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A-t-on découvert la première météorite venue de Mercure ?

NWA 7325 n'est pas une météorite comme les autres. Les 35 fragments (345 gr en tout) récupérés au Maroc en 2012 présentent une composition étrangement similaire à ce que la sonde Messenger nous a révélé de la croûte de Mercure.

Voici le plus gros morceau (100 gr) de la météorite NWA 7325. Les 35 fragments ramassés en 2012 dans le désert marocain présentent la même composition minéralogique que la surface de la planète Mercure. © Stefan Ralew, sr-meteorites.de Voici le plus gros morceau (100 gr) de la météorite NWA 7325. Les 35 fragments ramassés en 2012 dans le désert marocain présentent la même composition minéralogique que la surface de la planète Mercure. © Stefan Ralew, sr-meteorites.de

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On sait que l'immense majorité des météorites récoltées sur Terre proviennent de la ceinture d'astéroïdes située entre les planètes Mars et Jupiter, auxquelles il faut ajouter quelques rares roches martiennes comme la météorite de Lafayette ou, tout aussi rares, quelques météorites lunaires. Les simulations démontrent cependant que nous devrions recevoir des météorites originaires de tous les astres du Système solaire interne.

Lorsque la sonde américaine Messenger a fourni les résultats concernant la composition de la surface de Mercure, les astronomes ont alors cherché parmi les météorites inclassables celles qui pourraient en être issues. Un temps candidates, certaines météorites pierreuses comme les aubrites et les angrites ont finalement été écartées. Cependant, nous avons peut-être en notre possession un morceau de la planète Mercure.

Les spectromètres de la sonde Messenger ont fourni de précieux renseignements sur la surface de Mercure. Sa composition est très proche de celle de la météorite NWA 7325. © Nasa, Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, Carnegie Institution of Washington
Les spectromètres de la sonde Messenger ont fourni de précieux renseignements sur la surface de Mercure. Sa composition est très proche de celle de la météorite NWA 7325. © Nasa, Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, Carnegie Institution of Washington

Une météorite rare... et chère

En 2012, le revendeur allemand Stefan Ralew a acheté un lot de 35 petites météorites ramassées peu de temps avant dans le désert marocain. L'œil du spécialiste a été immédiatement attiré par l'aspect inédit de ces cailloux célestes qui présentaient une croûte brillante et un intérieur vert. Cet aspect vert vitreux a déjà été observé sur les météorites lunaires mais jamais avec une couleur aussi intense. Conscient de la valeur exceptionnelle de ces météorites, Stefan Ralew a envoyé quelques grammes de roche à l'université de Washington où travaille Anthony Irving, un spécialiste des météorites planétaires qui a déjà expertisé des cailloux lunaires et martiens.

Anthony Irving et son équipe ont constaté que les échantillons de NWA 7325 avaient une composition très proche de celle de la croûte de Mercure, telle que nous l'a révélée la sonde Messenger : de l'aluminium, du magnésium mais surtout très peu de fer. Les chercheurs ont également trouvé dans la météorite des silicates de calcium, dans une proportion différente de celle connue sur Mercure. Pour Anthony Irving, cette anomalie pourrait s'expliquer par l'origine de la météorite (arrachée des profondeurs de Mercure lors d'un violent impact) ou par des altérations subies au cours de son voyage entre Mercure et la Terre. Il pourrait donc s'agir d'un morceau de la première planète du Système solaire. Toutefois, certains scientifiques, prudents, n'excluent pas qu'un astéroïde différencié puisse être à l'origine de NWA 7325.

Les tests se poursuivent mais les chercheurs savent que les quelques grammes de NWA 7325 dont ils disposent seront insuffisants pour réaliser toutes leurs analyses. Stefan Ralew ne devrait pas fournir facilement d'autres échantillons : le prix actuel de ses météorites pourrait en effet atteindre 5.000 dollars le gramme (près de 4.000 euros). Anthony Irving pense de son côté que le débat ne sera tranché que lorsqu'on rapportera des échantillons du sol de Mercure, une opération qui n'est même pas envisagée lors la mission BepiColombo, à l'horizon 2020.


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