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L’astéroïde Apophis, photographié par Herschel, est plus gros que prévu

Le géocroiseur Apophis, qui vient de passer à environ 14 millions de kilomètres de la Terre, a été suivi de près par les astronomes. Parmi les instruments braqués sur lui, le télescope spatial Herschel, de l’Esa, a montré que ce corps est plus gros qu’on le croyait.

L'observation en infrarouge a permis de mesurer la température de surface d'Apophis, qui n'est pas homogène à cause du rayonnement solaire. Les valeurs sont indiquées en kelvins (degrés au-dessus du zéro absolu, soit -273,15 °C). Elles ne sont que des estimations correspondant, comme on le constate sur l'image, à un corps sphérique, alors que l'on pense, depuis les observations de 2005 et 2006, que l'astéroïde pourrait avoir une forme allongée. © Esa, Herschel, Mach-11, T. Müller, MPE (Allemagne) L'observation en infrarouge a permis de mesurer la température de surface d'Apophis, qui n'est pas homogène à cause du rayonnement solaire. Les valeurs sont indiquées en kelvins (degrés au-dessus du zéro absolu, soit -273,15 °C). Elles ne sont que des estimations correspondant, comme on le constate sur l'image, à un corps sphérique, alors que l'on pense, depuis les observations de 2005 et 2006, que l'astéroïde pourrait avoir une forme allongée. © Esa, Herschel, Mach-11, T. Müller, MPE (Allemagne)

L’astéroïde Apophis, photographié par Herschel, est plus gros que prévu - 2 Photos

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Herschel, l’observatoire spatial de l’Esa dans l’infrarouge, a réalisé cette semaine de nouvelles observations de l’astéroïde Apophis tandis qu’il s’approchait de la Terre. Ces nouvelles données indiquent que ce géocroiseur serait plus grand mais moins réfléchissant qu’attendu.

Désigné sous la référence (99942) Apophis, ce caillou céleste (initialement repéré comme 2004 MN4) est régulièrement qualifié d’astéroïde de la fin du monde dans les grands médias. Il doit cette réputation au fait que les premières observations, lors de sa découverte en 2004, le créditaient de 2,7 chances sur 100 de frapper la Terre en avril 2029. Des observations complémentaires ont cependant permis d’écarter tout risque de collision en 2029, bien que l’astéroïde passera alors en dessous des 36.000 km de l’orbite géostationnaire.

Trois vues de l'astéroïde Apophis par le télescope infrarouge Herschel dans trois longueurs d'onde, respectivement, de gauche à droite, 70, 100 et 160 micromètres. Les observations montrent que sa surface réfléchit 23 % de la lumière solaire, soit un albédo de 0,23, alors que cette valeur était jusque-là estimée à 0,33. Apophis est donc plus sombre que prévu. Cette valeur ainsi que la répartition des températures de surface (voir l'image au bas de l'article), ne sont pas anecdotiques : l'absorption plus ou moins grande du rayonnement solaire influe, petitement mais significativement, sur les variations d'orbite. © Esa, Herschel, PACS, Mach-11, MPE, B. Altieri (Esac) et C. Kiss (Konkoly Observatory)
Trois vues de l'astéroïde Apophis par le télescope infrarouge Herschel dans trois longueurs d'onde, respectivement, de gauche à droite, 70, 100 et 160 micromètres. Les observations montrent que sa surface réfléchit 23 % de la lumière solaire, soit un albédo de 0,23, alors que cette valeur était jusque-là estimée à 0,33. Apophis est donc plus sombre que prévu. Cette valeur ainsi que la répartition des températures de surface (voir l'image au bas de l'article), ne sont pas anecdotiques : l'absorption plus ou moins grande du rayonnement solaire influe, petitement mais significativement, sur les variations d'orbite. © Esa, Herschel, PACS, Mach-11, MPE, B. Altieri (Esac) et C. Kiss (Konkoly Observatory)

Préciser l’orbite d’Apophis pour le passage rapproché de 2029

Apophis reviendra dans les parages terrestres en 2036, mais sans qu’on sache encore précisément avec quelle proximité, puisque tout dépendra des conséquences exactes du passage de 2029 sur son orbite. De ce fait, obtenir des paramètres physiques plus précis sur Apophis et son orbite est déterminant pour réaliser de meilleures prévisions de sa trajectoire future.

Herschel a eu une opportunité pour cela en fin de semaine dernière, observant l’astéroïde pendant près de deux heures alors qu’il approchait de la Terre avant son passage au plus proche le 9 janvier, à environ 14,5 millions de km, soit presque un dixième de la distance Terre-Soleil, ou encore 35 à 40 fois celle de la Lune. Ces observations ont été effectuées dans le cadre du programme de temps d’observation garanti Mach-11.

« Au-delà de l’importance des données scientifiques en elles-mêmes, comprendre les propriétés fondamentales des astéroïdes nous fournira les détails essentiels à la mise au point de missions qui pourraient rendre visite à ces objets potentiellement dangereux, prend soin de préciser Laurence O’Rourke, responsable scientifique du programme d’observation Mach-11 de l’Esac (European Space Astronomy Centre). Apophis n’est jamais que le deuxième astéroïde géocroiseur observé par Herschel, et il s’agissait de l’objet le plus rapide qu’il ait jamais eu à suivre, avec une vitesse de déplacement apparent de 205 secondes d’arc par heure. »


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