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Mega : Futura-Sciences l'a testé pour vous

Le 19 janvier, un nouveau site a vu le jour : Mega, lancé exactement un an après la fermeture de Megaupload. Le service propose l’hébergement et le partage de fichiers en allouant 50 Go d’espace gratuit à chaque utilisateur. Mega aurait dépassé le million de comptes en quelques heures, ce qui a occasionné des problèmes d’accès et de fonctionnement. Futura-Sciences a cependant pu tester le service.

Mega, nouveau site de partage de fichiers, propose plusieurs options de réglage qui permettent notamment de définir le nombre de connexions parallèles pour le chargement et le téléchargement de fichiers. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences Mega, nouveau site de partage de fichiers, propose plusieurs options de réglage qui permettent notamment de définir le nombre de connexions parallèles pour le chargement et le téléchargement de fichiers. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences

Mega : Futura-Sciences l'a testé pour vous - 4 Photos

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Un an jour pour jour après la fermeture de Megaupload et l’arrestation spectaculaire de son fondateur Kim Dotcom, le site Internet renaît de ses cendres sous la forme d’un nouveau service, appelé Mega. Après plusieurs mois de développement et un teasing savamment orchestré via la presse internationale et Twitter, Kim Dotcom a lancé son nouveau projet samedi, un peu avant 19 h, heure française. Une conférence de lancement a alors été organisée depuis le « manoir Dotcom », en Nouvelle-Zélande. Selon les premières informations fournies par l’intéressé, 100.000 comptes Mega ont été créés dans l’heure qui a suivi l’ouverture du service. Devant la presse, Kim Dotcom a ensuite annoncé que le site comptait déjà plus d’un million d’utilisateurs. Un succès qui a eu raison de l’infrastructure de Mega, dont les serveurs ont été presque immédiatement débordés, provoquant de grosses difficultés d’accès. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le fonctionnement du service est encore erratique.

Mega n’est pas un service innovant : c’est un site de stockage et de partage de fichiers comme il en existe déjà beaucoup (Dropbox, SugarSync, SkyDrive, Google Drive, etc.). La principale différence réside néanmoins dans la capacité de stockage. Chaque utilisateur dispose en effet de 50 Go d’espace gratuit avec Mega, là où la concurrence n’offre, au mieux, que 7 Go.

Google Chrome recommandé pour accéder à Mega

Créer un compte Mega ne prend que quelques minutes. Il suffit d’indiquer une adresse de courrier électronique valide, de choisir un mot de passe puis de confirmer l’inscription en cliquant sur le lien envoyé par courriel. Le tour est joué. Attention toutefois dans le choix du mot de passe, car il est impossible d’en changer ou de clôturer un compte. Mega utilise un système de chiffrement des fichiers AES de 128 bits, avec une clé privée liée au compte et une clé publique dont l’utilisateur peut se servir pour partager des contenus. Or, le processus de création des clés intègre le mot de passe choisi, ce qui rend toute modification impossible, sous peine de perdre les fichiers déjà cryptés. Une situation qui pourrait devenir dangereuse si des pirates parvenaient à s’emparer des identifiants via des attaques par phishing ou keylogger. Mega devra rapidement prendre en compte afin de prévenir ce genre de risque.

Le service a également été optimisé pour le navigateur Chrome de Google, que Mega présente comme le seul proposant une prise en charge d’HTML5, offrant ainsi l’accès à toutes les fonctionnalités. Lors de nos tests effectués avec la préversion d’Internet Explorer 10, un message nous a avertis que nous utilisions un navigateur « dépassé », et qu’il valait mieux changer pour Chrome. Idem pour Firefox 18 et Opera 12, ce qui n’empêche pas d’accéder à Mega.

Mega recommande fortement l’usage du navigateur Chrome qui est présenté comme le plus compatible avec le service pour sa prise en charge d’HTML5. Mais le service peut tout de même fonctionner avec les autres principaux navigateurs. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences
Mega recommande fortement l’usage du navigateur Chrome qui est présenté comme le plus compatible avec le service pour sa prise en charge d’HTML5. Mais le service peut tout de même fonctionner avec les autres principaux navigateurs. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences

Le service se caractérise par une interface dépouillée et claire, dont la partie centrale est le gestionnaire de fichiers. On y trouve le Cloud Drive (ou disque dur dans le nuage). C’est là que l’on peut déposer des documents en cliquant sur les boutons adéquats ou en effectuant un glisser-déposer directement depuis son explorateur de fichiers. La progression du transfert s’affiche en bas de la page, et celui-ci peut être annulé par un clic droit sur l’élément.

Après plusieurs essais infructueux liés aux difficultés du site à gérer la trop grande affluence, nous avons pu charger plusieurs contenus (documents et photos) avec des vitesses de transfert plutôt rapides (jusqu’à 120 Ko/s). Il est possible d’organiser les contenus en créant des dossiers, mais aussi de renommer les fichiers et de les déplacer. Un fonctionnement très simple et fluide, mais qui ne diffère pas de ce que proposent les sites concurrents.

L’interface du service Mega est claire, simple à prendre en main. On peut ajouter des fichiers ou des dossiers par glisser-déposer et organiser l’espace de stockage en créant des dossiers que l’on peut ensuite partager, uniquement avec d’autres utilisateurs du service. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences
L’interface du service Mega est claire, simple à prendre en main. On peut ajouter des fichiers ou des dossiers par glisser-déposer et organiser l’espace de stockage en créant des dossiers que l’on peut ensuite partager, uniquement avec d’autres utilisateurs du service. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences

Mega respecterait les copyrights

Au-delà d’un stockage gratuit conséquent, la spécificité de Mega réside dans son système de partage des contenus qui sont tous individuellement chiffrés avant d’être mis en ligne. Le titulaire d’un compte a la possibilité de diffuser un fichier auquel est associée une clé publique qui servira à le déchiffrer. Sans la clé, que seul détient l’utilisateur final, un fichier ne peut être ouvert. Pour le partager, il suffit de cliquer sur l’icône URL symbolisée par des maillons de chaîne ou de faire un clic droit pour appeler la fonction « recevoir le lien ».

