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Comète Ison : le spectacle a commencé... très loin du Soleil

Elle est encore à plus de 700 millions de km de notre étoile, et pourtant la comète Ison est déjà en train de dégazer sous le regard de la sonde américaine Deep Impact. Ison est annoncée comme l'une des comètes les plus belles jamais observées.

Photographiée le 3 février 2012 par un télescope automatique installé au Nouveau-Mexique, la comète Ison, alors de magnitude 16, montrait déjà les signes d'un dégazage surprenant à une telle distance du Soleil (plus de 5 UA). © Rolando Ligustri, ITelescope.net, Cara Photographiée le 3 février 2012 par un télescope automatique installé au Nouveau-Mexique, la comète Ison, alors de magnitude 16, montrait déjà les signes d'un dégazage surprenant à une telle distance du Soleil (plus de 5 UA). © Rolando Ligustri, ITelescope.net, Cara

Comète Ison : le spectacle a commencé... très loin du Soleil - 2 Photos

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Depuis que deux astronomes russes, Vitali Nevski et Artyom Novichonok, ont découvert la comète C/2012 S1 le 21 septembre dernier avec un télescope automatique de 40 cm de diamètre du réseau Ison (International Scientific Optical Network), on ne parle plus que de cet astre chevelu. Il faut dire que la lointaine voyageuse a de quoi faire tourner la tête des astronomes les plus sceptiques : le 28 novembre prochain, la comète Ison passera à moins de deux millions de km de l’astre solaire, et tout laisse à penser qu'il s'agit d'une comète toute neuve qui va copieusement dégazer, offrant un spectacle magnifique. Du coup, les estimations les plus folles circulent depuis sa découverte, allant jusqu'à lui donner un éclat comparable à celui de la Pleine Lune et une queue qui pourrait atteindre 90 degrés apparents sur la voûte céleste ! Du jamais vu depuis 1680.

Cette année-là, l'astronome Gottfried Kirch fut le premier à découvrir une nouvelle comète avec un télescope. Cet astre chevelu s'approcha à 900.000 kilomètres du Soleil, devenant visible en plein jour et déployant une queue apparente de 70 degrés. Très étrangement, l'orbite de la comète Ison ressemble beaucoup à celle découverte par Gottfried Kirch (qui entra dans l'histoire sous le nom de Grande Comète de 1680), ce qui fait dire à certains astronomes que les comètes Ison et Kirch sont des fragments d'un même corps. Bien qu'elle soit encore à plus de 5 UA du Soleil, la comète C/2012 S1 a déjà commencé à dégazer, comme le révèlent les images obtenues par quelques télescopes terrestres ainsi que par la sonde Deep Impact.

L'image semble quelconque, mais son intérêt est grand. Le 17 janvier 2013, Deep Impact photographiait C/2012 S1 à plus de 700 millions de km et y décelait une queue de plus de 60.000 km de long. Après Tempel 1, Harthley 2 et Garradd, Ison devient la quatrième comète étudiée par la sonde américaine. © Nasa 
L'image semble quelconque, mais son intérêt est grand. Le 17 janvier 2013, Deep Impact photographiait C/2012 S1 à plus de 700 millions de km et y décelait une queue de plus de 60.000 km de long. Après Tempel 1, Harthley 2 et Garradd, Ison devient la quatrième comète étudiée par la sonde américaine. © Nasa 

Ison, une comète déjà très active

C'est en janvier 2005 que la sonde Deep Impact a décollé de la base de Cap Canaveral pour aller survoler la comète Tempel 1 au mois de juillet de la même année et y projeter un impacteur. Objectif : creuser un cratère dans le noyau pour analyser les matériaux éjectés et le sous-sol de la comète. La mission, rebaptisée Epoxi (Extrasolar Planet Observation and Deep Impact Extended Investigation), a ensuite été consacrée à l'observation des transits de planètes extrasolaires avant d'étudier deux autres comètes, Hartley 2 en octobre 2010 et Garradd fin 2011.

Le 17 janvier dernier, Deep Impact a réalisé une vidéo du déplacement de la comète Ison devant les étoiles. Bien qu'elle se situait à ce moment au-delà de l'orbite de Jupiter, C/2012 S1 présentait déjà une queue de 64.000 km en raison d'un dégazage qui surprend les astronomes. Les chercheurs de la mission Deep Impact espèrent pouvoir réaliser dans les jours qui viennent les premiers spectres de la comète de façon à déterminer si c'est bien le CO2 qui est responsable de ce dégazage. En analysant les très faibles variations de luminosité du noyau de la comète, ils devraient également être en mesure d'estimer sa période de rotation.

La Nasa compte bien mobiliser d'autres instruments pour étudier C/2012 S1, comme le rover Curiosity, lorsque la comète sera en vue de la planète Mars. Puis ce sera au tour des télescopes du monde entier de se tourner vers cet astre, en attendant que son éclat permette à tous les Terriens de l'admirer...


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