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Extraterrestres : faut-il les chercher dans les amas globulaires ?

Les amas globulaires, contrairement à ce que l’on pense, pourraient regorger de planètes habitables et habitées. En effet, selon des chercheurs, la proximité des étoiles dans ces groupes sphériques très denses de la périphérie des galaxies faciliterait le voyage d’un monde à l’autre pour d’éventuelles civilisations extraterrestres.

Les amas globulaires renfermeraient-ils des planètes habitables et des extraterrestres ? Ici, l'amas globulaire 47 Tucanae photographié par Hubble. Concentrant des centaines de milliers d’étoiles dans une sphère de 120 années-lumière, il gravite autour de la Voie lactée à environ 17.000 années-lumière de la Terre. Visible à l’œil nu dans le ciel austral, il est le deuxième plus brillant après Omega du Centaure. © Nasa, Esa, Hubble Heritage (STScI, Aura) Les amas globulaires renfermeraient-ils des planètes habitables et des extraterrestres ? Ici, l'amas globulaire 47 Tucanae photographié par Hubble. Concentrant des centaines de milliers d’étoiles dans une sphère de 120 années-lumière, il gravite autour de la Voie lactée à environ 17.000 années-lumière de la Terre. Visible à l’œil nu dans le ciel austral, il est le deuxième plus brillant après Omega du Centaure. © Nasa, Esa, Hubble Heritage (STScI, Aura)

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La vie est apparue sur Terre il y a vraisemblablement plus de 3,8 milliards d’années – peut-être même il y a 4,1 milliards d’années –, alors que le jeune Soleil était moins chaud et brillant qu’aujourd’hui. Cela ne fait que quelques décennies que notre espèce explore les environs de son « berceau » au moyen d’orbiteurs et de robots. À l’échelle de la galaxie, Homo sapiens a fait un saut de puce, en 1969, pour se rendre pour la première fois sur la Lune… À présent, nous envisageons de fouler le sol d’une autre planète, Mars, mais ce ne sera sans doute pas avant la décennie 2030. Et après ? Arpenter d’autres corps solides du Système solaire comme des astéroïdes ou Europe et Encelade, voire installer des colonies sur notre satellite naturel…

Beaucoup caressent aussi le rêve que l’on puisse un jour aller faire un tour dans le système triple voisin Alpha du Centaure (Alpha Centauri C alias Proxima n’est qu’à 4,22 années-lumière) et au-delà pour voir, par exemple, à quoi ressemble Wolf 1061c, l’exoplanète potentiellement habitable la plus proche de nous connue à ce jour. À la vitesse de la lumière, cela ne prendrait que 14 ans pour y aller ; avec un vaisseau aussi rapide que Voyager 1 (17 km/s), on peut tout de même y être dans 250.000 ans. Y parviendrons-nous un jour ? On peut être optimiste. La tâche serait plus aisée, bien sûr, si les distances avec les astres voisins étaient plus courtes. Comme c’est le cas dans un amas globulaire

PSR B1620-26 b, surnommée Mathusalem pour son grand âge (13 milliards d’années), est une exoplanète circumbinaire découverte dans un amas globulaire, en l’occurrence Messier à 12.400 années-lumière. © Nasa, G. Bacon
PSR B1620-26 b, surnommée Mathusalem pour son grand âge (13 milliards d’années), est une exoplanète circumbinaire découverte dans un amas globulaire, en l’occurrence Messier à 12.400 années-lumière. © Nasa, G. Bacon

Quid des planètes rocheuses dans les amas globulaires

Nous ne vivons pas autour d’une étoile appartenant à un amas globulaire mais, si cela se trouvait, il pourrait y exister des planètes possédant des formes de vie complexe, ainsi que l’ont défendu Rosanne DiStefano, chercheuse au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA) et son collègue Alak Ray, de l’institut Tata pour la recherche fondamentale, lors d’une conférence aux rencontres de l’American Astronomical Society, qui se déroulent cette semaine en Floride. « Un amas globulaire pourrait être le premier lieu où une forme de vie intelligente pourrait être identifiée dans notre galaxie », a déclaré l’astrophysicienne.