Mega génère alors un lien hypertexte avec l’adresse du fichier ainsi qu’une série de caractères et de chiffres qui représente la clé publique à laquelle on peut aussi ajouter le nom et la taille, en cochant les options. Il faut ensuite cliquer sur le bouton « copier dans le presse-papier ». On peut coller l’URL dans un courrier électronique ou n’importe quel autre document pour la partager. Lorsque l’on clique sur un lien Mega partagé, on est redirigé vers une page proposant de télécharger ou d’importer le fichier sur un compte Mega, si on en possède un. Petit rappel : avant tout transfert, il faut indiquer que l’on accepte les conditions d’utilisation du service.

Avant de pouvoir télécharger ou importer un contenu sur son espace Mega, il faut au préalable avoir accepté les conditions d’utilisation. Kim Dotcom a répété que son service a été encadré juridiquement pour être inattaquable. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences
Avant de pouvoir télécharger ou importer un contenu sur son espace Mega, il faut au préalable avoir accepté les conditions d’utilisation. Kim Dotcom a répété que son service a été encadré juridiquement pour être inattaquable. © Marc Zaffagni, Futura-Sciences

Ce système de chiffrement est une protection instaurée par Kim Dotcom, au nom de la défense de la confidentialité des données personnelles. Cela met surtout Mega à l’abri d’éventuelles poursuites en cas d’incursion sur ses serveurs, comme ce fut le cas avec Megaupload. La responsabilité du partage de contenus illicites, ou susceptibles de l’être, incombe donc aux usagers. « Il est strictement interdit d'utiliser le service Cloud Mega pour enfreindre les droits d'auteur », stipule le message qui s’affiche lorsque l’on veut générer une URL. Un avertissement qui dégage en principe Mega de toute responsabilité. Lors de la conférence de lancement, Kim Dotcom a assuré que « chaque pixel » du service avait été scruté afin de s’assurer qu’il est en conformité avec la loi.

Mega permet également de partager un dossier entier avec d’autres personnes. Pour cela, il faut faire un clic droit sur le dossier pour sélectionner « partager » et indiquer l’adresse de courriel du destinataire ainsi que le niveau d’accès qu’on lui accorde : lecture seule, lecture et écriture ou accès complet. La personne reçoit alors un message l’invitant, si ce n’est pas déjà le cas, à créer un compte Mega pour pouvoir consulter le dossier. L’utilisateur dispose par ailleurs de plusieurs réglages situés dans le menu « mon compte ». Il est possible de définir le nombre de connexions de chargement et de téléchargement qui peuvent s’effectuer en parallèle, de fixer la vitesse de chargement ou de ne pas utiliser le protocole SSL pour sécuriser le transfert des fichiers. Par ailleurs, si les 50 Go d’espace sont insuffisants, Mega propose des formules payantes : 500 Go de stockage et une bande passante mensuelle de 1 To pour 9,99 euros par mois, 2 To avec 4 To de bande passante pour 19,99 euros par mois ou 4 To avec 8 To de bande passante, pour 29,99 euros par mois. Mega fournit ainsi beaucoup d’espace et de bande passante à des tarifs très abordables pour un simple service de stockage de documents personnels.

De nouvelles fonctions à venir pour Mega

Si le Cloud Drive est aujourd’hui la partie centrale de Mega, le service dispose aussi d’un répertoire de contacts qui permet d’enregistrer des adresses de courrier électronique. Cependant, un contact n’apparaît que s’il s’est inscrit sur Mega. Sur le blog officiel du site, on apprend aussi qu’une messagerie instantanée ainsi qu’une messagerie sécurisée sont en préparation. Cela expliquerait la présence dans l’interface d’une boîte de réception qui n’est pour le moment pas fonctionnelle. À venir également : des applications natives (développées pour un système d’exploitation spécifique) pour Windows, Mac OS X et Linux, ainsi que pour les plateformes mobiles. Un système de synchronisation est également en préparation pour permettre, à l’instar de ce que proposent Dropbox et consorts, de sélectionner sur le disque dur des dossiers ou fichiers systématiquement mis à jour sur Mega. Enfin, il est aussi prévu de proposer des outils bureautiques (traitement de texte, calendrier, feuille de calcul) directement accessibles depuis le site. De plus, Mega est ouvert aux applications tierces grâce à un kit de développement d’ores et déjà disponible.

Kim Dotcom a donc réussi son pari de relancer un service malgré la fermeture de son entreprise, la saisie de ses avoirs et des démêlés avec les autorités américaines qui auraient pu le mener prison. Il a par ailleurs indiqué qu’il comptait lancer d’autres services d’ici six mois et notamment Megabox, un service de musique gratuit présenté comme un concurrent d’iTunes, et qui était sur le point d’être lancé au moment de la fermeture de Megaupload.

Personnage flamboyant, amateur de mises en scène grandiloquentes et qui se posait jusqu’à présent en défenseur de la liberté d’Internet, Kim Dotcom a déclaré qu’il comptait prendre du recul. Il assure que dorénavant, il va se faire discret et ne plus monopoliser les médias et les réseaux sociaux comme il l’a fait depuis un an.


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