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Des vertèbres imprimées en 3D implantées sur un patient

En Australie, le neurochirurgien Ralph Mobbs a réussi à implanter deux vertèbres fabriquées en titane à partir d’un procédé d’impression 3D. Une première mondiale qui a permis de soigner un patient atteint de chordome.

Le neurochirurgien Ralph Mobbs est parvenu à remplacer deux vertèbres atteintes de tumeurs cancéreuses par des implants en titane imprimés en 3D. © Ralph Mobbs Le neurochirurgien Ralph Mobbs est parvenu à remplacer deux vertèbres atteintes de tumeurs cancéreuses par des implants en titane imprimés en 3D. © Ralph Mobbs

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Nous parlions récemment des premiers organes imprimés. Mais avant qu’ils soient implantés, la médecine utilise déjà des os imprimés. Pourtant aucun médecin n’avait encore réussi à implanter sur un patient des vertèbres cervicales, une zone délicate de l’anatomie humaine.

C’est l’audacieux chirurgien Ralph Mobbs, à l’hôpital Prince Of Whales de Sidney, qui a opté pour cette solution futuriste pour son patient. Ce dernier était atteint d’une tumeur cancéreuse rare au niveau des cervicales, le chordome. Brièvement, cette tumeur aurait pu grossir au niveau de ses cervicales jusqu’à comprimer son cerveau, pouvant provoquer ainsi une tétraplégie. La solution chirurgicale est donc une extraction délicate des vertèbres sur lesquelles se trouvent les cellules cancéreuses.

C’est là qu’intervient l’imprimante 3D, à deux étapes du processus médical. Après de nombreuses radios et analyses de l’anatomie du patient, avec le laboratoire Anatomics Ralph Mobbs a pu simuler les os de son patient et les imprimer.

L’implant créé par le professeur Mobbs reproduit les vertèbres d’origine au millimètre près. © Ralph Mobbs
L’implant créé par le professeur Mobbs reproduit les vertèbres d’origine au millimètre près. © Ralph Mobbs

Une intervention de 15 heures

Avec l’objectif de ne pas seulement utiliser du titane dans la restauration chirurgicale, il a pu modeler des vertèbres. Pour parvenir à cette opération avec précision, le médecin a d’abord simulé l’opération de nombreuses fois grâce à des modèles imprimés de l’anatomie du patient, jusqu’à trouver les gestes parfaits.

Enfin après une opération de 15 heures, le patient s’est réveillé, une tumeur en moins et des vertèbres en plastique en plus (voir le reportage de la chaîne australienne ABC). Rassurez-vous : les matières utilisées sont extrêmement durables. Le patient se remet progressivement de l’opération, aussi bien que si elle s’était déroulée sans impression 3D, à la différence que ce dernier ne rencontrera pas de problèmes de mouvements du cou. Ses vertèbres ont été reproduites au millimètre près pour répliquer le comportement de ses anciens os.

Chaque os et organe reproduit par l’impression 3D constitue en soi une solution pour des maladies et handicaps. Le défi de ces prochaines années se situe donc dans cette compétition médicale pour répliquer chaque partie de l’anatomie et les rendre viables. Posant de fait des questions éthiques de premier ordre : entre impression 3D et médecine bionique, la frontière est mince. Le temps et la réflexion des médecins seront nécessaires pour déterminer le rôle futur des imprimantes dans la médecine.

La fiction s’est en tout cas déjà emparée du phénomène. Un récent épisode de la série télévisée Grey’s Anatomy montre ainsi la reconstruction de la cage thoracique d’une adolescente, avec cette même technique d’impression 3D.


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