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L’extrême en vidéo : comment survivre à un crash en avion ?

En cas de crash d’avion, quelle est la place la plus sûre pour survivre ? Bien sûr, la réponse dépend des conditions de l’accident, mais il semble que les sièges en première classe soient les plus mortels. Faut-il choisir entre confort et sécurité ? 

Lors du crash, le Boeing 727 a touché le sol avec une vitesse verticale deux fois plus importante que celle que peuvent supporter les trains d'atterrissage. © Capture d'écran, awesomeweb, Dailymotion Lors du crash, le Boeing 727 a touché le sol avec une vitesse verticale deux fois plus importante que celle que peuvent supporter les trains d'atterrissage. © Capture d'écran, awesomeweb, Dailymotion

L’extrême en vidéo : comment survivre à un crash en avion ? - 2 Photos

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L’avion est le moyen de transport motorisé le plus sûr au monde. Si on le prenait une fois par jour, il faudrait vivre 35.000 ans pour être à peu près certain d’avoir un accident mortel, d'après John Hansman, du MIT. Pourtant, un passager sur trois reconnaît être inquiet en montant à bord, et un sur 100 est aviophobique, incapable de se nourrir ou de parler durant le vol. Mais phobique ou non, vous êtes-vous déjà demandé quelles étaient les places les plus dangereuses à bord en cas d’atterrissage raté ? Discovery Channel permet aux scientifiques de donner quelques éléments de réponse. En voici la preuve en vidéo.


Ce Boeing 727-212 a été fabriqué en 1977, et a volé durant 34 ans et 8 mois. Le 27 avril 2012, l'avion s'est écrasé en plein désert de Sonoran, au Mexique. © zoom2ziya, YouTube

Décryptage de la vidéo : l’atterrissage raté

Le crash s’est produit le 27 avril 2012, en plein désert de Sonoran, en Basse-Californie, dans l’ouest du Mexique. Le Boeing 727-212 a touché le sol à la vitesse de 226 km/h, la moyenne pour un atterrissage avec cet avion. En revanche, son taux de chute (ou vitesse verticale) avoisinait les 7,6 m/s (1.500 pieds par minute). Les trains d’atterrissage (le jeu de roues) d’un avion de ligne sont conçus pour supporter une vitesse de chute maximale de 3 m/s (soit 600 ft/mn), et ce à la masse maximale à l'atterrissage, un paramètre indiqué pour chaque avion. Ici, la masse devait être bien plus basse mais le taux de chute était tout de même plus de deux fois trop fort...

Sur la vidéo, on peut observer que les trains avant et arrière touchent le sol simultanément. Un atterrissage normal se produit d’abord sur les deux jambes de train d’atterrissage arrière, l’avant de l’avion ne touchant le sol que dans un second temps. Mais que l’on se rassure : cet atterrissage complètement raté a été orchestré par Discovery Channel dans le but de réaliser un documentaire scientifique. Une équipe de recherche de la division de l’International Center for Air Transportation (ICAT) du MIT a posé des caméras sous tous les angles, du cockpit à l’arrière du fuselage, et réparti une quinzaine de mannequins dans l’avion.

Une quinzaine de mannequins équipés de capteurs ont subi le crash d’un Boeing 727 en 2012.
Une quinzaine de mannequins équipés de capteurs ont subi le crash d’un Boeing 727 en 2012. © Capture d'écran, awesomeweb, Dailymotion

Des chercheurs spécialisés dans le biomédical, dans l’aéronautique et dans les forces de collision ont placé 32 capteurs sur les mannequins ainsi qu’en différents endroits de l’appareil. L’avion est parti de l’aéroport de Mexicali, avec six personnes à bord. Après 96 km de vol, le copilote et le mécanicien navigant ont sauté en parachute, accompagnés du reste de l'équipage. Puis, 32 km plus loin, le pilote Jim Bob Slocum a incliné l’avion vers la droite, orientant l’avion plein nord. Il n’a quitté le cockpit que 10 km avant le crash.

L’après-vidéo : mauvaise nouvelle pour les passagers de première classe

À l’impact, l’avant du fuselage s’est brisé net et s'est détaché. Toutefois, d’après l’équipe du MIT menée par le chercheur John Hansman, il est possible que seul le mécanicien navigant, dont le siège est à l’arrière du cockpit, aurait péri. En revanche, il est très probable que tous les passagers à l’avant de l’avion, donc au moins tous les passagers de première classe, n’auraient pas survécu à l’impact. Ils auraient subi une accélération supérieure à 12 g ! Les passagers au centre de l’appareil auraient enduré une accélération de 8 g, et certains souffriraient probablement de commotion cérébrale et autres fractures osseuses, mais leur probabilité de survie serait meilleure. Les plus chanceux auraient été à l’arrière de l’appareil. Ils n’auraient subi qu’une accélération de 6 g, soit l’équivalent d’un choc d’auto-tamponneuse dans un parc d’attractions.

Les mannequins qui se tenaient debout à l’avant et à l’arrière de l’avion avaient tous de sévères problèmes au bas du dos. Aucun des mannequins assis ne présentait pareille blessure, mais ils étaient plus vulnérables aux débris volants durant le crash. Par ailleurs, un autre aspect de l’accident peut s’avérer très dangereux : la poussière. La visibilité étant presque nulle lors du crash, il aurait été impossible de se diriger de son siège vers la sortie.

Quelle serait la meilleure place dans pareille situation ? « Ma place privilégiée serait au centre, sur l'aile ou à l'arrière du fuselage », confie Anne Evans de l’Air Accidents Investigation Branch britannique.


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