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Apparition de la vie : la réponse dans l'eau liquide des comètes ?

D'après l’un des pionniers de la forme moderne de la théorie de la panspermie, Chandra Wickramasinghe, la présence d'argile dans la comète Tempel 1 indique qu'elle a un jour contenu de l'eau liquide. Selon lui, pendant les premiers millions d’années de notre système solaire, les comètes, avec leurs poches d'eau liquide et tiède, auraient constitué des éprouvettes idéales pour une chimie prébiotique. De quoi déclencher l'apparition de la vie sur une planète comme la nôtre.

La sonde Deep Impact a prise cette image de la surface de la comète Tempel 1. On remarque des zones bizarrement lisses, peut-être des traçes de fusion récente de la surface de la comète (flèches a et b). En haut à droite les deux flèches indiquent la direction du Soleil et le nord de la comète. Crédit : Nasa/UM M. F. A'Hearn et al., Science 310, 258 (2005) La sonde Deep Impact a prise cette image de la surface de la comète Tempel 1. On remarque des zones bizarrement lisses, peut-être des traçes de fusion récente de la surface de la comète (flèches a et b). En haut à droite les deux flèches indiquent la direction du Soleil et le nord de la comète. Crédit : Nasa/UM M. F. A'Hearn et al., Science 310, 258 (2005)

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Professeur au Centre for Astrobiology de l’Université de Cardiff, Chandra Wickramasinghe est un ancien étudiant de Fred Hoyle. Avec lui, il partage une certaine propension à suivre des idées à contre-courant des consensus de la communauté scientifique. Depuis des années, par exemple, il soutient que l’origine de la vie ne doit pas se trouver dans la soupe primitive d’Alexander Oparin, rendue célèbre par les expériences de Miller, mais dans l’espace. Il existerait même selon eux des colonies de micro-organismes, provenant peut-être d'autres systèmes planétaires, à l'état dormant dans les glaces des comètes. C'est lors de bombardements de planètes accueillantes comme la Terre que ces micro-organismes y apporteraient la vie.

Cette opinion hautement controversée, pour ne pas dire improbable, l’a quand même conduit avant tout le monde à affirmer que de la matière organique devait être abondante dans les nuages de poussières et de molécules interstellaires, et en particulier les comètes. Sur ce point lui et Hoyle avaient raison.

Sans aller jusqu’à suivre les idées de ces deux chercheurs, on peut considérer avec intérêt l’article que Wickramasinghe et ses collègues Janaki Wickramasinghe et Max Wallis viennent de publier.

Les chercheurs partent de la théorie selon laquelle un Little Bang est à l’origine de notre système solaire. Une supernova aurait déclenché l’effondrement d'un nuage moléculaire trop froid et trop peu dense pour se contracter de lui-même. Ce faisant, des quantités importantes d’isotopes radioactifs à courtes périodes, comme l’aluminium 26, auraient été produites et injectées dans la nébuleuse protosolaire en train de se condenser en planétésimaux et comètes.

Chimie prébiotique, voire apparition de la vie dans les comètes ?

La désintégration de l’aluminium 26 au sein de ces boules de neige sale, selon l’expression de Fred Whipple, les aurait presque inévitablement chauffées, produisant, estime Wickramasinghe, la formation de grandes poches d’eau liquide. Pendant quelques millions d’années, une soupe d’eau tiède riche en molécules organiques aurait donc existé et qui peut savoir la complexité des synthèses chimiques qui ont pu s’y produire ?

Il est possible que plusieurs des étapes de la chimie prébiotique nécessaires à l’apparition d’une cellule vivante aient effectivement pu se produire efficacement dans ces conditions. Plus tard, les molécules complexes bien conservées dans la glace cométaire auraient ensemencé la Terre, assurant un départ rapide de la vie.

Ce ne sont bien sûr que des spéculations qui seront peut-être un jour vérifiées par les missions interplanétaires de la seconde moitié du vingt-et-unième siècle, avec des atterrissages et des explorations humaines sur plusieurs dizaines de comètes. Peut-être les preuves sont-elles vraiment cachées à portée de la main dans la ceinture d’astéroïdes, dont certains sont peut-être d’anciennes comètes.

En attendant ces missions futures, Chandra Wickramasinghe pense que les analyses des spectres obtenus lors de la mission Deep Impact sur la comète Tempel 1 révèlent la présence de ce qui pourrait bien être des argiles. Or, ces dernières se forment normalement en présence d’eau liquide...

L'hypothèse des poches d'eau formées dans un passé lointain se trouve ainsi fortement renforcée. Elle n'est cependant pas la seule qui peut expliquer la présence de ces argiles. La surface de la comète, en effet, présente aussi des zones lisses donc jeunes car peu cratérisées. Il pourrait s'agir selon les chercheurs de lacs gelés, formés initialement à proximité du Soleil lors de précédents passages de la comète. La présence d'argile pourrait donc ne pas être entièrement due, voire pas du tout, à des phases très primitives de fusion partielle de la glace de la comète.


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