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Curiosity découvre un ancien ruisseau martien

Sur Mars, au nord du cratère Gale et au pied du mont Sharp, le rover Curiosity a photographié des cailloux et des graviers inclus dans une gangue de pierre. Ce sont les restes asséchés d’un très ancien ruisseau, explique la Nasa. Une première.

L'affleurement repéré par les scientifiques de MSL grâce au rover Curiosity et baptisé Hottah par la Nasa, et où des inclusions ont été découvertes. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS L'affleurement repéré par les scientifiques de MSL grâce au rover Curiosity et baptisé Hottah par la Nasa, et où des inclusions ont été découvertes. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS

Curiosity découvre un ancien ruisseau martien - 3 Photos

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Ce n’était pas une rivière ni un torrent mais un ruisseau. Et ce qu’en voit aujourd’hui Curiosity indique que cet écoulement s’est asséché depuis bien longtemps, des milliards d’années sans doute. Ce ne sont en effet que des cailloux, des graviers et du sable inclus dans une couche sédimentaire de 10 à 15 cm d’épaisseur et devenue de la pierre.

Les géologues savent interpréter la granulométrie, c’est-à-dire la répartition des tailles des matériaux transportés et déposés par l’écoulement d’eau. Le modeste ruisseau devait s’écouler à une vitesse de quelques kilomètres par heure, ont indiqué les premières observations. « Les formes [des pierres incluses dans le sédiment, NDLR] indiquent qu’elles ont été transportées, et leurs dimensions nous disent qu’elles n’ont pu l’être par le vent » résume Rebecca Williams, de l’Institut des sciences planétaire.

À gauche, les cailloux cimentés dans le substrat inspecté par la caméra Mastcam de Curiosity et, à droite, un ancien sédiment formé sur Terre au fond du lit d'une rivière. On y voit les cailloux, plus ou moins gros, qui ont été transportés et érodés par l'eau avant d'être inclus dans le sédiment. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS/PSI
À gauche, les cailloux cimentés dans le substrat inspecté par la caméra Mastcam de Curiosity et, à droite, un ancien sédiment formé sur Terre au fond du lit d'une rivière. On y voit les cailloux, plus ou moins gros, qui ont été transportés et érodés par l'eau avant d'être inclus dans le sédiment. © Nasa/JPL-Caltech/MSSS/PSI

L'une des deux caméras Mastcam (fixées sur le mât), avec son objectif de 100 mm de focale, a fourni des vues rapprochées. Parmi les inclusions de quelques centimètres, on repère des cailloux aux formes suffisamment arrondies pour conclure qu’ils ont été érodés par l’eau durant un temps assez long.

Autrement dit, ce ruisseau devait être plutôt long, quelques kilomètres au moins. Il aurait été alimenté par une rivière, nommée Peace Vallis, depuis un bassin d’altitude plus élevée, d’après les observations de la région, réalisées depuis l’orbite.

L'affleurement qui a mis la puce à l'oreille des scientifiques de la mission MSL (Mars Science Laboratory). © Nasa/JPL-Caltech/MSSS
L'affleurement qui a mis la puce à l'oreille des scientifiques de la mission MSL (Mars Science Laboratory). © Nasa/JPL-Caltech/MSSS

Des sédiments martiens à étudier de près

Combien de temps l’eau a-t-elle coulé ainsi sur Mars ? C’est la grande question actuelle. « Des milliers d’années, voire des millions peut-être » a avancé lors d’une conférence de presse William Dietrich, de l’université de Californie et membre de l’équipe scientifique de Curiosity. La complexité des dépressions encore visibles depuis l’orbite et correspondant à des lits de cours d’eau plaide pour des écoulements qui auraient duré longtemps, « non pas une seule fois ni même durant quelques années seulement », commente le communiqué de la Nasa.

Cet affleurement sédimentaire, au nord du cratère Gale, et au pied du mont Sharp, est donc de bon augure pour le travail demandé à Curiosity, qui est d’étudier les compositions chimiques de ces sédiments. Le rover est bien équipé pour cela, avec la Chemcam et son laser pour analyser les roches à distance, ainsi que le chromatographe et le spectromètre de masse pour étudier des échantillons prélevés sur le sol.


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