En cette mi-août, nombre de vacanciers arborent fièrement un joli teint hâlé. Ils le doivent, bien sûr, essentiellement au Soleil mais aussi, selon une étude australienne, un tout petit peu (mais vraiment un tout petit peu) au fond diffus extragalactique. De quoi ajouter une touche d’exotisme dans notre bronzage !

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    Chaque seconde, ce sont quelque 10 milliards de photons d'origine extragalactique - ceux qui constituent le fond diffus extragalactique - qui frappent notre peau, de jour comme de nuit, dès que nous mettons le neznez dehors. C'est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivée une équipe de l'International Centre for Radio Astronomy Research (Australie). 10 milliards, soit 1010 !

    Un chiffre impressionnant qu'il convient tout de même de relativiser. En effet, lorsque nous prenons un bain de Soleil, ce ne sont pas moins de 1021 photons issus de notre étoile qui bombardent notre corps chaque seconde. Ainsi, la lumière extragalactique ne compte que pour une part infime de notre bronzage.

    Rappelons que le fond diffusdiffus extragalactique (EBL pour Extragalactic background light, comme l'appellent les Anglo-saxons) est constitué du rayonnement - de l'ultraviolet à l'infrarouge - émis par l'ensemble des étoiles et des galaxiesgalaxies existant ou ayant existé dans l'universunivers depuis son origine. Dans certaines parties du spectrespectre, ce rayonnement est difficile à mesurer. L'équipe de l'International Centre for Radio Astronomy Research s'est appuyée sur des images fournies par divers télescopestélescopes spatiaux - parmi lesquels le télescope spatial Hubble, le télescope spatial infrarouge Spitzer ou encore le Galaxy Evolution Explorer (UV) - pour réaliser les mesures les plus précises jamais réalisées de ce fond diffus extragalactique.

    L’équipe de l<em>’International Centre for Radio Astronomy Research</em> s’est appuyée sur les données fournies par plusieurs instruments astronomiques pour arriver à mesurer avec précision le fond diffus extragalactique. Ici, une vue d’artiste du télescope spatial Spitzer sur fond de Voie lactée. © Nasa, JPL-Caltech, DP

    L’équipe de l’International Centre for Radio Astronomy Research s’est appuyée sur les données fournies par plusieurs instruments astronomiques pour arriver à mesurer avec précision le fond diffus extragalactique. Ici, une vue d’artiste du télescope spatial Spitzer sur fond de Voie lactée. © Nasa, JPL-Caltech, DP

    Le fond diffus extragalactique pourrait trahir les secrets de l'univers

    Selon cette étude australienne, nous sommes donc bombardés, à chaque instant, par des photons venus des confins de l'univers. Pas de panique, nous rassurent les chercheurs : avant que ces photons ne nous causent quelque dommage que ce soit, il nous faudrait nous prélasser à la lumière de l'EBL pendant plusieurs milliards d'années.

    D'autant que l'univers semble nous être livré avec sa propre protection intégrée. Ainsi, près de la moitié de l'énergieénergie provenant de la lumière ultraviolette émise par les galaxies est convertie dans une longueur d'ondelongueur d'onde moins dangereuse grâce aux collisions que subissent les photons sur les divers grains de poussière qu'ils rencontrent dans leur voyage. L'équivalent d'une « crème extragalactique » avec un indice de protection 2 !

    Si les astrophysiciensastrophysiciens de l'International Centre for Radio Astronomy Research se sont intéressés à l'EBL, ce n'est, bien sûr, pas pour estimer son impact sur notre bronzage. Leur étude s'intègre en réalité dans un programme plus vaste qui vise à mieux comprendre comment nous sommes passés de l'univers primordial à un univers tel que nous le connaissons aujourd'hui. Car l'EBL porteporte, en quelque sorte, la mémoire de la formation stellaire et avec elle, de l'histoire de l'univers dans son ensemble.