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Armé d'un couteau de cuisine, un robot sera-t-il dangereux ?

Pourra-t-on confier des outils coupants à des robots à tout faire, qui nous aideront en cuisine ou à bord d'une station spatiale ? Des chercheurs allemands se sont penchés sur cette question et ont donné à un bras robotisé les moyens d'éviter la catastrophe. Démonstration musclée en images avec un cuissot de porc... et le bras d'un volontaire.

Quelques capteurs de pression peuvent rendre un robot inoffensif, comme le démontrent Sami Haddadin, ici en pleine expérimentation, et ses collègues allemands de la DLR. © Sami Haddadin et al. / DLR Quelques capteurs de pression peuvent rendre un robot inoffensif, comme le démontrent Sami Haddadin, ici en pleine expérimentation, et ses collègues allemands de la DLR. © Sami Haddadin et al. / DLR

Armé d'un couteau de cuisine, un robot sera-t-il dangereux ? - 1 Photo

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Les robots peuvent nous aider dans de multiples tâches et on attend d'eux qu'ils manient les outils les plus divers. A l'avenir, nous en trouverons, expliquent les futurologue, dans la cuisine, dans les hôpitaux, à la réception des hôtels, à la maison ou dans la Station spatiale internationale. Mais est-il bien prudent de leur laisser manipuler un couteau, un marteau ou un cutter ?

A l'agence spatiale allemande (la DLR), Sami Haddadin et ses collègues de l'Institut de robotique et de mécanique ont cherché à sécuriser nos futurs assistants en mettant au point un système anti-collision reposant sur des capteurs et un logiciel de contrôle suffisamment rapide. Le système vient d'être présenté lors d'une conférence internationale de robotique en Alaska (ICRA 2010, pour IEEE International Conference on Robotics and Automation).


Avec un outil en main, ici un couteau, un scalpel ou un tournevis, un bras robot pourrait occasionner des blessures graves et même mortelles. Mais l'accident peut être évité grâce à des capteurs de pression. Sami Haddadin, premier auteur de l'étude, y croit suffisamment pour payer de sa personne...

Prévoir le pire

Si l'on en croit la vidéo, le résultat est convaincant. L'équipe a testé un bras-robot de 14 kilogrammes, d'environ 1,10 mètre, et bardé de capteurs, installés dans toutes ses articulations. L'appareil est alors capable de sentir la résistance et, surtout, d'interrompre voire d'inverser son mouvement si le bras rencontre un obstacle.

Armé successivement d'un grand couteau, d'un scalpel et d'un tournevis, l'engin s'est révélé dramatiquement dangereux lorsqu'il attaque une cuisse de porc (provenant d'un abattoir) et un bloc de silicone. Mais une fois le système anti-collision en action, les mouvements, bien que rapides, s'arrêtent si vite que la pointe du couteau, lorsque le mouvement est à sa vitesse maximale, ne s'enfonce que de un millimètre dans l'obstacle rencontré.

Pour démontrer l'efficacité du travail de son équipe, Sami Haddadin n'a pas hésité à livrer son propre bras au robot armé... Dans ce cas, toutefois, le réglage de sécurité a été poussé au maximum pour obtenir des gestes plus doux. Une seconde vidéo présente d'autres essais de chocs entre robots et humains (des mannequins bien sûr), assez spectaculaires.

Le travail de cette équipe de la DLR peut sembler original mais plusieurs laboratoires s'intéressent aux risques de la vie commune avec des robots plus ou moins humanoïdes. Le laboratoire allemand a notamment collaboré au programme Phriends (Physical Human-Robot Interaction Dependability and Safety) visant à mettre au point des robots capables de coexister pacifiquement avec nous. N'ayons donc aucune crainte, tout est prévu...


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