Cela peut surprendre toutefois car ces communautés très compactes d’étoiles qui évoluent dans la banlieue des galaxies (on en connait 150 autour de la Voie lactée) n’ont pas la réputation d’offrir un terreau favorable à l’émergence de planètes. La plupart des étoiles qui y ont vu le jour, voici plus de 10 milliards d’années, ne présentent pas, en effet, la même métallicité que les générations plus récentes comme celle du Soleil, né il y a 4,6 milliards d’années. D’ailleurs, une seule exoplanète à ce jour a été détectée dans un de ces milieux stellaires très denses. Face à cet argument, Rosanne DiStefano répond que les planètes géantes ont, certes, l’air de préférer davantage un certain taux de métaux lourds pour se développer mais pas les petites planètes rocheuses. Après tout, on a bien débusqué des planètes autour d’étoiles ayant seulement un dixième de la métallicité de notre Soleil.

À ceux qui rétorqueront que la très grande proximité des étoiles – certains amas renferment des millions d’étoiles dans une sphère de 100 années-lumière de diamètre seulement – peut être un frein au développement de la vie sur les planètes (certaines peuvent même être éjectées), les deux chercheurs qui refusent d’être pessimistes arguent que puisqu’une majorité de la population est composée de naines rouges (moins massives, moins chaudes et moins brillantes que le Soleil), leur zone habitable est donc plus resserrée. Les planètes rocheuses y seraient donc moins perturbées gravitationnellement par les voisines. Il ne faut néanmoins pas oublier que ces petites étoiles à la longévité exceptionnelle sont aussi capables d'éruptions redoutables pour les mondes qui les entourent (voir « Il est vraiment dur de vivre à côté d’une naine rouge »).

Au centre de Messier 13 (M13), voici l’amas globulaire le plus brillant de l’hémisphère nord. Observable dans la constellation d’Hercule, il est situé à 25.000 années-lumière de la Terre. © Esa, Hubble, Garching bei München
Au centre de Messier 13 (M13), voici l’amas globulaire le plus brillant de l’hémisphère nord. Observable dans la constellation d’Hercule, il est situé à 25.000 années-lumière de la Terre. © Esa, Hubble, Garching bei München

Des étoiles proches au sein des amas

Dans les cas où les conditions nécessaires ont été réunies, la vie a pu avoir assez de temps pour s’épanouir et évoluer, étant donné l’âge moyen des étoiles : 10 milliards d’années. Aussi, les deux chercheurs estiment-ils probable qu’une (ou plusieurs) civilisation(s) technologiquement avancée(s) aie(nt) pu partir à la conquête des astres voisins. « Nous appelons cela l’opportunité des amas globulaires, déclare Rosanne DiStefano dans le communiqué du CfA. Envoyer un message vers ces étoiles ne prendrait pas plus de temps qu’une lettre allant des États-Unis vers l’Europe au XVIIIe siècle. »

Si nous habitions au sein de l’un de ces amas globulaires, la sonde Voyager 1, partie en 1977 et actuellement à un peu plus 20 milliards de km, aurait déjà parcouru un dixième de la distance qui nous sépare de l’étoile la plus proche. Dans ce contexte, il serait donc plus facile d’aller visiter les autres mondes. Ce serait la porte à côté...

Bien sûr, tout serait différent : le jour et la nuit seraient constellés de luminaires à l’arrière-plan desquels se devinerait le tourbillon de la Voie lactée. Point de nuit noire ni de perspective sur les confins de l'univers… hormis peut-être pour ceux qui vivent aux limites externes de ces pelotes d’étoiles. D’ailleurs, ce sont ces étoiles-là qu’il faut regarder en premier pour espérer y détecter une planète en transit. La tâche ne sera toutefois pas facile car les amas sont tous à plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’années-lumière de la Terre, en mouvement autour de la Galaxie. Un moyen plus rapide d’y débusquer une éventuelle intelligence extraterrestre serait de dresser l’oreille dans leurs directions, dans le cadre du programme Seti. Cela a déjà été fait en 1974, mais dans l’autre sens – c’est nous qui envoyions le message –, vers Messier 13 (M 13), l’un des plus beaux amas globulaires à observer. Avec Carl Sagan, le célèbre Frank Drake a rédigé un message radio composé de 1.679 nombres binaires qui devrait arriver à destination dans 24.958 années. Ensuite, il faudra attendre une possible réponse.

À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


Il pourrait y avoir au moins 100 milliards de planètes simplement dans notre galaxie. Difficile d’imaginer qu’aucune ne puisse abriter la vie. Le Cnes a interviewé Michel Viso, responsable des programmes d’exobiologie, afin qu’il nous parle des conditions d'apparition de la vie dans l'univers.


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