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Objets connectés : faut-il y passer ou s'en méfier ?

Capteurs, transmetteurs de données, objets qui « dialoguent » entre eux, les objets connectés, que certains résument de manière impropre sous l’appellation globale d’Internet des objets, sont appelés à devenir omniprésents dans nos vies, sans que l’on en ait forcément conscience. Focus sur un phénomène de société qui suscite autant d’espoirs que de craintes.

Quand les objets connectés sont amenés à « dialoguer » entre eux ou sont directement ouverts sur Internet, la confidentialité des données devient alors une thématique extrêmement sensible. © Blablo101, Shutterstock Quand les objets connectés sont amenés à « dialoguer » entre eux ou sont directement ouverts sur Internet, la confidentialité des données devient alors une thématique extrêmement sensible. © Blablo101, Shutterstock

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Contrôle de votre chauffage à distance, traqueurs d’activité physique, montres connectées, maisons connectées, poubelles connectées, ampoules LED connectées et munies d'un haut-parleur Wi-Fi pour diffuser de la musique, moniteurs pour bébé… pas un jour ne se passe sans que ce qu’il est convenu d’appeler, parfois abusivement, « Internet des objets » ne resserre son emprise sur notre quotidien. Selon une étude du cabinet AT Kearney, l’Union européenne devrait compter, à l’horizon 2025, 26 milliards d’objets connectés en service.

Thomas Nicholls est vice-président de l’opérateur Sigfox, qui déploie un réseau bas débit dédié aux objets connectés. Il définit ces derniers comme ces éléments, ces capteurs, ces gadgets « qui remontent des données et nous donnent une visibilité inédite sur ce qui se passe autour de nous ». Des données qui peuvent remonter, par exemple, jusqu’à une application chargée d’optimiser la disponibilité des places de parking dans une agglomération (et donc, par extension, qui peut contribuer à en améliorer la circulation) ou bien encore vers un prestataire d’énergie qui, à l’instar d’Engie, a développé des solutions de smart-metering, c’est-à-dire de suivi, de comptage intelligent de la consommation de ses clients.

Des données captées par les géants d'Internet

Ces données qui radiographient notre quotidien, le consommateur peut également les envoyer directement à des géants d'Internet – comme Amazon, aux États-Unis, avec ses boutons connectés à coller sur son réfrigérateur ou sa machine à laver liés à tel ou tel produit qui permettent de faire ses courses et de se faire livrer à domicile par simple pression sur ledit bouton, sans sortir de chez soi. Certaines données sont transmises par ondes radio, c’est le cas de celles en provenance des quelque 7 millions d’objets aujourd’hui connectés au réseau Sigfox, dans des domaines aussi variés que la santé, les transports, l’énergie ou l’industrie.

Dans d’autres cas, les objets connectés sont pleinement synonymes d’Internet des objets puisque leurs données sont transmises directement via Internet. On peut alors parler d’une extension du réseau mondial vers le monde physique des objets quand, a contrario, via un opérateur comme Sigfox, « les objets installés envoient des ondes radio comme le téléphone portable », explique Thomas Nicholls.

Surenchère de chiffres ou réalité, l'internet des objets va, dans les prochaines années, représenter une masse considérable de données à gérer pour accompagner, simplifier et enrichir notre quotidien. © Engie Cofely

Cependant, quel que soit leur mode de transmission, ces objets connectés, ludiques, pratiques et synonymes de nouveaux services pour les consommateurs que nous sommes, sont-ils aussi fiables ? La question est incontournable. S’il existe un risque effectif au niveau de la confidentialité des données, il ne se situe pas forcément au niveau d’opérateurs comme Sigfox qui, en tant que simples briques d’un écosystème, ne font que transmettre, sans les comprendre, des données codées. À charge pour le client qui va les réceptionner de les analyser. Dans ce type de configuration, et même si la fiabilité ne peut être totale, quand on parle de capteur, on parle avant tout d’objets sans pouvoir, « d’objets qui font remonter de l’information en flux montant », commente Hervé Bidou, directeur Transition digitale chez Engie Cofely.

La sécurité des objets connectés en question

Quand les objets connectés sont amenés à « dialoguer » entre eux ou sont directement ouverts sur Internet, la confidentialité devient alors une thématique extrêmement sensible. Ce peut être, pour un particulier, le cauchemar de la prise de contrôle à distance de sa maison connectée par des hackers. Comme un avant-goût de ce qui pourrait advenir, on se souviendra ainsi du bug dont a été victime en cette fin d’année 2015, l’un des appareils phares de la domotique, le thermostat connecté Nest (propriété de Google). À la suite d’une mise à jour défaillante, toutes les maisons connectées au thermostat Nest ont brutalement connu une soudaine baisse de température…

Plus préoccupant, parce qu’aussi plus spectaculaire, Shodan, ce moteur de recherche spécialisé dans Internet des objets qui a récemment ajouté une fonctionnalité recensant les failles de sécurité identifiées sur des objets connectés dans le monde entier. Offrant, au final, à titre de sensibilisation à ses membres payants, la possibilité d’accéder à des flux de photos provenant d’objets connectés mal protégés (moniteurs pour bébé situés dans des chambres d’enfant, webcams…).

Citons encore cette expérience, peu rassurante au demeurant, au cours de laquelle un duo de hackers réussit à prendre le contrôle d’une Jeep Cherokee, à plusieurs centaines de kilomètres de distance, en « jouant » avec l’électronique embarquée sur le véhicule…


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