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Bientôt un télescope privé au pôle sud de la Lune

La privatisation de l’espace touche également la Lune. Le report du retour de l’Homme sur l’astre sélène à des périodes économiquement plus fastes pousse des sociétés privées à investir sur la Lune. Après les projets d’exploitation des ressources naturelles, deux firmes projettent d’y installer un télescope optique et radio vers 2016.

Dans les cartons depuis le milieu des années 2000, le projet d'observatoire lunaire d'Iloa trouve un second souffle avec la décision de Moon Express de rejoindre ce projet. Lancement prévu à l'horizon 2016. © International Lunar Observatory Association Dans les cartons depuis le milieu des années 2000, le projet d'observatoire lunaire d'Iloa trouve un second souffle avec la décision de Moon Express de rejoindre ce projet. Lancement prévu à l'horizon 2016. © International Lunar Observatory Association

Bientôt un télescope privé au pôle sud de la Lune - 2 Photos

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Une start-up, Moon Express, et une association à but non lucratif, International Lunar Observatory Association (Iloa), ont l'intention d'installer un instrument d'astronomie sur un pic lunaire de cinq kilomètres de haut dans le cratère Malpert. Cet observatoire miniature serait composé d'un petit télescope optique et d'une antenne parabolique de deux mètres. Au pôle sud de notre satellite, ce site dispose d’une température relativement stable, autour de -50 °C, et d’un fort taux d'ensoleillement qui permet se passer d'une source d’énergie autonome (nucléaire). Les panneaux solaires et des batteries suffiront amplement.

L'autre intérêt est scientifique. Depuis ce promontoire, l'observation du ciel est idéale. En optique, les images seront bien meilleures que celles d'un télescope terrestre de même dimension. Quant au domaine radio, un instrument installé à cette position sur la Lune serait assez bien protégé des abondantes émissions des Terriens actuels.

Partisans de la science citoyenne, Moon Express et Iloa veulent rendre de nombreuses images publiques et gratuitement disponibles sur Internet. Une webcam sur la Lune en quelque sorte...

Le temps d'observation des deux instruments du futur télescope au pôle sud de la Lune sera commercialisé, bien que des programmes scientifiques et à destination du grand public soient prévus pour être gratuits. À l’image, la galaxie M51, plus communément appelée galaxie du Tourbillon.
Le temps d'observation des deux instruments du futur télescope au pôle sud de la Lune sera commercialisé, bien que des programmes scientifiques et à destination du grand public soient prévus pour être gratuits. À l’image, la galaxie M51, plus communément appelée galaxie du Tourbillon. © K. Rhode, M. Young, WIYN, NOAO, Aura, NSF

Le télescope lunaire, un concept qui ne fait pas l’unanimité

Aussi réjouissante soit-elle, l'idée d’installer un télescope fonctionnant dans le visible et l'infrarouge sur la Lune laisse les astronomes circonspects. Certains doutent même de l'intérêt de cette implantation. En cause, l’absence d’atmosphère autour de la Lune, qui la rend vulnérable à la chute de débris de toutes tailles, susceptibles de faire trembler le sol, voire d’endommager l’instrument. Autre problème, la poussière lunaire, qui s'accumulerait sur les miroirs et les capteurs de ces instruments et risquerait d'interférer, voire d'obstruer leur vision. Cependant, un radiotélescope serait moins affecté par la poussière. Il pourrait en effet continuer à fonctionner de façon nominale, mais seulement dans les ondes radio à très basse fréquence.

Cela dit, soyons optimistes. Les deux sociétés privées proposent d’envoyer des instruments de petite taille à la durée de vie limitée. On est loin des concepts d'implantation de télescope de très grande taille et en dur, qui nécessiteront l’envoi d’humains pour les installer.

Étant donné que le pôle sud a été identifié comme une zone potentiellement riche en ressources naturelles et l’une des régions lunaires les plus propices à l’installation d’une base habitée, la société Moon Express a également annoncé qu’elle compterait aussi profiter de sa présence sur la Lune pour faire des explorations du pôle sud, en vue de chercher de l’eau et des minerais.


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