de chercheurs du Royal Melbourne Institute of Technology (RMIT, Australie) vient de publier un article dans la revue Advanced Materials Interfaces qui décrit le recours à la nanotechnologie pour créer un revêtement pour tissus capable de détruire les matières organiques lorsqu’il est exposé à la lumière artificielle ou naturelle. « L’avantage des textiles est qu’ils ont déjà une structure en 3D qui leur confère une excellente capacité d’absorption de la lumière, ce qui permet d’accélérer le processus de dégradation de la matière organique », explique le professeur Rajesh Ramanathan qui a piloté cette expérimentation.

Voici une vue agrandie 200 fois de la fibre de coton recouverte d’une nanostructure à base d’argent ou de cuivre lui permettant d’éliminer les molécules organiques qui composent une tâche. © RMIT
Voici une vue agrandie 200 fois de la fibre de coton recouverte d’une nanostructure à base d’argent ou de cuivre lui permettant d’éliminer les molécules organiques qui composent une tâche. © RMIT

Une technologie peu onéreuse et industrialisable

Avec son équipe, ils ont créé deux types de revêtements composés de nanomatériaux, l’un à base de cuivre, l’autre à base d’argent. Pour cela, ils ont trempé des fibres de coton dans différents bains de chlorure d’étain, de sel de palladium puis de molécules de cuivre et d’argent. Au contact d’une lumière visible, les éléments métalliques de la nanostructure vont l’absorber et libérer ce que les chercheurs appellent des « électrons chauds » qui détruisent les molécules de matière organique qui composent une tâche.

Les scientifiques du RMIT ont constaté que le revêtement à base de cuivre réagissait plus rapidement que celui à base d’argent : trois minutes contre une demi-heure. En revanche, la solution à base d’argent a une efficacité supérieure sur la durée. Après une quinzaine d’essais, cette dernière éliminait mieux les tâches que celle à base de cuivre. Selon l’équipe australienne, leur solution a l’avantage d’être peu onéreuse et pourrait facilement s’adapter à un processus industriel.

« Il y a encore du travail avant que l’on puisse se débarrasser de nos machines à laver, mais cette avancée pose une base solide pour le développement futur de textiles complètement auto-nettoyants », estime le professeur Ramanathan.

La prochaine étape va consister à travailler dans des conditions plus proches de la réalité, avec des salissures organiques courantes type tâches de vin, d’aliments, etc. Cela permettra notamment d’évaluer la densité requise pour que le revêtement fonctionne efficacement. Par ailleurs, les chercheurs du RMIT pensent que cette technologie pourrait être adaptée pour créer des textiles antibactériens susceptibles de lutter contre les « super-bactéries ».


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