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Innorobo : des robots qui courent, qui rampent et qui désherbent…

La robotique mondiale est à Lyon, pour trois jours de conférences et de démonstrations à couper le souffle. Ce salon professionnel s’ouvre au grand public mercredi 20 mars, tout l’après-midi. Catherine Simon, présidente d’Innoecho, nous explique ce qu’il ne faut pas rater.

Le salon Innorobo se déroule jusqu'au jeudi 21 mars. Il est ouvert au public mercredi, de 15 h à 21 h. © Innoecho Le salon Innorobo se déroule jusqu'au jeudi 21 mars. Il est ouvert au public mercredi, de 15 h à 21 h. © Innoecho

Innorobo : des robots qui courent, qui rampent et qui désherbent… - 4 Photos

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Des robots marchent au milieu de la foule quand d’autres roulent en rond sur leur stand. Vitirover, par exemple, se fait remarquer par sa couleur jaune, ses cellules photovoltaïques et sa télécommande qui n’est autre qu’un smartphone. À quoi sert-il ? À tondre les mauvaises herbes entre les ceps de vignes. Solaire et automatique, il économise les pesticides.

Voilà la robotique d’aujourd’hui et de demain, telle qu’elle s’expose pour la troisième fois, à la Cité internationale de Lyon pour le salon Innorobo. Cette année, 130 entreprises ont fait le voyage pour exposer leurs produits. « Cela fait 20 % de plus qu’en 2012. C’est notre croissance sur les trois éditions ». Catherine Simon, présidente d’Innoecho qui organise l’événement, est de bonne humeur. Il est vrai que ce salon, unique en Europe, rencontre un succès en phase avec l’essor de la robotique, un véritable phénomène. « Dans cinq ans, tout le monde aura un robot ! », nous affirmait Bruno Bonnell en 2011. Président du syndicat Synorobo, l’homme est aussi celui de Robopolis, distributeur spécialisé, notamment de l’aspirateur Roomba.

Vitirover roule entre les rangées de pieds de vigne pour couper les mauvaises herbes. Plus écologique que les pesticides, et beaucoup moins fatigant que les ciseaux. © Vitirover
Vitirover roule entre les rangées de pieds de vigne pour couper les mauvaises herbes. Plus écologique que les pesticides, et beaucoup moins fatigant que les ciseaux. © Vitirover

Des robots multiformes

Certains comparent la robotique des années 2010 à la micro-informatique des années 1980, passée en une décennie du gadget qui fait sourire à l’engin omniprésent. Si l’on en croit Bruno Bonnell, c’est donc en 2016 que plus personne ne doutera de la banalisation de la robotique à la maison, à l’usine, au bureau ou à l’hôpital.

Catherine Simon s’enthousiasme à chaque évocation d’un stand. « Dans le domaine de la santé, il faut aller voir Rosa, de Medtech. C’est un assistant pour les chirurgiens. » Ce dispositif multiusage, avec logiciel pour planifier l’intervention, porte des outils et des systèmes de visualisation, et permet des actions minutieuses. « Et n’oubliez pas Kinova, la prothèse de bras ! »

Car le bestiaire de la robotique ne comporte pas que des robots automatiques androïdes dansant la carmagnole, comme le HRP 4C. L’aide à la personne, par exemple, est un vaste domaine pour les roboticiens. Innorobo accueille notamment Robo K, un assistant pour réapprendre à marcher.

La société canadienne Kinova travaille sur des appareils d'aide aux handicapés, notamment sur une prothèse de bras. © Kinova
La société canadienne Kinova travaille sur des appareils d'aide aux handicapés, notamment sur une prothèse de bras. © Kinova

Des assistants à tout faire

La téléprésence a le vent en poupe. Elle serait, dit-on, l’outil de télécommunications des prochaines décennies. « En Europe, on se méfie un peu des robots, remarque Catherine Simon. La robotique est devenue mature dans le secteur industriel, mais dans le domaine du service, tout reste à inventer… » Et de citer Ecovacs, le laveur de vitres.

Ils commencent pourtant déjà à apparaître, ces robots de service, comme ce Hovis Genie, distribué par Big Robots, capable de téléprésence, ou de présence tout court. Préfigurent-ils de prochains assistants pour la maison ou les activités professionnelles ?

Furo, pour faire de la présence, et de la téléprésence. © Innoecho
Furo, pour faire de la présence, et de la téléprésence. © Innoecho

Une recherche de pointe

La robotique occupe beaucoup dans les laboratoires de recherche comme l’Inria. Au CNRS, le domaine est rassemblé dans un groupe de recherche, le GDR Robotique. Avec l’Inserm, ces grands organismes sont présents à Innorobo. « La recherche robotique française est reconnue au plan mondial, souligne Catherine Simon. En nombre de publications scientifiques, le score des laboratoires français est de 8 %, contre 4 % pour l’ensemble de la science. » D’ailleurs, les étudiants ne s’y trompent pas : « on sait que les filières d’ingénierie qui comportent de la robotique attirent davantage que les autres ».

Cette semaine, un autre salon s’ouvre à quelques centaines de kilomètres de là : Laval Virtual, dédié à la réalité augmentée, un domaine complémentaire. Dans le petit monde de la robotique, tout le monde se connaît, alors est-ce la guerre des salons ? « Pas du tout, c’est le hasard du calendrier ! » Les lecteurs de Futura-Sciences, eux, pourront suivre les deux…


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