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Curiosity a analysé la "pyramide" martienne

Curiosity s’est posé sur Mars il y a plus de deux mois. Il a récemment permis d’analyser la composition d’une curieuse roche martienne de la taille d’un ballon de football et en forme de pyramide. À la surprise des planétologues, elle se révèle proche de certaines roches ignées terrestres que l’on trouve dans des régions volcaniques.

Une vue d'artiste du rover Curiosity sur Mars. Sa mission devrait durer 2 ans au minimum si tout va bien. Il a coûté 2,5 milliards de dollars. © Nasa/JPL-Caltech Une vue d'artiste du rover Curiosity sur Mars. Sa mission devrait durer 2 ans au minimum si tout va bien. Il a coûté 2,5 milliards de dollars. © Nasa/JPL-Caltech

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Il y a plus de deux mois maintenant, le rover Curiosity de la mission américaine MSL touchait le sol martien, le lundi 6 août 2012. Le lieu de son atterrissage se trouve dans le cratère Gale sur l'équateur de Mars. En hommage à l’auteur des célèbres Chroniques martiennes qui ont inspiré bien des membres de la Nasa impliqués dans les missions martiennes, le site où le rover a démarré son exploration a été baptisé Ray Bradbury.

Le temps d’effectuer quelques vérifications et un premier panorama de Mars, le rover réalisait sa première analyse à distance d’une roche, le 19 août, grâce à l’instrument Chemistry and Camera, en abrégé, ChemCam.


Décryptage de certains instruments de Curiosity avec Francis Rocard, responsable du programme d'exploration du système solaire au CNES. © Cnes, Nasa-JPL

ChemCam comporte plusieurs parties, dont l’une a été réalisée par l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap) à Toulouse et d’autres par le mythique Laboratoire national de Los Alamos aux États-Unis. Il contient un laser de forte puissance (1 million de watts) délivrant des impulsions brèves capables de vaporiser une fraction de roche pour en déterminer la composition élémentaire, jusqu’à une distance de 9 m.

Le résultat obtenu est un plasma lumineux. Une série de spectromètres lisent dans l’embrasement des atomes ionisés la composition des éléments contenus dans la roche. Il peut s'agir, par exemple, d'atomes d’oxygène, de magnésium, d'aluminium et de silicium.

Il y a peu, Curiosity était tombé sur une étrange roche en forme de pyramide taillée et de la taille d’un ballon de football.

Sur cette image de la roche baptisée « Jake Matijevic », les points rouges représentent les points d'impact du laser de la ChemCam et les zones claires (en noir et blanc) montrent les régions qu'elle a observées. Les cercles violets sont les zones étudiées avec l’Alpha Particle X-Ray Spectrometer (APXS). © Nasa/JPL-Caltech/MSSS
Sur cette image de la roche baptisée « Jake Matijevic », les points rouges représentent les points d'impact du laser de la ChemCam et les zones claires (en noir et blanc) montrent les régions qu'elle a observées. Les cercles violets sont les zones étudiées avec l’Alpha Particle X-Ray Spectrometer (APXS). © Nasa/JPL-Caltech/MSSS

Un hommage à l'un des concepteurs de Curiosity

Les chercheurs de la Nasa l’ont rapidement baptisée « Jake Matijevic » en mémoire à Jacob Matijevic (1947-2012), mathématicien devenu ingénieur qui a joué un rôle déterminant dans la conception du rover. Matijevic est malheureusement décédé quelques jours après l’atterrissage de Curiosity en août 2012. Il était également l’un des ingénieurs clés des missions qui o nt déposé les rovers SojournerSpirit et Opportunity.

La roche a finalement été analysée les 21 et 24 septembre 2012 grâce au laser de la ChemCam et à l’Alpha Particle X-Ray Spectrometer (APXS). Les résultats de ces analyses viennent d’être annoncés et ils sont quelque peu étonnants selon les membres de la Nasa.

Edward Stolper, l’un des membres principaux de la mission Curiosity a déclaré en parlant de « Jake Matijevic » : « Cette roche a une composition chimique très similaire à celle d’un type de roche ignée rare, mais bien connu, trouvé dans de nombreuses régions volcaniques sur Terre. Avec seulement un spécimen martien de ce type à ce stade, il est difficile de savoir si c’est le même processus que celui connu sur la Terre qui a produit cette roche. Mais c’est une bonne hypothèse de départ pour expliquer son origine ».

Toujours est-il que sur la Terre, des roches identiques se forment généralement sous la croûte, dans le manteau, à partir de la cristallisation de magma relativement riche en eau sous de très fortes pressions. En se basant sur les centaines de roches martiennes déjà analysées par d'autres missions, les planétologues ne s'attendaient pas à trouver une telle roche volcanique. Cette découverte devrait nous donner des renseignements sur la structure interne et l'histoire de la Planète rouge chère à Carl Sagan et bien d'autres.


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