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En vidéo : hommage à Neil Armstrong

Neil Armstrong, premier Homme à avoir marché sur la Lune, nous a quittés ce 25 août 2012. Son nom restera à jamais associé aux premiers pas de l’humanité hors de son berceau. Parmi les plus grands héros américains selon la déclaration du président Obama, Armstrong avait toujours refusé ce rôle, n’oubliant pas que le programme Apollo était l'aboutissement collectif du travail de 300.000 à 400.000 personnes durant une décennie. Futura-Sciences lui rend hommage.

Neil Armstrong en 1969 à l'intérieur d'Apollo 11. Premier Homme qui a marché sur la Lune, il est donc décédé le 25 août 2012 des suites d'une opération du cœur. © Nasa Neil Armstrong en 1969 à l'intérieur d'Apollo 11. Premier Homme qui a marché sur la Lune, il est donc décédé le 25 août 2012 des suites d'une opération du cœur. © Nasa

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C’est le 21 juillet 1969, à 2 h 56 (UTC), alors qu'il posait le pied sur la surface de la Lune, que Neil Armstrong a prononcé sous l’effet d’une inspiration soudaine la fameuse phrase : « C'est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l'humanité ». D’une certaine façon, elle faisait écho à celle du père de l’astronautique Constantin Tsiolkovski qui plus de 50 ans auparavant avait déclaré : « La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau ».

L’homme qui allait concrétiser cette prédiction de Tsiolkovski  et qui vient de décéder des suites d’un quadruple pontage coronarien à 82 ans ce 25 août 2012, était né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans l'Ohio. Comme beaucoup d’astronautes, il était initialement pilote d’essai. L’aéronautique, il y est tombé dedans tout petit déjà puisque c’est à 2 ans que son père le fait assister à des courses aériennes et à 6 ans qu’il effectue son baptême de l'air. Il obtient son brevet de pilote le jour de son seizième anniversaire, avant même son permis de conduire.


Une série de photos illustrant la carrière de Neil Armstrong, de ses premiers vols avec l'avion-fusée X15 jusqu'à Apollo 11. La première image le montre d'ailleurs marchant sur la Lune. © Nasa-CoconutScienceLab/YouTube

 

Par la suite, il entreprend des études d’ingénieur en aéronautique à l’université de Purdue et décroche en 1950, à tout juste 20 ans, son diplôme de pilote d'avion à réaction. Cela le conduit à participer à la guerre de Corée en 1951. Il effectue alors de nombreux vols mais quitte l’armée dès 1952 pour terminer ses études à l’université. Peu de temps après, il décide de devenir pilote d'essai et postule auprès de la Naca, l’organisme de recherche aéronautique, ancêtre de la Nasa.

Armstrong : un ingénieur en aéronautique et un pilote d'essai

Quelques années plus tard, il pilote le fameux avion-fusée X-15 utilisé dans le cadre d’un programme de recherche sur les vols à très haute vitesse et très haute altitude. De 1960 à 1968, les 3 exemplaires construits permettront à la Nasa de pulvériser tous les records de vitesse et d'altitude détenus par un aéronef piloté à aile fixe.



Neil Armstrong à côté d'un des avions-fusées X-15 qu'il a pilotés. Le North American X-15 était un avion-fusée expérimental américain, construit dans le cadre d'un programme de recherche sur les vols à très haute vitesse et très haute altitude. © Nasa

Un tournant dans la vie d’Armstrong intervient probablement en 1960 lorsqu’il est sélectionné pour faire partie du projet X-20 Dyna-Soar, un appareil qui préfigure la navette spatiale. Le projet n’aboutira pas mais il semble bien que c’est à ce moment-là que naît sa vocation. De plus en plus enthousiaste sur la conquête de l’espace lancée par Kennedy avec Von Braun, il postule pour devenir astronaute. Sa candidature arrivera environ une semaine après la date limite fixée au 1er juin 1962. Mais un des membres de l’équipe de recrutement le connaissant, elle sera tout de même retenue. En mars 1966, il effectue son premier vol spatial à bord de Gemini 8.

