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Witch, l’un des plus vieux ordinateurs du monde a redémarré

Au Royaume-Uni, le musée national de l’informatique de Bletchley Park a remis en service l’un des plus vieux ordinateurs du monde créé en 1949. Démantelé voilà des décennies, cet engin électromécanique, qui utilisait de curieuses lampes à gaz, a été restauré durant trois ans. Il fonctionne. Mais comptez une petite dizaine de secondes pour multiplier deux nombres...

Le Witch en 1973, l'année de son arrêt. Il possédait alors le record de longévité des ordinateurs. © Computer Conservation Society Le Witch en 1973, l'année de son arrêt. Il possédait alors le record de longévité des ordinateurs. © Computer Conservation Society

Witch, l’un des plus vieux ordinateurs du monde a redémarré - 1 Photo

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C’est un ancêtre de l’informatique qui s’est réveillé après un sommeil de près de quarante ans. Il s’appelle le Witch, il pèse 2,5 tonnes, mesure 2 mètres de haut pour 6 mètres de largeur, consomme 1,5 kW d’électricité, et a été construit en 1949, ce qui en fait l’un des premiers ordinateurs du monde. Exposé au musée national de l’informatique de Bletchley Park (Royaume-Uni), ce mastodonte a été remis en marche la semaine dernière après trois ans de restauration.

À l’origine, la machine s’appelait le Dekatron d’Harwell. Elle a démarré pour la première fois en 1951 et faisait partie de la douzaine d’ordinateurs de la planète. Entre 1952 et 1957, le Dekatron était exploité pour la recherche fondamentale sur le nucléaire au centre de recherche atomique d’Harwell. Il a ensuite été cédé à l’université de Wolverhampton où il a troqué son nom pour Wolverhampton Instrument for Teaching Computing from Harwell (Witch). Il servait alors à enseigner l’informatique aux étudiants. Entre 1973 et 1997, il a été entreposé dans un musée de Birmingham, pour enfin tomber dans l’oubli, démantelé dans un entrepôt. Le Witch a été redécouvert en 2009. Depuis, il a été restauré pour retrouver son panache originel.


Dans cette séquence vidéo, le Dekatron d’Harwell (alias le Witch) redémarre 39 ans après son arrêt. On peut voir clignoter les tubes à gaz Dekatronhttp://tubehobby.com/show_det.php?det=17 qui mémorisent temporairement les données. La machine comportait également 480 relais et 7.073 circuits électromécaniques. © The National Museum of Computing

Le Dekatron aussi rapide que les humains, mais plus endurant

Pour fonctionner, le Dekatron (alias le Witch) ingurgitait les données dans sa mémoire vive à partir de bandes perforées. Cette mémoire employait des relais pour effectuer des calculs. À la sortie, les résultats étaient imprimés sur une machine à écrire électromécanique ou mémorisés en perforant des bandes.

Conçu avant l’arrivée des premiers transistors, le Witch utilise 828 tubes à gaz Dekatron pour stocker les données et charger les programmes. Aussi appelé tube compteur décimal, ce type de tube électronique était alors utilisé comme compteur pour les machines à calculer, et en particulier dans le nucléaire, comme compteur de particules. Avec ces Dekatron, les traitements sont réalisés en décimal, et non pas en binaire comme les ordinateurs purement électroniques qui ont suivi.

Witch n'était pas véloce : il avait besoin de 5 à 10 secondes pour multiplier deux nombres. Très lent donc, mais endurant. Il avait été conçu pour remédier aux carences de l’être humain, qui n’est pas capable de réaliser des calculs 24 heures durant. Autonome et fiable, il pouvait ainsi rester des jours entiers en fonctionnement sans aucune intervention. Jack Howlett (1912-1999), un des pionniers de l’informatique qui a utilisé le Witch dans les années 1950, racontait qu’il se rappelait de vacances de fin d’année durant lesquelles la machine avait avalé et traité des kilomètres de données en toute autonomie durant dix jours et ce sans aucun souci.


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