Mots-clés |
  • Astronautique,
  • Falcon 9,
  • SpaceX,
  • étage réutilisable,
  • lanceur réutilisable,
  • lanceur partiellement réutilisable,
  • accès à l'espace

En vidéo : la descente du premier étage du lanceur Falcon 9

Lors de son dernier lancement, SpaceX a démontré qu'il était possible de récupérer un étage de lanceur. Certes, ce qui en restait a coulé à quelques kilomètres de l’endroit prévu, mais les faits sont là. Bien que le contrôle de la trajectoire de l'étage n'ait pas été optimal, il s'est en revanche très bien comporté pendant toute la phase de rentrée. Il s'est posé en douceur, et à la verticale.

Cette capture d'image de la vidéo de descente du premier étage du Falcon 9 montre que les quatre pieds (deux à l'image) se sont correctement déployés en vol. © SpaceX Cette capture d'image de la vidéo de descente du premier étage du Falcon 9 montre que les quatre pieds (deux à l'image) se sont correctement déployés en vol. © SpaceX

En vidéo : la descente du premier étage du lanceur Falcon 9 - 1 Photo

PDF

Lors du dernier lancement du Falcon 9, SpaceX a testé le retour en mer du premier étage de son lanceur. Alors que la phase de descente et d’amerrissage s’est apparemment bien déroulée, la récupération de l’étage n’a pas été possible en raison de conditions météorologiques très défavorables. L’étage s’est posé au beau milieu d’une tempête. Bien qu’il se soit posé en douceur, il s’est brisé en plusieurs morceaux sous l’effet d'une mer démontée. Vide et dépressurisé, un étage est très fragile. Les éléments récupérés ne sont pas d’une grande utilité. Ils ne proviennent pas des parties de l’étage les plus contraintes lors de la phase de retour.

Le lanceur avait décollé de Cap Canaveral, en Floride. À bord, la capsule Dragon transportant 2,4 tonnes de fret à destination de la Station spatiale internationale. Trois minutes après le décollage du Falcon 9, le premier étage s’est séparé du reste du lanceur. Afin de l’amener à se poser au-dessus d’un point donné en volant à la verticale, deux rallumages d’un certain nombre de ses neuf moteurs ont été nécessaires. Un premier pour réduire sa vitesse, alors de Mach 1,1, à 8,5 kilomètres d’altitude. Le second a permis l'amerrissage en douceur. La descente s’est faite avec un taux de roulis proche de zéro.


Vidéo de très mauvaise qualité (c’est une version améliorée !) de la descente du premier étage du Falcon 9 après sa séparation du reste du lanceur. Les mauvaises conditions météorologiques ont empêché la récupération de l’étage en un seul bloc. © SpaceX

L’étage de Falcon 9 s’est-il comporté comme prévu ?

C'était la théorie. En pratique, c'est ce qui s’est vraisemblablement passé, mais vu que certaines données n'ont pas été recueillies, il n'est pas possible de le vérifier. Et ce n'est pas la vidéo ci-dessus de la descente de l'étage (sur laquelle on ne voit rien, sinon une image furtive montrant que les quatre pieds du système d’atterrissage se sont bien déployés) qui va nous éclairer. Interrogé, SpaceX n’a pas pu fournir les informations demandées sur le contrôle de la vitesse du roulis, le comportement de l’étage entre les vitesses hypersoniques et subsoniques et le nombre de moteurs rallumés sur les neuf que possède l’étage. La société a juste confirmé que si la zone d’atterrissage visée a bien été atteinte, le point d’impact a, lui, été raté de quelques kilomètres.

Le prochain lancement de SpaceX est prévu le 10 mai avec une nouvelle tentative de récupération de l’étage. Cette fois-ci, les conditions météorologiques devraient être plus favorables et le retour en mer se fera plus près des côtes de Floride.

Au sol, les essais de développement se poursuivent. SpaceX teste sur banc d'essai des composants liés à la réutilisabilité et en vol des prototypes d'étages réutilisables comme l'étage monomoteur Grasshopper. Aujourd'hui remisé après une série d’essais concluants menés depuis 2011, il a laissé la place à un prototype à trois moteurs qui a réalisé un premier vol d’essai (FR9) le 14 avril. Ce prototype pourrait évoluer vers un engin utilisable pour des vols suborbitaux.

La technologie de SpaceX et l’atterrissage de charges sur Mars

Un essai d’atterrissage sur la terre ferme est prévu d’ici à la fin de l’année et la réutilisation d’un premier étage courant 2015. Les essais de récupération des premiers étages vont se poursuivre lors des prochains lancements de Falcon 9. Du moins ceux qui le permettront : pour certaines mises à poste, comme l'orbite de transfert géostationnaire, tout le carburant du lanceur est utilisé pour mettre le satellite en orbite. Ces récupérations d'étage se feront au-dessus de l’océan tant qu’un certain nombre de phases du vol de retour ne seront pas complètement maîtrisées. Il s’agit d’éviter tout risque de perdre le contrôle de l’étage pouvant l'amener à dériver au-dessus de zones habitées ou industrielles et s'y écraser.

La Nasa s’est également intéressée à cette tentative de récupération de l’étage du Falcon 9, en raison de l'applicabilité de cette technique à l'atterrissage de grosses charges utiles sur Mars. Cependant, en raison des conditions météorologiques très défavorables, le Lockheed P-3 Orion qui devait suivre la phase de descente pour obtenir des données est resté au sol.

La Nasa travaille à comprendre comment des propulseurs fonctionnant dans des vitesses supersoniques se comporteraient dans l’atmosphère martienne, moins dense que celle de la Terre, pour freiner des charges lourdes. Compte tenu de la nécessité de poser sur Mars des masses toujours plus importantes, en prévision des futures missions habitées, tous les moyens techniques pour y parvenir sont passés en revue.


Sur le même sujet

Vos réactions

Chargement des commentaires