C’est finalement le 16 juillet 1969 à 13 h 32 UTC que Saturn V décolle de Cap Canaveral en emportant Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins à bord d’Apollo 11. L’alunissage sera l’occasion pour Armstrong de faire une démonstration de plus de son légendaire sang-froid. Le module Eagle survolait à la surface de la Lune au-dessus de la mer de la Tranquillité le 20 juillet 1969 lorsque l'Apollo Guidance Computer, l'ordinateur embarqué de navigation et de pilotage, donna des signes de défaillance.

En raison d’un défaut de conception, le système informatique entra en surcharge sur la gestion du flux de données, produisant plusieurs alertes sonores. Armstrong ayant pris le contrôle manuel de l’engin, se rend compte qu’un cratère d’impact empêche l’alunissage prévu. Il pilote donc le module lunaire en vol stationnaire jusqu’à ce qu’il repère un site plus sûr malgré le manque de carburant. Lorsqu’il prononce la fameuse phrase « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri », il ne restait que quelques dizaines de seconde de carburant disponible tout au plus.


De nombreux extraits vidéo montrent l'entraînement de Neil Armstrong, le programme Gemini, le pilotage du prototype du futur module lunaire qui faillit tuer Armstrong (on le voit s'éjecter en parachute), son alunissage avec la mission Apollo 11 et son retour sur Terre dans l'océan, suivi de sa mise en quarantaine... Le dernier extrait montre les essais du X-15. © Nasa-CoconutScienceLab/YouTube

Environ 450 millions d'humains (sur une population mondiale estimée à 3,631 milliards) vont finalement entendre l’immortelle déclaration d’Armstrong laissant ses premières empreintes de pas dans le régolithe lunaire : « That's one small step for man, one giant leap for mankind ». Peu de temps après, alors que Buzz Aldrin s’était joint à lui pour dévoiler une plaque commémorative apposée sur un des pieds de l'étage de descente qui doit rester sur la Lune après le départ des astronautes, Armstrong lira à haute voix  le texte gravé : « Ici des hommes de la planète Terre ont pris pied pour la première fois sur la Lune, en juillet 1969 ap J.-C. Nous sommes venus dans un esprit pacifique au nom de toute l'humanité ».

Avant de retourner sur Terre, les deux astronautes déploieront le drapeau américain, déposeront quelques instruments de mesure et collecteront 21,7 kg d'échantillons de sol lunaire prélevés lors de la sortie extravéhiculaire de 2 h 31 et durant laquelle ils ont parcouru 250 m. Petite anecdote : avant le décollage, Buzz Aldrin avait cassé par inadvertance le bouton poussoir permettant de mettre à feu le moteur de l'étage de remontée du module lunaire. Heureusement, il put se servir de la pointe d'un stylo pour le démarrer…

Un homme discret refusant la gloire d'Apollo 11

De retour sur Terre, Armstrong et son collègue eurent des réactions bien différentes. Buzz Aldrin sombra temporairement dans la dépression et l’alcoolisme et se prêta plus facilement au jeu des médias que Neil Armstrong. Celui-ci refusa d’endosser le rôle d’un héros américain, préférant mener une vie discrète. Son collègue, l’astronaute John Glenn, 81 ans, qui a effectué le premier vol orbital américain, lui rend d’ailleurs hommage tout en précisant : « C'était une personne humble et il l'est resté après son vol lunaire, comme avant ». Ce qui n’empêche pas le président des États-Unis, Barack Obama, de saluer la mémoire d’Armstrong : « Neil était parmi les plus grands héros américains, pas seulement de l'époque actuelle, mais de tous les temps ».

On ne peut s'empêcher de penser que la mort de Neil Armstrong représente la fin d'une époque, celle du XXe siècle. Espérons que nous n'allons pas tarder à entrer véritablement dans le XXIe siècle, celui rêvé par Arthur Clarke.


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