Hors service depuis l’échec partiel du lancement de janvier dernier, le lanceur russe Rockot retrouve des couleurs avec une mission réussie le 11 septembre et le feu vert de l’Agence spatiale européenne au tir des trois satellites de la mission Swarm. Le lancement est prévu le 14 novembre.

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    La prochaine mission d'observation de la Terreobservation de la Terre du programme Planète vivante, à l'initiative de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne, sera lancée en novembre. Il s'agit de Swarm, une petite constellation de trois satellites construits par Astrium. Ils réaliseront les mesures du champ magnétique terrestre les plus précises à ce jour, et conduiront la première étude tridimensionnelle de la conductivité électrique de la lithosphèrelithosphère et du manteaumanteau. Pour cela, il faudra les placer en orbite polaire à 490 kilomètres d'altitude.

    Ils seront lancés en novembre par un Rockot depuis le cosmodrome de Plessetsk, situé dans le nord de la Russie. Après un tir réussi le 11 septembre et la mise à poste de trois satellites de télécommunications Gonets, ce lanceur se refait une santé. En effet, en janvier 2012, il avait raté sa mission en raison d'un dysfonctionnement de l'étage supérieur Briz-KM (Breeze-KM en anglais), qui a provoqué la perte de l'un des trois satellites qu'il transportait.

    Assemblage du lanceur Rockot, avec l'intégration de l'étage Briz qui contient les satellites Smos et Proba-2, en octobre 2009. À ce jour, il resterait en stock environ 80 missiles SS-19 en assez bon état pour être reconvertis en lanceurs et utilisés jusqu’à la fin de la décennie. © S. Corvaja, Esa

    Assemblage du lanceur Rockot, avec l'intégration de l'étage Briz qui contient les satellites Smos et Proba-2, en octobre 2009. À ce jour, il resterait en stock environ 80 missiles SS-19 en assez bon état pour être reconvertis en lanceurs et utilisés jusqu’à la fin de la décennie. © S. Corvaja, Esa

    Ce lanceur russe est opéré par Eurockot, une coentreprisecoentreprise entre Astrium et Khrunichev. Il s'agit d'un ancien missile SS-19 de moyenne portée reconverti en lanceur à trois étages. Les deux premiers proviennent du missile, et le troisième est un Briz-M, également utilisé sur le lanceur Proton. Il mesure 29 mètres, et sa massemasse au lancement est d'environ 107 tonnes. Il peut placer jusqu'à deux tonnes en orbite basse.

    Rockot, un lanceur apprécié par l’Esa

    Concurrent du petit Vega d'ArianespaceArianespace, ce lanceur est une alternative crédible, compte tenu de ses performances passées et de son coût, légèrement inférieur au prix d'un lancement de VegaVega (de 30 à 32 millions d'euros, contre un peu moins de 35 millions d'euros, prix catalogue). Il est également en concurrence avec DneprDnepr, un autre missile russe reconverti en lanceur. Enfin, exploité par les forces armées russes, sa disponibilité future est très incertaine.

    Malgré l'échec, en octobre 2005, du lancement de CryoSat, l'Agence spatiale européenne est un fidèle client d'Eurockot. Elle a de nouveau utilisé ce lanceur en 2009 pour les mises en orbite de Goce (en mars), ainsi que des satellites Smos et Proba-2 lors d'un même vol en novembre de la même année. Enfin, les trois prochains lancements en commande le sont pour le compte de l'Agence spatiale européenne. Eurockot lancera deux satellites Sentinelle-2 (programme Copernicus) et un satellite qui n'a pas encore été annoncé officiellement.

    Cette fidélité au lanceur est surprenante, une des raisons d'être de Vega étant la réduction de la dépendance aux capacités de lancement russes pour la mise à poste des satellites institutionnels de l'Europe.